Suétone. J. Citar, ch. ivi. — Suétone. Oclare, ch. lxtuv
3. Suétone, libère, ch. xlv. — Scétoxe. Keron, ch. ixxii. — Suétone Galba, ch. xiu.
plies el l'enthousiasme des poëtes réveillaient par des lectures publiqnes t’esprit de la République et ses généreuses passions. Quand César au comble de sa gloire honorait de sa présence les réunions des lettrés, le poëte tragique Accius ne se levait jamais devant le dictateur : il croyait que dans la république des lettres la prééminence ostdueau talent plutôt qu’à la dignité *. Nous n’avons rien d’Accius dontQuintilien admire les conceptions énergiques et le noble caractère, mais d’après ce qui nous reste de César, il faut croire que le poëte tragique aurait accordé au grand écrivain et à l'orateur l'hommage qull refusait au tyran. Bientôt Lucain conspirera contre Néron avec une témérité qui tient de la démence . 2
Malheureusement pour les lettrés et pour les philosophes de ce temps, ils n’avaient pas un ensemble d’idées el de senti, ments qui dût impressionner la foule. Le peuple qu’ils auraient voulu passionner n’était pas soumis à un de ces grands mouvements d’opinion qui emportent les hommes de génie josqu’atfx astres et qui grandissent les plus médiocres : c’était comme une décrépitude sociale vide d'espérances et toute chargée de souvenirs. Lucain el Sénèque, Tacite et Juvénal s'épuisent vainement en indignations généreuses. Ces grands esprits, que soutient un reste de vigueur républicaine, sont tourmentés par une sorte de désespoir. Ils maudissent la tyrannie des Césars, ils flétrissent les mœurs dépravées de leur siècle; mais c’est en vain: hostile à leurs idées, indilijÉfent à leurs travaux, le peuple romain ne revint ni à la liberté, ri à li vertu, et celle grande littérature stoïcienne passa surRonae avec beaucoup d’éclat et de bruit, comme un orage sec qui garde dans scs lianes les pluies et le tonnerre.