‹ NéronChapitre 32 sur 205 · ScÉioSE. Vigile l'.'snr, ch. xxt · texte numérisé non relu

ScÉioSE. Vigile l'.'snr, ch. xxt

Curion, avaient préparé Rome à la tyrannie, ctdès qu’il fut le maître, le sénat et le peuple le comblèrent de titres et d’honneurs. Non-seulement il concentra dans ses mains la plus grande somme de puissance et de dignités, mais IcsRomains y ajoutèrent l'amour, que la patrie seule pouvait exiger, et les adorations qui n’étaient ducs qu’aux dieux *.

La dictature perpétuelle assurait l'empire à César. La puissance tribunilienne lui conférait le droit de grâce. La censure l'autorisait à changer à son gré la condition des citoyens, le souverain-pontificat le rendait maître des consciences. On fit plus. Le pouvoir exorbitant des consuls sur leurs soldats, qu’ils pouvaient faire décimer, passa des camps dans la cité. Le sénat et le peuple prêtèrent à César le serment militaire comme les soldats au consul, et chaque citoyen s’engagea solennellement à défendre le divin Jules, à lui servir de garde, à poursuivre quiconque attenterait à ses jours. On déclara cette puissance héréditaire dans sa famille, pour tous ses descendants par nature ou par adoption, et le peuple romain ne l'entendit jamais autrement. Dans son opinion, le prince qu’il nommait César avait le pouvoir le plus absolu.

Jules César accepta tout avec une avidité insatiable qui fait ressortir son audace bien plus que son génie. Au mépris des lois et d’un passé glorieux il osa constituer dans la République une autorité plus monstrueuse que le despotisme oriental. La malice de ses ennemis, complice de l'admiration des soldats, le poussa vers cette position si haute qui devait le rendre odieux. Quelques sénateurs osèrent exagérer la flatterie ou la haine jusqu'à proposer une loi pour donner à César le droit de

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