Dlov CisrilCs, Liv..LXIll, cli. iv
î?. Pal'aamas. Curinihief cli. xxxvii.
vils Pis NfiUON
:>:ii
Mycènes, d'une couronne d’or et d'une robe de pourpre'. \ Pijc d'Olyiu[iie, il dt'roba 'la statue d’Ulysse dans le groupe représentant les capitaines grecs armés de lances et de boucliers au moment où ils consultent le sort pour désigner celui qui doit répondre au défi d’IIeclor. Pise n’avait d'autre théâtre que son stade pour les courses de chevaux. Néron, visitant les bords de l’Alphée, ouvrit néanmoins des concours de musique et de poésie; dans cette arène célèbre, la simple couronne d’olivier était une sorte de consulat pour les Grecs, qui se trouvaient plus honorés d’une victoire à Olympie que les Romains de leurs triomphes. Néron voulut accomplir quelque chose de prodigieux devant le Jupiter de Phidias. Le stade dont Pausanias nous a laissé la description était orné de statues et de monuments, un grand bois d’oliviers et des temples s’élevaient autour de Parène, A l’entrée de l’hippodrome, la barrière, où les concurrents se réunissaient avant les courses, formait une grande cour entourée de bâtiments splendides. Là, dans des loges qu'ils tiraient au sort, ils s’installaient avec leurs chars et leurs chevaux pour attendre le jour et l'heure ' de la lutte. Cette cour était séparée du stade par un portique ayant la forme d'une proue et qui s'avancait dans la lice . comme un vaisseau entre dans la mer. Au-dessus de la proue était un dauphin en bronze qui dominait l’arène, et derrière le dauphin, au milieu de la cour qui précédait l'arène, une aigle auxailes étendues brillait surun autel. Au premier signal donné pour commencer les courses, on faisait jouer des ressorts et tout à coup le dauphin, s’abaissant jusqu’à terre, disparaissait, tandis que l’aigle, s’élevant dans les airs, planait au-dessus des spectateurs. Les chars sortaient alors des loges
PArsANt.\s. Corintfùc, ch. ixïvh.
Biqitiur;.: by Coogle
V1I-; Di- NKPiON
dispostVs aiiloiir dfi la liarriôro, so dirigoaiciil vers le portique à l’enlrée du stade, prenaient leurs places et s’élancaient apres dans la liçc tous en mémo temps. Ils parlaient à droite, et la borne qu il fallait tourner était à l'antre extrémité dp stade. Kn parcourant ce premier côté de la lice, qui élail'une terrasse laite de main d’iiomme, ils passaient devant les juges, devant la statue d’IIippodamio, et ils arrivaient près d’un autel rond consacré à un génie nommé Taraxippus. Ce génio était la terreur des concurrents. Arrivés à cet endroit de la course, les chevaux s’effrayaient à ce point qu’ils renversaient souvent 4es chars et le§ écuyers. Ils avaient à subir celle première épreuve quelques moments avant que de franchir la borne, près du tombeau d’Endymion, et l’adresse des coureurs était souvent en défaut. Dans le stade de Némée, c’était après avoir doublé la borne que se présentait l’obstacle disposé pour effrayer les chevaux. Au moment où ils tournaient dans le se- cond côté .de la lice, ils voyaient devant eux. une roche, rouge, dont l’éclat les •épouvantait, A Olympie, ce second côté de la lice était une colline de hauteur médiocre cl naturellement disposée pour les courses.
Néron, qui voulait sc signaler, entra daps le stade sur un ' char traîné pawdix chevaux. Ils s’élancèrent au départ d’un élan si impétueux qu'il fut renversé dans la poussière. Il s’obstina néanmoins à continuer la course; mais les secousses étaient si violentes qü'il ne put aller jusqu’au bout; il descendit do son char et il fut néanmoins proclamé vainqueur. L’histoire ne nous fournit pas de plus amples détails ni d’antres explications de ce fait; maison réfléchissant à l’astuce des Grecs, à /
leur mépris pour le génie romain, à leur haine contre Néron qui dérobait les statues de leurs temples et les prix de leurs concours, il est aisé de comprendre qu’ils n’ont pas perdu
Vil- ÜH NfiUON
celle belle occasion de se moquer el de railler César. Pausanias ne dii pas pourquoi les chevaux s'effrayaient eh passant devant l'autel de Taraxippus, el comme l’action de ce génie est loin d’être prouvée il faut chercher une explication. On peut supposer que dans le côté droit de la lice, qui était une terrasse travaillée avec soin, on avait pratiqué des voûtes où les intendants des, jeux pouvaient faire entendre sous les pas des chevaux des bruits qui les épouvantaient. C’était un moyen secret d’intervenir dans les courses pour favoriser ceux qui avaient gagné leur protection. Néron fut celte fois victime de la perfidie des Grecs,* heureux d’humilicr en lui le génie des Romains, leurs maîtres injustes el leurs indignes rivaux. Quand il vint dans l’Altique, il n’osa se présenter ni aux petits mystères d’Agra, aux bords de rilissus, ni aux grands mystères d’Élcusis. La dernière initiation était ouverte la nuit par un héraut proclamant l’exclusion des profanes et de ceux qui étaient soniliés par un crime. Néron craignit d’entendre cêtte voix. Le paganisme n’avait point de mystères, mais beaucoup de secrets; contrairement à la religion chrétienne, qui n’a point de secrets, mais de grands mystères : or, comme le secret qui cache ordinairement la perversité humaine est plus à Craindre que le mystère, voile inévitable de la grandeur de Dieu, Néron fil sagement de s’abstenir. Les Grecs l’auraient mystifié à ' Eleusis comme ils l’avaient berné à Olympie. A Delphes il consulta l’oracle et fut assez content d’Apollon ; il avait tant fait pour lui que le Dieu se montra bienveillant et sembla prédire un long règne à Néron. Plus tard la prêtresse ayant changé de ton jusqu’à le mettre au rang d’Alcméon et d’Oresle, César, qui l’avait d’abord gratifiée d'une gros.se somme, s’irrita trèsfort contre le Dieu. Il acheta le territoire de Cirrha, qui dé-
Digit.’S!
Vir II H NfaiON
pendait (lu temple, pour en donner les champs aux soldats; il fit plus : pour détruire l’oracle il vicia la vertu des exhalaisons qui réveillaient l’esprit prophétique delà sibylle. On égorgea par son ordre quelques hommes au bord du trou d’où s'élevait Ifi fumée mystérieuse, et après l’avoir rempli de sang et de cadavres, il défia le dieu de résister à cette profanation*.
La gratification accordée à la sibylle, quand il la trouva bien disposée pour lui, ne fut pas la seule que les Grecs obtinrent de Néron. Plusieurs particuliers eurent part à ses libéralités, et la Grèce entière reçut de lui le se’ul don qui pût la consoler de sa gloire et de sa puissance perdues. A l’exemple de Flaminius, vainqueur de Philippe, César rejidit la liberté aux Grecs. Le consul républicain avait fait annoncer la grande nouvelle au peuple par son héraut; l’empereur la proclama lui-méme pendant la célébration des jeux Isthmiques. Les villes de la Grèce recouvrèrent alors le privilège de nommer leurs magistrats et d’être administrées par eux. Dion méprise les présents du prince et semble les subir comme une dérision; mais les peuples en jugèrent autrement, et les écrivains les plus autorisés, Pausanias et Plutarque, se sont montrés reconnaissants du bienfait. Plutarque étudiait à Delphes sous le philosophe Ammonius quand Néron visita la Grèce. Il dut voir les proscriptions, les spoliations et les meurtres que Dion Cassius reproche ù César. Pourquoi donc Pausanias et Plutarque ont-ils traité ce prince avec une faveur marquée qui contraste avec la sévérité des autres historiens?... N’y a-t-il pas dans cette indulgence un témoignage favorable à Néron?...
On l’accuse néanmoins d'avoir proscrit les plus riches par-
1, Oraculum delerit, hominibus ad os ipsum ex quo spiritus dei cxalabal, interfectis. Dion (mssus. Liv. L,X1II. ch. xiv.
vu; i)i; Nf;noN
licnliers pour s’emparer do leurs di^pouilles. Néron osa piller une seconde fois les temples de la Grèce que ses envoyés avaient déjà spoliés. Il exila son frère de lailTuscus, coupable de s’étre baigné dans les thermes construits à Alexandrie pour l'empereur qu'on y attendait. Paris, le pantomime, fut condamné à mourir, parce que cet affranchi, qui donnait au prince des leçons do danse, ne lui avait pas révélé les secrets de son art. Dion Cassius nous donne tons ces détails qu’il faut reproduire malgré sa dagranto partialité. Elle éclate surtout dans la façon dont il raconte le percement de l’isthutf de Corinthe entrepris par Néron.
La pensée de donner à travers l’isthme qui joint l’Attiqne au Péloponèse, un passage aux navigateurs qui allaient do la mer Adriatique et do la mer Ionienne dans la mer Egée, avait son utilité et sa grandeur. Démétrius, le preneur de villes, le dictateur César et Caligula avaient voulu exécuter ce projet. On disait que cette résolution était la cause mystérieuse de leur fin tragique. Néron ne s’arrêta pas à cette considération et il entreprit résolùment d’unir le golfe de Corinthe au golfe de Salamine. Dion assure qu’il blessait en cela l’opinion commune. Des ouvriers qu’on avait réunis autrefois étaient allés à ce travail avec répugnance. Aux premiers coups de pioche donnés pour ouvrir le sol, le sang avait jailli de la terre, des lamentations et des mugissements s’ôtaient fait entendre, et des spectres nombreux étaient apparus*. Néron eut à lutter contre le souvenir de ces prodiges, et c’est pour cela, d’après Dion, qu’il vint sur les lieux commencer les travaux de ses mains impériales, afin que chacun fût entraîné par Son exemple.