Aetei (tel Apàiret, ch. xxviii, verset
VIE DE NÉUON
Paul traversa les moolagnes latines prés du lac de Némi que dominait le temple de Diane, protectrice de ces vieilles forêts, et près d’Aricia, dont les collines étaient couvertes d'oliviers, de chênes-verts et de vignes arborées. Plus loin, à droite, sur les monts albains, lui apparut le temple de Jupiter, sanctuaire de la confédération latine. De Bovilles, berceau des Jules, il put admirer, des deux côtés de la voie jusqu'à Rome, des temples, des théâtres, des villas, une grande allée de monuments. De longs aqueducs, posés sur des milliers d'arcades, ^ coulaient vers Rome de tous les points de l'horizon, et conduisaient à la ville, du haut des montagnes, des fontaines captives et des fleuves détournés de leurs cours. S'il arriva le 0 juillet, commeonlepcnse, pendant les fêtes d'Apollon, il put voiries sacrifices et la joie des Romains couronnés de lauriers; mais, l'homme divin qui allait donner une vie nouvelle à l'éloquence et réchauffer sur sa poitrine le cœur humain pre.sque glacé, passa silencieux et recueilli devant toutes ces merveilles, il ne voulait savoir qu'une chose, Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié.
. Le centurion Jules, qui avait conduit Paul de l'Orient en Italie, remit en arrivant à Rome son prisonnier aux mains du préfet du prétoire. C'était Burrhus. On rendit à ce dernier si bon témoignage de la vertu de Paul, qu'on avait pu juger dans les périls du voyage, qu’il lui épargna la honte delà prison. Il fut |iermis à Paul d’habiter en son particulier avec un garde auquel il était attaché par une chaîne. Ce soldat était remplacé chaque jour par un de ses camarades du prétoire, qui venait à son tour faire la même faction. Ainsi, les magistrats n’avaient pas à craindre que le prisonnier prît la fuite, et Paul avait dans ce prétorien un défenseur contre les Juifs.
Ceux-ci étaient alors les ennemis déclarés du christianisme, qu'ils appelaient la nouvelle secte et qu’ils combattaient avec
ME DF. NEKON
arileur par lovit Vunivor.«, nii leurs synagogue» étaient répandues. Mais ces adversaires du christianisme en étaient aussi les témoins; car, en allirmant leur propre histoire et lenrreligion, ils mettaient à découvert les fondements mômes du nouveau culte.
Trois jours après son arrivée, Paul pria les principaux d’entre les Juifs de passer chez lui pour recevoir des explitions sur sa conduite en Judée. Il n'y eut point de récriminations; Paul raconta sa conversion, exposa sa mission spéciale, et parla du matin jusqu’au soir, prouvant par Mo'ise et par les prophètes la divinité de J.-C.
Il avait choisi son logement dans un des quartiers de Rome les plus fréquentés , entre le Forum et le Charap-de-Mars alors couverts de monuments; saint Jérôme et saint Luc, dans les Actes des apôtres, disent qu’il garda pendant deux ans le logis pris dans une auberge do la voie largo* in via lala; c’est aujourd'hui le Corso, et l’église de Sainic-Maric, attenante au palais Doria, marque la place consacrée par le séjour, de Paul.
C’est là que pendant deux ans, il professa son enseignement sublime en toute liberté devant ceux qui vinrent le visiter. Il tressait des natteset confectionnait des tentes pour vivre; unissant ainsi le travail patient de l’ouvrier à l’inspiration du prophète, il remplissait de ses pensées et de scs actions la vie humaine jusqu’aux deux extrémités, et donnait à chacun , quellequefûtsa condition, les leçons et l’exemple. Rien de pins admirable que le courage de ce captif qui combat la corruption païenne^ ose nier scs dieux, flétrir scs cruautés, et braver, lui chétif, l’esprit et la grande âme do l’empire