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romain. Chaque jour, un soldat du prétoire Vient le garder, et, s’il sort par la ville, Paul est lié par une chaîne avec le légionnaire qui veille sur lui; chaque jour, un nouveau gardien entend ses paroles et devient le. témoin de sa vie. Que de natures féroces, que de caractères dégradés, furent en contact avec l'apôtre, hideux compagnons marchant à ses côtés, couchant sur son grabat I et dans ce supplice de Mézence, où tous ces cadavres païens furent attachés avec l’homme des sublimes révélations, combien durent ouvrir les yeux à la lumière et renaître à la vie. Dans le premier étonnement que causèrent des doctrines si nouvelles annoncées avec un tel courage, Paul eut toute liberté de se faire écouter partout et toujours; il l'annonce avec joie aux chrétiens de Philippes. Scs liens manifestent J.-G. dans tout le prétoire et donnent à plusieurs la force de l’annoncer
De toutes les épîtres que Paul écrivit dans sa prison, la plus divine, la plus touchante est celle qu’il adresse à son ami Philémon, en faveur d’un esclave fugitif. Toutes les sociétés antiques furent basées sur l’esclavage et le dévoùment évangélique opposé dès l’origine à l’orgueil féroce du maître, est le fait important et nouveau qui doit arrêter ici notre attention.
L’esclave fugitif, nommé Onésime, vint se réfugier A Rome après avoir volé Philémon, son maître. Il y vécut pendant quelque temps de l’argent dérobé au patron; mais, ses ressources épuisées, il fut bientôt réduit à la plus extrême détresse dans une ville où il était étranger. C’est alors qu’il eut recours à Paul. Plus d’une fois, sans doute, il avait entendu
son maître exalter la vertu de l’homme divin, dont le nom
remplissait la Macédoine. Les voyages de Paul, ses malheurs.
1 KpMrdde Paul aux PUUippùiu, ch. i, versets 12, 1.1.
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la haine des Julfs^jui le persëculaient à oulrance ëlaienl alors l’entretien de ces provinces. Onësime connaissait l'ardente charité de Paul, il eut donc recours à lui, quand il se tromra seul perdu dans Rome, sans asile et sans pain.
Paul le consola, le secourut, le convertit à la religion nouvelle, et fît un dignitaire de l'Église de cet Onësime qui, pour la société païenne, était à peine un homme. Cependant, les droits du maître étaient clairement définis et protégés par les lois : Paul les respecte, il renvoie Onésime vers Philémon, lui ordonnant d'aller se mettre à sa discrétion. L’esclave fugitif qui avait dérobé sa personne et de l’argent à son maître, pouvait être marqué au front d’un fer rouge, condamné au fouet, à la fourche, au supplice de la croix. Si, par hasard, il échappait à la mort, un surcroît d’esclavage était du moins inévitable. Pour Onésime, au contraire, la charité de Paul conjura tous les dangers. L’esclave qu’il rend à son maître est un homme nouveau : Il le nomme l’enfant de scs entrailles et son collaborateur dans l’œuvre divine, il offre de rendre la somme volée, il emploie toutes les séductions de la charité pour désarmer Philémon, et ce maître qui pouvait envoyer au supplice l’esclave fugitif, le reçoit comme un frère et lui ouvre ses bras. Voilà le grand fait, voilà le grand miracle mille fois plus divin que les prodiges qui frappent les yeux.
L’abolition de l'esclavage antique, un des grands bienfaiLs du christianisme, se trouve en germe dans l’épîtreàPhilémon. Par le procédé moderne qui consiste à donner brusquement la liberté à des hommes incapables d’en faire un bon usage, on les pousse inévitablement à leur perle; les chrétiens des premiers siècles en usaient autrement; iis aimaient l’esclave, ils faisaient de lui un homme avant de l’affranchir.- Les meilleurs d’entre les païens, il est vrai, traitaient avec douceur les malheu-
reux flétris par la servitude; mais ils les croyaient inférieurs par nature à l’homme libre. Cicéron se reproche de donner des regrets à l’esclave qu’il a perdu; Néron, au contraire, apprécie ceux qui le servent fidèlement; il disait d’un méchant esclave, que personne ne lui paraissait plus digne de confiance que ce serviteur, et qu’il n’avait rien de clos ni de scellé pour lui*.
L’acte de douceur et d’humanité, inspiré par Paul à Philémon, est de la môme année que l’arrôt injuste qui condamna les quatre cents esclaves du préfet de Rome à périr à la fois, pour expier le meurtre dont ils étaient innocents. -
Cette profession publique de l’égalité fraternelle des hommes, suivie d’exemples éclatants et courageusement pratiquée par les chrétiens, causa dans Rome une sorte d’étonnement et de stupeur. C’était une miséricorde violente qui enlevait au maître son esclave, et qui lui arrachait la haine du cœur contre tous les usages et contre tontes les lois. De grandes conquêtes signalèrent la prédication de Paul. Pierre avait déjà répandu le christianisme dans le monde ; Paul le produisit au grand jour de l’opinion publique et le fit entrer de force dans l’histoire romaine où Néron devait, à son insu, lui faire une si grande part.
L’apôtre des gentils termine ainsi son épitre aux Philippiens : « Les frères qui sont avec moi vous saluent, tous les » saints vous saluent aussi, principalement ceux qui sont de • la maison do César » On s’est demandé quels pouvaient être les nouveaux convertis et lessainlsplacésâcôté de .Néron, et sur ce terrajn vague où tout ce qu’on a le droit de pressentir