Dio* Cassiüs, liv. Xl.tV, eh. vu
ï. Niliil esse rempublir.im ippillationcm mo lo sine corpore aC sperie. Syllim nesrire li Auras, qui dicUturura tlupo .ueril. Si étuve. Vit Je Cétar, eh. l xxvti.
les apparences d'une modération qui ne lui faisait courir aucun danger.
Il est vrai de dire que César était clément et magnanime. Oubliant les injures, épargnant les vainotis, il comblait de ses bienfaits amis et ennemis. Il semblait que dans sa pensée la haine fût une distinction : son orgueil se refusait à honorer en les proscrivant ses adversaires les plus redoutables, et comme il n'estimait aucun de scs ennemis assez pour le craindre, il leur infligeait à tous la clémence de son dédain. Toutefois les Romains, habitués par la vie publique à bien juger les hommes éminents qu’ils voyaient agir sous leurs yeux, furent pluseffrayêsde scs vices que rassurés par ses vertus. Ils trouvèrent dans la cruauté de Sylla moins d'égoïsme que dans la générosité de César. Si le premier était implacable pour sa cause, le second était magnanime à son prolit, et après avoir pardonné à Sylla l’exercice d'une magistrature respectable jusque dans scs rigueurs, ils punirent César d'une tyrannie odieuse jusque dans scs bienfaits.
Quand des citoyens comme Cicéron, Lucullus, Caton, Marcellus, Scipion, Varron, Labiénus le Parménion du nouvel Alexandre, Pompée et tant d’autres honoraient Rome et l'humanité, César n'avait pas le droit de désespérer de la République. Son projet de dominer le monde, qui fut dès le commencement la pensée de toute sa vie, est mal justifié par la corruption romaine, qu'il exagéra plus que personne pour en profiler. Il fut le souteneur des Paulus, des Clodius et des Curions qui précipitèrent la démocratie romaine dans les derniers excès. Paulus eut de lui en sesterces une somme évaluée à cinq millions de francs; Curion reçut douze millions à peu près pour payer ses dettes. Ce Curion avait d’abord fait admirer son respect pour les lois avant que d'étre corrompu
MH DE NÉRON
par les dépouilles de la Gaule et par l’or de César1 *. César pouvait prolonger d'un siècle la République et le règne des lois, s'il avait mis au service de sa patrie l’âpreté d’ambition dont il poussait sa fortune.
César a donc commis un grand crime en usurpant le pouvoir suprême, et sa cause est mauvaise comme l’affirme Quintilien*.Ponr juger de la moralité de son œuvre, il suffit de voir • quels sont parmi ses successeurs les princes qui s’autorisent de ses exemples. Les Caligula, les Néron et les Domitien invoquent César pour justifier leurs actions les plus condamnables; c’est au nom de César qu'on les sollicite à la tyrannie. Le divin Jules réunit tous les peuples dans une commune servitude et l'on a pu dire avec raison que le genre humain tout entier était comme un mendiant à ses pieds3. En remplaçant ainsi les lois et la constitution de son pays par les jeux de la force; en substituant partout sa. personne aux dieux et à la patrie, objet de tous les dévouements. César abolit la justice et la vertu dans le monde; il devint le type des tyrans, et fut le corrupteur du genre humain; ce n'était pas son dessein, mais ce fut son œuvre.
Immédiatement après la mort de César, on eut dans l'aspect de la cité et dans l’émotion populaire l’expression exacte des nouveaux rapports établis dans Rome entre les divers corps de l'État et hors de Rome entre la ville et les provinces. Tandis que le peuple et le sénat, les amis et les assassins du dictateur, restaient immobiles et consternés, les uns aussi embarrassés de leur succès que les autres de leur douleur, les étrangers témoi-