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l’asservir, pour le prince qui regrettait en mourant beaucoup plus son art que son empire *. Qualis artifex pereo.
Ce Néron d’ailleurs, si dégradé, si cruel, si épouvantable qu’il puisse être, fut indignement calomnié par les plus grands historiens; et si nous lui devons la justice, nous nous devons à nous*môme la vérité. Il est reconnu que la mémoire de Néron, chère à la multitude, importunait les Flaviens1 2. Le dernier César était mort depuis longtemps que le peuple s’obstinait à espérer son retour, et qu’en regardant du Champ-de-.Mars le tombeau des Domitius sur la colline des jardins, il protestait contre le monument funèbre, l’accusant de mentir au vœu le plus ardenfdes Romains. Il fallait à tout prix amoindrir et décourager ce3 regrets, en rendre l’objet odieux et faire disparaître la grande ombre qui se levait entre le peuple et les nouveaux Césars. Au nombre des lettrés qui servirent ces intérêts politiques, il faut compter Pline le Naturaliste, l’ami de Yespasien; Pline le jeune, grand admirateur de son oncle; Suétone, qui sous Domitien et sous Adrien avait un emploi dans le palais; Tacite enfin, le plus considérable d’entre eux', qui fut appelé à la vie publique par Yespasien, grandi par Titus et comblé par Domitien 3 4. Clients et créatures des nouveaux Césars, tous ces hommes ont écrit contre Néron avec une partialité si évidente quelle n’est contestée par personne : Josèphe, leur contemporain, les accuse formellement d’avoir altéré la vérité et calomnié Néron *. D'autres historiens, il est vrai, jugèrent trop favorablement ce même prince, et Josèphe
2. Ampère. Histoire Romaine à Rome. Toin. I,r. Introd., p. 53.
3. Dignitatem nos train a Vespasiano iuclioaiam , a Tito aitcUm, a Domitiaoo longius provectam non abnuerim. Tacite. Hist., lir. T, ch. i.