‹ Néron, sa vie et son époqueChapitre 21 sur 215 · PuN*E. Hisl. nat.t liv. X, cli. u · texte numérisé non relu

PuN*E. Hisl. nat.t liv. X, cli. u

Digilized dy Coogle

Vin OE XftRON

à Lollia Paulina, fièrc de sa beauté, de sa naissance, de ses richesses, et qui portait dans une parure ordinaire pour huit millions quatre cent raille francs de pierres précieuses * , sa prétention hautement avouée d’épouser Claude pour devenir la matrone du Palatin, fut un crime irrémissible aux yeux d’Agrippine, qui regardait 1e pouvoir et la grandeur comme un héritage de famiTle. Lollia fut accusée d’avoir consulté les astrologues et les magiciens. Le sénat confisqua ses biens et l’exila ; quelques jours après, Agrippine la fit tuer. Quand on lui apporta la tête de sa rivale, la férocité de cette femme ne fut point désarmée en voyant la pâleur cadavéreuse de ce visage où tant de jeunesse et de beauté n’était plus qu’un objet hideux. A travers ces lèvres immobiles qui ne devaient plus sourire, Agrippine mit se.s doigts dans la bouche ouverte pour vérifier une particularité des dents, et pour s’assurer aussi que c’était bien là sa victime. On disait que Lollia Paulina avait à la mâchoire supérieure une double dent canine; Agrippine voulait le savoir, parce qu’on regardait cette double dent comme un signe de bonheur quand elle était à droite -.

Si la haine d'Agrippine atteignait partout ceux qu’elle croyait opposés à sa fortune, son intelligence allait chercher au loin ceux qui pouvaient la servir. Sénèque jouissait alors d’une grande réputation, et son exil, qu’il subissait en Corse avec assez peu de philosophie, l'avait rendu très-populaire. Agrippine obtint son rappel, le fit nommer préteur, et lui confia l’éducation de son fils. C’était avec raison qu’elle espérait trouver en lui un partisan dévoué pour elle, sa bienfaitrice.

t. Pi.iSE. Iliil. mit., liv. IX, cil. uiir.

2. l'i.ivE. Iliil. U/I(.,liv. VII. cil. XV. Di0\- Ü^ssius. liv. LX, cli. xxxii.

VII' DE NfittON SI

et un etinerai secret pour Claude qui l’avait oublié dans l'exil.

Kn entrant au Palatin pour diriger l’éducation du jeune Domitius, Sénéquo amoindrit beaucoup Anicet qui avait auprès du jeune prince une position importante. De ce moment date la haine profonde de cet affranchi contre Agrippine qui l'avait relégué au second rang; elle en éprouva plus tard les effets. Eu attendant elle poursuivait avec ardeur l’exécution de ses projets et se fortifiait dans l’opinion publique ainsi qu’au Palatin. Le dévouement de Pallas et son habileté hâtèrent l'adoption du jeune Domitius. En entrant dans la famille Impériale, il reçut le nom de Néro, Claudïus César. La çe7is Claudia était vejiue de chez les' Sabins, qui comptaient au nombre de leurs divinités Nério ou Aérienne, épouse de Mars. Dans la langue primitive de ces peuples, ce nom de Néron, devenu si célèbre, veut dire fort et vaillant *. On se demande comment il fut possible d’amener Claude, dont le fils grandissait plein d’intelligence et de force, à recevoir dans sa famille un étranger; il s’en étonnait lui-méme, disant à tout propos que depuis son origine jusqu’au siècle présent, la famille Claudia s’était perpétuée sans le secours de l’adoption... D’après le témoignage de Tacite, Néron, qui allait prendre dans là maison de Claude la place de l'héritier légitime, n’avait que deux ans de plus que Brilannicus. L'intluence victorieuse d’Agrippine explique tout.

.Aussitôt Brilannicus est. abandonné : on éloigne de lui ses gouverneurs et ses amis les plus intimes, pour le livrer aux agents secrets d'Agrippine. La pitié publique se tourne alors vers ce prince, dernier rejeton d’une race illustre, livré

Page 1