Gras bibet albanis aliquid de Monlibus
Quale Corunati Tbrasea Helvidius que bibebani Rrutorum et Crassi natalibus.
Ji TÉNAi.. Sit(ire V, vers 33.
VIK DE NftitnX
toute reconnaissance. Quand on ju'je Sénèque avec iinparlialiié, on ne lui pardonne pas de n’avoir rien aimé sincèrement, ni son prince, ni la vertu.
La défection latente de Sénèque, plus lard suivie d’une trahison, eut ce déplorable résultat de livrer Néron aux intri- , gants vulgaires et aux ambitieux subalternes. Les services de ces misérables furent une nécessité pour lui quand les haines de l’aristocratie le forcèrent à exagérerja raison d’Élat. Il crut pouvoir se défendre comme il était attaqué. Delà conduite incertaine de Sénèque, dont le caractère n’offrait à Néron aucune sécurité, naquit l’importance de Tigellin, un des scélérats les plus complets qu’ait enfantés la dépravation humaine. C’élail une âme basse, perfide et cruelle, qui se jouait dans sa perversité. Souillé dès l’enfance, il entra dans la voie du crime par un adultère avec Agrippine; on ne pouvait mieux commèneer, et fut exilé par Caligula. Il passa tristement sa jeunesse à Scyllacium, dans la Calabre ullériéure, réduit au métier de pêcheur. Une succession lui échut qui lui permit d'acheter des pâturages dans la Fouille et dans les Abruzzes. L'ambition de cet homme se tournait vers Rome, digne théâtre de sa dépravation. Il éleva des chevaux de prix pour les courses du cirque, et reparut enfin au milieu de cette immonde population de gladiateurs et de cochers; il prit part aux rivalités des quatre factions sur cette scène faite pour lui et dans cette forteresse de tous les vices. C'est là que le maquignonnage avec les patriciens engagés dans les courses, l’habitude des cruautés par la fréquentation des hommes qui se préparaient à tuer et à mourir, la prostitution universelle qui passait comme un égout sous les arcades du grand cirque, le préparèrent à toutes les abominations. De l’extrême misère à l’opulence, il traversa successivement lesdiversesépreuvos qui
VIE DK NÉRON
(levaient irriter sa mauvaise nature et compléter son infamie. De la solitude é la cour il marcha recueillant sur son passage les vices de toutes les classes, les scélératesses de tous les états, peur en former son caractère et constituer une perversité rare même dans un siècle qui fut le dernier mot do la corruption. Il vendit à Néron d'excellents chevaux pour les courses et par ce moyen il entra dans la familiarité de l'empereur. Bientôt les passions du prince, ses projets et ses cruautés lui furent connus; il les'excita pour avoir à les servir, il les servit en no s'inquiétant que du salaire; sa fortune, qui va d'Agrippine à Néron, après avoir commencé par l'adultère avec la mère, sc poursuivit dans une série de crimes jusqu'à la trahison envers le fils. Il partagea bientôt avec Poppée l’entière confiance du maître, et Néron va être réduit à cette condition misérable d'être heureux par l’amour d’une courtisane et puissant par la cruauté d’un scélérat.