‹ Néron, sa vie et son époqueChapitre 130 sur 215 · IS · texte numérisé non relu

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■ de pins noble et Je plus abject dans la ville éternelle se leva contre les chrétiens, et cette unanimité prouve en faveur de la loi nouvelle. La vérité absolue et la vertu suprême pouvaient seules blesser tous les cœurs dans une société, monstrueux assemblage de toutes les erreurs et de tous les vices. On peut assurer que Néron et ses complices persécutèrent les chrétiens beaucoup plus en haine du dieu nouveau que par dévotion envers les divinités du paganisme, auxquelles personne ne croyait plus.

Pline l'ancien, le plus honnête homme de son temps, était un pur matérialiste"; Tacite, le plus grand des historiens, à peine un déiste incertain. Dans ce délabrement de la religion nationale, à laquelle les enfants eux-mémes ne croyaient pas et dans la cohue des systèmes philoso[ihiques, quelle doctrine et quelle morale pouvaient s'imposer à l'esprit de Néron? .\prèsbien des incertitudes il s'adonna au culte d’Astarté de Syrie; mais n'ayant pas obtenu delà déesse tout ce qu'il espérait, il la prit en souverain mépris et s'oublia jusqu'à souiller sa statue ■. Il fut ensuite très-dévot à une sorte de l'oupée. C'était une image de jeune fille qu’un homme du peuple lui avaitdonnée en l'assurant qu'elle le sauverait de tous dangers. 11 ne faut pas rire de ces défaillances et de ces ridicules inhérents à l’incertitude de notre condition et aux faiblesses de notre nature. On n’arrive, en ces sortes de matières, à la sécurité que par la supériorité de l’intelligence ou

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