I. SlÉTUNE. fie 'te Crtar, cb. t.xxM
VIE DE NÉRON
lis
posséder parmi toutes les femmes celles qui lui plairaient'. S’il faut en croire Dion, en concentrant sur sa tête les honneurs de rOlyrape et tous les pouvoirs de la cité, le grand homme se rendait ridicule; il autorisait les honnêtes gens et les hommes de cœur à le haïr; mais il dédaigna le danger, il l'augmenta môme en ajoutant à son despotisme la fierté de son attitude et l’arrogance de ses discours. A l’entendre, la République n’était qu’un vain mot et ses paroles seules avaient force de loi. L’abdication deSylla n'était pas un exemple qu’il voulût suivre’ ; qu’on prit garde à la façon dont il fallait en user avec loi.
Dix ans passés dans les camps au milieu des Gaulois, des Bretonsetdes Germainsavaient étrangement modifié les mœurs et les idées de César. Les hommes libres de ces nations nomades et guerrières choisissaient leur chef, s’attachaient à sa personne par des liens indissolubles, et pour le suivre oubliaient tout, dieux,, familles et patrie. Les soldats de César, instruits par cet exemple, livrés aux exigences d’une longue guerre, séduits par les bienfaits et l’ascendant irrésistible de leur général, ne connurent bientôt que lui. Il admit alors dans ses cohortes et dans scs légions les aventuriers gaulois comme il les reçut plus tard dans le sénat, et substituant avec une joie secréte l’inféodation germaine au patronage romain, il fonda victorieusement son empire d’origine barbare. Aussitôt que les légions, qui obéis-saient au consul, furent acquises à César, il put offrir impunément à Pompée et au sénat de licencier des soldats qui étaient des hommes à lui, et se donner