I. Dion Cassius. Liv. LXIIl, ch. s»i
Dir.:
VI K DE NÉE ON
, Lucien est, à noire avis, bien plus dans le vrai quand il nous dit que Néron fut inspiré par la vue des lieux *. Il lui vint en idée d’imiter les grands rois qui avaient forcé, par des travaux gigantesques, la nature à servir leurs projets. La Grèce, réjouie par les fêles dont sa présence était l’occasion et par la liberté qu'il lui avait rendue, pouvait continuer plus sûrement et avec plus d’éclat scs glorieuses destinées, maintenir son influence, être un centre intellectuel et comme un banquet où viendraient s'asseoir tous les autres peuples; devenir enfin une patrie commune où la civilisation et les arts sauraient perpétuer la mé- «
moire des bienfaits et des succès de Néron, Après les efforts incessants que les Césars s'étaient imposés pour étouffer le volcan républicain dont les dernières éruptions avaient ébranlé le monde, Néron, le croyant épuisé, se persuadait avec raison que le moment était venu d’illustrer et d'embellir par des travaux cette paix romaine que son autorité maintenait sur l'univers.
Le jour marqué pour l’inauguration de l’entreprise, il sortit de la tente qu'on lui avait dressée. Il chantait l’hymne d’.\.m7 phitrite et de Neptune et des stances en l’honneur de Mélicertc et de Leucothoé. Le gouverneur d’Acha’ie lui présenta une pioche d’or, et César s’avança pour commencer les travaux au milieu des applaudissements, des chants et des cris de joie. Il frappa la terre par trois fois, puis il ordonna aux ouvriers de travailler avec ardeur Ils étaient fort nombreux, au dire des historiens, puisque les malfaiteurs détenus dans toutes les prisons de l’empire furent employés à ce travail, cl que Yespasien envoya six mille Juifs, jeunes et robustes, choisis parmi les prisonniers.