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qui (luminc In Forum, el une famille d'esclaves aussi uoinlireuse qu'une armée. On détache le trihun Gôrulanus avec une cohorte pour prévenir les mauvais des.seins du consul. Pendant que celui-ci préside gaiement le festin, des soldats pénètrent jusqu’à lui et le préviennent d'avoir à se mettre à la disposition du trihun. Il comprit son sort, dit adieu à ses convives tremblants, et se livra aux prétoriens. Un médecin l’attendait. Après loi avoir coupé les veines, on le plongea dans un bain chaud. Il mourut sans proférer une plainte. Cette monstrueuse iniquité s’accomplit (fomme un fait vulgaire, sans aucun étonnement des bourreaux ni du condamné : ajoutons à ces victimes, Statius et Silanus. Us refusèrent la grâce que Néron leur avait accordée : ne voulant rien accépter de la tyrannie, qu’ils maudissaient jusques dans sa démence ; iis se donnèrent la mort.
Quelques tribuns des soldats perdirent leurs emplois et furent cassés comme suspeçts. On exila les femmes et les amis des conjurés soupçonnés de parlager leur sentiments. Un peupla de ces malheureux les lies de la mer Égée, où ils émigraient comme des colonies. Le premier mari de Poppée, Crispinus, dut quitter Rome; Virginius, l’orateur, et .Musonius, le philosophe, éprouvèrent le même traitement, parce qu'ils remplissaient d’exaltation la jeunesse par leur éloquence et par leurs enseignements.
.\près la mort et le départ de tant de proscrits pendant que le deuiletladouleur remplissaient la ville, le Capitole était encombré de sacrifices offerts, par ceux-là môme qui comptaient un frère ou un enfant parmi les victimes. Ils ornaient leurs maisons de lauriers, ils tombaient aux genoux de César, ils fatiguaient sa main de baisers. Aussitôt que Néron cul rendu à ses ennemis une justice mêlée de vengeance, ayant
Digiti,
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retrouvé le'calme, il récompensa dignement ceux qui Taraient servi.
Il est juste de compter Nalalis parmi ces derniers. Néron lui accorda sa grâce entière; on est môme en droit de soupçonner que Tigellin ou César le récompensèrent secrètement de sa trahison. On l'avait comme installé au centre de la conspiration, entre Pison et Sénéqne, pour surveiller les conjurés et pour les livrer au moment opportun. Milichus, l’affranchi, fut largement et ostensiblement gratifié ; ou lui permit de se donner à lui-méme le surnom de Sauveur.
Néron fit assembler les prétoriens et leur distribua mille sesterces par tête (iüO fr.). Il voulut qu'à l'avenir le blé leur fût distribué gratuitement et à ses frais; puis, ayant convoqué le sénat comme s’il ava'it en quelque grande nouvelle à lui annoncer, il donna les ornements du triomphe à Pétronius, le consulaire, à Tigellin et à Nerva, préteur désigné. Nerva et Tigellin, qui avaient servi le prince avec le plus d’ardeur pour maîtriser et punir la conspiration, obtinrent de lui un surcroît d’honneur : il leur accorda des statues triomphales au Forum et dans le palais. Ce même Nerva, plus tard empereur, s’acquit des droits à la reconnaissance du monde par l’adoption deTrajan. Il resta fidèle à la mémoire du prince; qu’il avait loyalement servi, et c’est sur le témoignage de Nerva que reposait sans doute Topinion favorable que Trajan avait de Néron.
Non content de ses harangues aux prétoriens et au sénat, l’empereur, voulant éclairer le peuple, fit publier un édit suivi d’un Mémoire qui contenait les aveux des conjurés. On crut alors qu’il trompait Topinion publique pourjustifier ses cruautés; mais Tacite nous avertit qu’après la chute de Néron, les exilés, une fois de retour, confirmèrent la vérité de ses
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déclarations, et se vantèrent d’avoir conspiré. Le sénat clôtura ce triste événement par le scandale de ses adulations. Un certain Saliénus Clémens voulut profiter de l’occasion pour se déchaîner contre Gallion, frère de Sénèque; mais la pudeur publique arrêta le délateur. Quelques sénateurs lui firent comprendre qu'il n’y avait pas à s'engager dans de nouvelles rigueurs, ni à mêler aux malheurs publics des ressentiments particuliers; on ne devait rien ajouter à une alTairc dont la clémence du prince était le dénouement. Après cela, ils décrétèrent des actions de grâce aux dieux, au Soleil, qu avait porté la lumière dans un complot ténébreux, à Gérés, qui n’avait pas voulu se faire la complice des conjurés.II fut décidé qu’on élèverait un temple à la déesse Sa/iis dans le lieu même où Scévinus avait prisson poignard, premier indice du crime. On avait déjà résolu de donner au mois d’avril le nom vénéré de l’empereur, et Cérialis proposa de bâtir un temple au dieu Néron. Nous ne voyons pas que ce projet ait reçu même un commencement d'exécution. Néron avait là-dcssus l’opinion de Tibère qui refusa •très-philosophiquement les honneurs divins; il préférait être un grand artiste qu’un dieu ridicule.
Les flatteries du sénat prosterné devant César n’étaient que puériles; mais le fâcheux résultat do la conspiration fut de mettre en évidence un certain Nymphidius et de le rendre important. Dans cette circonstance, il avait servi Néron et poursuivi les conjurés avec l’ardeur cynique d’une ambitieux qui veut à tout prix se frayer un chemin. C’était le tils d’une courtisane qui s’était prodiguée à tous les ofiieiers du camp. Sa haute taille et un certain air de férocité le faisaient ressembler à Caligula ; il en profitait pour prétendre que cet empereur était son père, et il se vantait d'étre sorti de cette
prostitution. Ainsi, sa honte faisait son mérite, par un étrange effet de la vanité humaine, dont nous trouvons des exemples dans tous les siècles. Néron choisit ce bâtard impérial pour remplacer Fœnius, et ce fut un digne collègue de Tigellin.
Tels furent les résultats de la célèbre conspiration do Pison et de Sénè<iue, odieuse et criminelle môme contre Néron, dont les excès semblent devoir justifier toutes les vengeances. Voici quel était, à l’époque de l’histoire romaine qui nous occupe, le sort de l’imprudent qui méditait de renverser César par amour de la liberté. Ln ambitieux vulgaire l'engageait dans la conspiration, un traître le livrait, un de ses complices venait lui intimer l'ordre de mourir, et sa vie, sa famille, ses richesses, étaient perdus sans retour pour assurer la fortune de trois ou quatre scéjérats.
CUAPITRE Vil
VICTIMES DE mi DON
Noron revient à ses plaisirs. — Les trésors «le Di«lon. — Dépit «le Poppée négligée par Néron. — Il la tue d'un coup de pied. — Désespoir de Néron.
Le seizième livre des yinna/ei do Tacite. — Pitié aristocratique de cet historien. — Mort du jeune Silanus, exil de Cassius son or*cle. — Anlestius, proscrit, meurt avec sa fille et sa helle'mêro. — Infilme trahison de Si)sianus. ~ Prescription de Crispiiius, d'Aiimims Mi'lia, du délateur rialis, du fils de Poppëe. — Tigellin, auteur pn-sumé de toutes ces cruautés. — Malheurs publics. — Ijg chevalier Çossianus, ami do Néron, est atteint du lichen. — Incendie de Lyon. — Pétrone, auteur du Salyrlcotii son goût et sa distinction.— Il est aimé de Néron.— Mort élégante cl calme de Pétrone.
La cons|iiration de Pison à peine éloufféc, iN'éron revint avec frénésie à scs travaux, à son amour du théâtre. Nous ajournerons le récit de ses nouveaux succès et nous substituerons l'ordre des matières à l'ordre des temps. Toutes les victimes que Néron crut devoir sacrifier à sa sûreté et celles que Tigellin osa frapper pour sa propre satisfaction sans daigner en prévenir le prince, seront réunies dans un seul cadre.- Ainsi nous augmenterons l’horreur que ces cruautés inspirent et nous épargnerons un peu de fatigue à nos lecteurs.
Pendant que le sénat adulateur s’abaissait jusqu'à l’avilisse-
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ment, l’orgueil de Néron s'égarait jusqu’à la démence. 11 parut se persuader à lui-mémc qu’il s’était élevé au-dessus de la condition humaine et que la fortune lui avait ménagé des faveurs spéciales. Un chevalier romain, Bassius, de Carthage, crut, sur la foi d’un songe, qu’il découvrirait les trésors de Didon enfouis depuis des siècles dans une caverne profonde Il vint à Rome, donna quelqu’argent aux odiciers de Néron, et ceux-ci ayant obtenu pour lui une audience, ce qui n otait pas facile depuis la conjuration de Pison, Bassins parut devant l’empereur. Néron, tout superstitieux qu’il était, a-t-il accepté la fable de ce trésor racontée par un inconnu? 11 n’y a, sur ce point, que des incertitudes. .Néron n’était pas convaincu de l’existence des richesses annoncées ; mais peut-être il voulut le paraître. On mit o.slcnsiblement une flotte à la disposition de Bassins. Dans cette société, retombée en enfance, la version du trésor fit grand bruit, et la poursuite de ce rêve insensé fut l'unique entretien de tous les cercles. Les orateurs et les poides célébrèrent la fortune qui allait mettre dans les mains du prince d’iné|)uisables richesses pour seconder sa munificence. Néron trouva dans celte chimère un prétexte pour s’engager dans les plus folles dépenses, et c’est là, sans doute, tout ce qu'il voulait. Bassius, accompagné de quelques soldats et d’une armée innombrable de travailleurs, fouilla le sol de Carthage où l’on croyait enfouies depuis des siècles les richesses de l’antique Orient. Après bien des efforts dirigés en tous sens, il ne découvrit rien et se tua de désespoir.
Néron était alors absorbé par la seconde célébration des jeux qu’il avait institués. Il allait pouvoir satisfaire sa grande passion pour le théâtre et prouver au peuple romain quel artiste était son empereur. Le sénat avait voulu prévenir sa honte en lui décernant, par avance, le prix de l’éloijuencc et de la poésie;
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mais Néron se récria, disant qu'il n’avait pas besoin de faveur cl que pour triompher l’équité des juges lui sulTisail.
Il commença par déclamer sur la scène des vers de sa composition. La foule enthousiaste se souleva pour le solliciter de faire voir tous scs talents : Vt onmin sludio sua piiftlicarcl. Telles furent les expressions dont le peuple se servit'. Aussitôt Néron entre dans le concours, fait inscrire son nom et se soumet à toutes les conditions imposées à scs rivaux. Cent mille spectateurs , citoyens libres qiic Tacite nomme la plèbe de Home, applaudirent le prince avec l’en- Irainemont et l’ardeur que provoquent les vrais comédiens. On les aurait crus transportés de joie, dit le grand historien, et peut-être l'élaient-ils en elTet dans leur indifférence pour la chose publique*. Ils l élaienl sans doute, car cette démocratie souveraine n’avail politiquement rien, à ci'té ni au-dessus d’elle, qui pût la guider et lui faire honte de .ses goûts dépravés. Le malheur de Néron fut d’avoir à s’avilir pour se rendre agréable à la multitude et de croire très-sincèrement qu’il trouverait la popularité et la gloire dans celte profanation de sa grandeur.
Pour assistera ces peclacle inouï d’un Cé.sar comédien, il y eut un tel concours de jjeuple, que dans quelques étroits passages plusieurs chevaliers furent étouffés. Des inspecteurs publics et des agents secrets, dislrihuésdans la salle avec un art que nous avons à peine égalé, surveillaient les spectateurs. Sur leur dénonciation quelques hommes du peuple furent condamnés à mort. Le spectacle commencé, il était défendu de sortir. Des femmes accouchèrent pendant la représentation. Quelques personnes feignirent de s’évanouir et sc firent emporter comme