Pi INE. IIM. nul., liv XXVI, ch. ni
m VIE DE NÉRON
Le clievalier romain Cossianus:, alloint du L/V//e», était l’ami (le Néron. Le prince, au désespoir de le perdre, se (ourmentait à chercher un moyen de le sauver. Il apprit qu'un médecin célèbre d'Alexandrie était seul capable d’opérer cette guérison. Il ordonne aussitôt d'armer une galère ; elle part pour Alexandrie et l’on ramène bien vite le grand médecin. Celui-ci ayant vuCossianus, lui administra un remède héroïque fait avec des cantharides, et le tua '.
A peu près vers le même temps la ville de Lyon fut ravagée par un incendie et presque détruite. Les ressources du municipe ne sulUsaient pas pour réparer le désastre. Le prince vint à son aide; il gratifia ta ville d’une somme énorme, et parce secours la fit sortir de ses ruines. Les efforts de Néron pour sauver Cossianus son ami, et sa générosité envers les incendiés de Lyon, prouvent que sa bonté naturelle avait de profondes racines dans ce cœur dévasté. Il est tel moment de sa vie où nous le voyons si prompt au bienfait et si accessible à la pitié, qu’on est parfois tenté de repousser comme fables tout ce qu’on raconte de sa cruauté.
La mort de Pétrone suivit de près les calamités publiques et les nombreuses condamnations qu’on vient de mentionner. Les derniers moments de ce bel-csprit, un des lettrés les plus exquis de l’antiquité romaine, brillent d’un héroïsme gracieux qu’on s’explique difficilement au milieu des violences, des brutalités païennes de son époque. La résignation lui coûte si peu et il y a tant de séréniU’: dans sou courage, qu’on se laisse gagner à cette belle humeur qui déride le spectre de la mort. L’épreuve suprême n’eut rien de lamentable ni de tragique pour Pétrone, par le soin qu’il prit de préparer et d’adoucir