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pouvant la supporter, rend sa coupe à l’échanson. Celui ci verse alors de l’eau fraîche dans le breuvage pour le refroidir : c'était là qu'était le poison. Si Brilannicus eût obligé l'esclave à faire l'épreuve une seconde fois, il était sauvé; mais jeune, sans défiance, abandonné à la joie, il but ce qu'on lui présentait. A l’instant mémo il tomba foudroyé. Il perdit à la fois la parole, le souffle et le mouvement.
À ce coup inattendu, les uns se lèvent et prennent la fuite en poussant dés cris, les autres s’empressent autour de Bri — tannicus ; mais les habiles se taisent cl restent immobiles en regardant Néron. On dit que Titus, entraîné par son dévouement, approcha de ses lèvres la coupe renversée pour donner vite le remède s’il parvenait à connaître le poison ; il en but quelques gouttes, et pendant plusieurs mois il resta pâle et mourant '.
Calme au milieu de ce tumulte, Néron teste couché sur son lit et rassure ses convives. « Ce n'est là qu’un ôvanouisse- » ment, une indisposition passagère, à laquelle Brilannicus
* est sujet depuis l’enfance. Il va reprendre ses sens, que le
* repas continue. »
Pendant qu’on emporte Brilannicus, les convives essaient envain de se rassurer. Au désordre succède un silencede terreur. Octavie se (ait, Agrippine est consternée! Ce fut alors que cette femme, dont l'orgueil et la volonté n'avaicnljamais fléchi, comprit pour la première fois qu’elle était déchue cl qu'elle avait un maître, maître d'autant plus terrible que ses leçons et ses exemples l'avaient formé. Elle dut se souvenir alors de la prédiction des astrologues, lui annonçant que son fils régnerait et qu'il lui donnerait la mort. Si Néron pouvaitdirc que Brilan-