‹ Néron, sa vie et son époqueChapitre 22 sur 215 · Al'LU'-GtLLE, liv. Xlll, cU. -XXII · texte numérisé non relu

Al'LU'-GtLLE, liv. Xlll, cU. -XXII

par son père aux hainrs iiiiplacabli's d'unr niai'ilru cl dcjà tout pâle du sort qui l’attend. Au reste, la volonté puissante qui tenait à l’écart Britannicus opprimait aussi Néron, et tous deux subissaient, sans pouvoir résister, l’un sa bonne fortune et l’autre sa disgrâce.

Nous aurons plus tard à protester contre certains historiens qui attribuent à Sénèque et à Burrlius tout ce que la vie de Néron a d’avouable et d'hor.néte. En attendant nous signalons l’injustice de ceux .qui établissent une sorte de complicité entre Néron enfant et sa terrible mère, .\grippiue avait dans les mains toute l’autorité : Dion Cassius nous apprend qu'elle faisait parler à son gré Je sénat, les prétoriens et le peuple pour demander à Claude ce qu’clle désirait de lui. L’énergie de son caractère et son orgueil ajoutaient encore à sa puissance. Il y avait une telle fierté dans son maintien, une autorité si souvepoine dans son geste, et tant de force dans son regard, parfois immobile comme celui de (ialigula, que Néron, empereur, maître du monde et d'ellc-môme, ne put jamais dominer l’impression de frayeur dont elle avait frappé son enfance.

Le jour môme où l’adoption ra|iprocha Néron de l’empire, le ciel parut tout en feu, comme pour annoncer les horreurs de son règne Zonare assure qu’au moment où ce même Néron prit la robe virile un tremblement de terre ébranla Rome, et que la nuit suivante la cité fut émue d’une terreur panique, profonde et mystérieuse Il serait trop long et futile peut-être de raconter tous les miracles que les écrivains les plus accrédités donnent comme des pré.sages d’un avenir odieux et prochain. Ce sont des (duics de .sang, des naissances

Page 1