‹ Néron, sa vie et son époqueChapitre 49 sur 215 · SÉxÉ'U'E. XI.VI1' dpU. à Lucilius · texte numérisé non relu

SÉxÉ'U'E. XI.VI1' dpU. à Lucilius

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partisans des anciennes lois voulaient qu’on fit retomber en servitude tout affranchi qui méconnatlrait son maître. Aprèsqu’on eut débattu la question dans le sénat, l’empereur en fut saisi et son conseil en délibéra. La plus grande res* source de la cité romaine qu'on voyait se rajeunir et se fortifier incessamment était dans la famille. Chaque maison un peu considérable augmentait tous les ans la cité d’un grand nombre de citoyens, en donnant à la patrie non-seulement les (ils qu’elle avait élevés, mais les esclaves qui méritaient d'ètro affranchis; la supériorité des Romains fut de n'étre pas exclusifs comme les Grecs, et d’admettre aisément les étrangers et les esclaves aux droits et 'aux bénéfices de la cité. Tacite nous apprend 'qu’on voyait de sob temps mémo des si'maleurs, pe- ~tils-fils d’affranchis. Nous savons d’ailleurs que les enfants des grandes familles étrangères étaient placés comme esclaves chez les patriciens [lour arriver à la liberté romaine par l'affranchissement. L’esclavage et la maoumission étaient donc les divers degrés du mouvement ascensionnel à suivre pour l’homme qui aspirait à devenir citoyen. Faire la condition des affranchis plus mauvaise aurait contrarié cette impulsion salutaire. Néron donna au débat une solution aussi favorable à la dignité humaine qu’à la prospérité de l’État ; On fit comprendre aux sénateurs que, sans prendre une mesure générale contre une classe importante de citoyens, il fallait se borner à réprimer les désordres particuliers à mesure qu’on les verrait se produire.

Ce fut à peu près vers ce même temps que le sénat crut devoir assurer la vie des maîtres et les armer contre l’esclave d’une lui draconienne dont la cruauté passe la vraisemblance. Cette loi impitoyable condamnait à mort, sans distinction d’âge ni de se.xe, tous lus esclaves présents dans la maison au moment

VIE DE NÉRON

OÙ le maître était assassiné. On ne peut se défendre d’un sentiment d’horreur quand on pense que tout patricien d’un peu d'importance avait autour de lui quatre ou cinq cents esclaves, et que dans l’opinion de Grassus un homme n’était pas riche qui ne pouvait pas mettre une armée d’esclaves sur pied. Nous verrons bientôt appliquer cette loi dans toute sa sévérité. Maintenant il suffit de constater que le sénat et 1» peuple agissent dans le plein exercice de leurs droits; et que le sénat surtout ne négligeait rien de ce qui devait rétablir ou fortifier dans Rome la vieille influence des patriciens.

Cette autorité du sénat en vigueur, le rétablissement des comices populaires supprimés par Tibère, l’honiiéte administration de la fortune publique etHe sage gouverneihent des provinces, font dire à Tacite, qu’on voyait sous Néion une certaine image de la République*; faible image sans doute, car l’apparence des choses était aussi changée que leur réalité. Il ne restait rien à Rome de l’ancienne République qui s’était imposée au monde par ses vertus et par son courage, rien de la grande époque des discordes civiles, dont les proscriptions et les guerres avaient rempli le monde de ruines et d’horreur. Les plus grandes nationalités, livrées autrefois aux déprédations des proconsuls, respiraient maintenant sous l’autorité des préfets surveillés par César. Rome voyait accourir dans son sein tous ceux qu’une admiration sincère lui avait conquis. Les plus belles intelligences, artistes, grammairiens et philosophes, abandonnaient leur pays et leur langue maternelle pour se mettre au service du génie romain. César était le maître du monde, et Rome la commune patrie des nations^, qui préludaient à la fraternité humaine par celte grande unité politique.

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