I. Seétoxe. rf* Tilui, ch. U
nicos était épileptique, c’est qu'Agrîppine avait fait courir ce bruit ; s’il employait Locuste, c'est qu'Agrippine l’avait introduite au Palatin ; si des traîtres, capables de verser le poison, étaient là, c’est qu'Agrippine les y avait placés ;.elle se retrouvait ainsi tout entière dans' le premier crime de son fils, et sa propre scélératesse remontait vers elle pour la punir.
Le bûcher de Brilannicus fut à l'instant préparé. On se hâta de lui rendre les derniers devoirs le soir même, sans attendre au lendemain. La violence du poison avait produit des taches noires sur la peau; il fallait faire disparaître au plus tôt ces preuves du crime.
Les images de scs aïeux ne parurent pas aux funérailles; on ne vil pas ce long cortège d’ômbres illustres accompagner au sépulcre le dernier de leur race, que tant de gloire n'avait pu sauver. Les gémissements des pleureuses pénétrèrent la foule muette d'une longue émotion de pitié; le ciel lui-même parut s'associer au deuil public. Pendant qu’on portait le corps au Champ-de-Mars, où le bûcher s’élevait près du tombeau de «Jaude, la pluie tomba par torrents, et comme on avait fardé de blanc le cadavre décomposé par le poison, l'eau fit couler celte peinture et des taches noires furent aperçues '. On brûla pendant la nuit le corps de Britannicus, Néron ne vil pas même du Palatin la fiamme du bûcher qui s'élevait derrière le Capitole, et le lendemain il ne resta plus de ce malheureux prince rien qu’un peu de cendre dans une tombe et qu’un souvenir dans le cœur de Titus *.
On aimerait à laisser en paix dans son innocence et dans son malheur la mémoire de cette victime, sans rien ajouter qui
t. Dion Cassics, liv. LXI, ch. vu.
2. Voir dans la Revue Britannique, n* du 10 octobre 1861, un article où il est démontré que l-*s preuves des crimes imputés à Néron sont défectueuses et se réduisent i des soupçons absurdes. Pag. 390.