I. SeÉTOSB. ViedfOiar, ch. x
VIE DE NÉRON
Carion, avaient préparé Rome à la tyrannie, et dès qn’il fut le maître, le sénat et le peuple le comblèrent de litres et d'honneurs. Non-seulement il concentra dans ses mains la plus grande somme de puissance et de dignités, mais lesRomains y ajoutèrent l’amour, que la patrie seule pouvait exiger, et les adorations qui n’étaient dues qu’aux dieux *.
La dictature perpétuelle assurait l'empire è César. La puissance tribunilienne lui conférait le droit de grâce. La censure l’autorisait à changer à son gré la condition des citoyens, le souverain-pontifical le rendait maître des consciences. On fil plus. Le pouvoir exorbitant des consuls sur leurs soldats, qu’ils pouvaient faire décimer, passa des camps dans la cité. Le sénat et le peuple prêtèrent à Cé.sar le serment militaire comme les soldats au consul, et chaque citoyen s'engagea solennellement à défendre le divin Jules, à lui servir de garde, à poursuivre quiconque attenterait à ses jours. On déclara cette puissance héréditaire dans sa famille, pour tous ses descendants par nature ou par adoption, et le peuple romain ne l’entendit jamais autrement. Dans son opinion, le prince qu’il nommait César avait le pouvoir lo plus absolu.
Jules César accepta tout avec une avidité insatiable qui fait ressortir son audace bien plus que son génie. \u mépris des lois et d’un passé glorieux il osa constituer dans la République une autorité plus monstrueuse que le despotisme oriental. La malice do ses ennemis, complice do radmiration des soldats, le poussa vers cctlc position si haute qui devait lo rendre odieux. Quelques sénateurs osèrent exagérer la llatlcrie ou la haine jusqu'à proposer une loi pour donner à Cés.ir le droit do