Macdobe. Saturnalci, liv. III, cb. xiv
Quant aux auteurs de quelque mérite qui, dans les grandes solennités, prétendaient faire jouer leurs poëines sur le théâtre Pompée, aussi important chez les Romains que le Théâtre-Français parmi nous, ils avaient l’honneur de se mettre en rapport avec l’édile patricien. On sait l’accueil bienveillant que Térence, inconnu et pauvre, reçut de Cérius quand il lui présenta VAndrienne {.
Les magistrats d’un ordre élevé appréciaient, censuraient et.rôcompensaient les auteurs. Cette idée ne leur vint jamais à l’esprit de prendre la place de ceux qu’ils devaient' encourager et d’abuser de leur influence pour produire leurs œuvres. Les empereurs suivirent cet exemple et V Œdipe de Jules César, ainsi que YAjax d’Auguste ne furent jamais représentés *.
Ce qu’il faut noter à la louange de César Octave, c’est la protection spéciale dout il honora les lettrés de son temps. Il dut à ce retour aux usages et aux mœurs républicaines pendant sa longue édililé impériale, d'être le promoteur d'un grand siècle et de faire oublier les proscriptions du triumvir. Dans cette républiqué des lettres qui survivait à la République romaine, l'esprit d'indépendance s’était conservé. Les poêles et le9»littéraleurs, constilués eusociété, maintenaient los droits de l’intelligence. Les idées et les sentiments qui animaient autrefois le peuple dans.le Forum restaient vivaces et puissants au»milieu d'eux, et les comédiens eux-mêmes osaient faire entendre au théâtre de courageuses paroles3. La tribune était muette; mais l'enseignement stoïque des philoso-
t. Scétone. Vie de Térence, eh. u.