SiÉTOXE. .Véroîi, ch. xïx
i. Pu.NE. //ùl. nat., liv. XI, ch. xcvi, parag. 2.
a. JiivÉXAi.. Sal. Il, vo^s 157.
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femmes choisies qui rivalisaient de soins autour de sa personne. Klles étaient nombreuses et classées d’après les services qu’elles devaient rendre : les unes préposées à la chevelure et aux parfums, les autres aux vêtements, certaines gardant les bijoux dans les bottes de senteur, et d’autres veillant à la chaussure; les plus expérimentées, réservées pour le conseil, se tenaient immobiles pendant que leur maîtresse, enveloppée de sa robe de chambre et assise devant son miroir, étudiait ses poses et ses mouvements de tète.
Les cheveux de Poppëe, les plus beaux du monde, étaient d’un blond doux et brillant comme l’ambre, la couleur la plus estimée des Romains. Les patriciennes que la nature n’avait pas favorisées, employaient pour obtenir cette nuance la pondre de safran, un savon de Germanie et des onguents dont Martial et Ovide nous ont conservé la recette. Néron a chanté dans scs vers les cheveux de Poppéequ’il appelle des cheveux d’ambre *, et l’illusion fut complète si les parfumeurs du quartier toscan fournirent à Poppée un cosmétique à l’ambre gris qui exhalait une odeur suave. D’après les rares médailles conservées jusqu’à nous, voici quelle était sa coiffure : autour du front et jusqu’audessous des oreilles, ses cheveux, frisés à l’aiguille de fer chauffée dans les cendres, formaient trois rangs de petites boucles égales et symétriques; le reste de la chevelure, troussé et roulé derrière la tête, était fixé par des chaînes et des anneaux d’or. Des rubans blancs, garnis de pierreries, servaient parfois à les nouer. Elle y plantait aussi des poinçons ornés de perles ou des aiguilles d’or en forme de javelot. On préférait
1. Dotnihas Nero in cceteris vilÆ sui-e porientU, capillos qooque conju;is SU.T PopfX’.T, in hoc nomen ailopUvcMl, qiiaiani ctiam carminc succina appellanilo. Pi.ive. IIùI. rml , liv. XXXVII, cli xii, para; 3.
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gùnôrnlcmenl les perles de la mer Rouge à cause de leur extrême blancheur. Ses boucles d’oreilles étaient des crotales de trois diamants, dont le cliquetis la charmait, et, par les mouvements de tête les plus légers, servait d’accompagnement à ses paroles.
La chaussure ordinaire de Poppée, les brodequins de Syeione, était d’un cuir blanc avec des semelles en feuilles d’or, de façon à faire ressortir l’élégance do son pied sur le marbre des mosaïques et sous les franges brodées de sa robe. Ces brodequins montaient aussi haut que les nôtres; ils étaient ornés de perles et serrés sur le coude-pied avec des lacets en fil d’or et de soie. Une boucle, en forme d'aigle ou de croissant, les maintenait aussi quelquefois. Avant de chausser leur maîtresse, les femmes de Poppée enveloppaient dans des bandelettes d’un linge fin ses pieds et ses jambes jusqu’à la hauteur du genou. Ces bandelettes étaient fixées par des jarretières aussi riches qu’un diadème, et telles que les portait le grand Pompée lorsqu'un tribun lui reprochait de cacher le bandeau royal sous sa toge. Par-dessus la première tunique, de lin ou de laine légëre, les dames romaines avaient un corsage brodé dont l’étoffe était un tissu de laine, d'or et de soie qui se fabriquait en Orient. C’était la pièce la plus brillante de leur costume, et la stole, une longue robe qu’elles passaient sur ce corsage, devait le laisser entrevoir, quoiqu’elle fût serrée à la taille par une ceinture. Le bras droit et la gorge restaient nus pour recevoir les colliers de perles et les bracelets.
Jalouse d’un empire qu’elle devait à sa beauté, Poppée ne négligeait rien de ce qui devait charmer et captiver Néron. Elle avait lu sans doute et médité le troisième chant de Y Art d’aimer d'Ovide, et son instinct de femme avait dô beaucoup ajouter aux précepte.? du maître. Elle savait mieux que lui ce
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qu'on gagné à faire allcndreses faveurs, comment on éloigne une rivale, et ce que les soins ajoutent à la beauté. Elle avait perfectionné l'art de régler sa démarche sous les ombrages du théâtre l'ompée, d'ajouter un attrait à ses défauts même, et de faire résonner dans son sourire je ne sais quoi de féminin et de léger*. Poppée fut la première à porter des étoffes de soie pure sans mélange aucun, et la seule à s’envelopper de longs voiles pour cacher son visage aux profanes. Elle poussa la science de la coquetterie jusqu’à faire un retour vers la pudeur native de la femme; et nous devons lui savoir gré d’avoir compris, bien qu’elle fût sans vertu, ce que la vertu a de puissance et de charmes.
Misérable condition des femmes romaines dont le bonheur, le repos et l'honneur dépendent d’un caprice I.V tout prix il faut plaire, il faut satisfaire le maître, et le mariage n’est pour elle qu’une sorte de prostitution. Combien plus admirable et plus digne est la femme chrétienne, dont les devoirs n’excèdent pas le respect de soi-même, et qui peut plaire sans provoquer, réglant son élégance sur les sentiments d’estime et de respect qu’il lui suffit d’inspirer!
Le luxe excessif de Néron et de Poppée exigeait d’énormes dépenses : L’incendie de Rome en fit ressortir l’exagération. Ce fut, comme on l’a déjà dit, le gouffre où s'abîmèrent à la fois la popularité, les trésors et la fortune de Néron. Pourreimnquérir l’alfection du peuple, qu’on lui avait aliéné par la calomnie, le prince dut revenir aux comliats des gladiateurs et en augmenter la pompe. Julianus, son entrepreneur des jeux, porta le luxe jusqu’à fixer à des boutons d’ambre les filets