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MUSCLES Dl TIloNC CHEZ LES HYSTERIQUES

oxcinplo clo CCS traces ianlaisislcs (|ae cloniicnt les appareils appli- (lués sur le tlu)rax cl rabclomen de ces malades'. Ces tracés ne correspondent pas uiii(|uenic!;t h la respiration mais enregistrent toutes ces secousses bizarres du tronc que déterminent les spasmes. Ces traces sont pris sur deux malades qui seront étudiées avec plus de détails dans le second volume de ces travaux publié en eollaboralion avec M. le professeur Raymond. Le second grapbi(jue (fig. 50) a été pris chez une jeune fille de 25 ans qui, à la suite d'excès de masturbation, a conservé certains tics qui en reproduisent les mouvements malgré elle et à son insu. Les tics les plus intéressants sont ceux des jambes, mais les secousses de l'abdomen ne sont pas moins bizarres et elles déterminent la respiration que nous avons représentée ici.

5. — Modifications respiratoires dans la paralysie des muscles du tronc.

Nous ne pouvons tirer des conclusions aussi générales d'une seule observation, il faut seulement remarquer les faits qui dans le cas de Juliette ont accompagné la paralysie presque totale des muscles du tronc.

Nous retrouvons avec quelques modifications les troubles de la digestion. Juliette n'a guère de vomissements; elle cherche toujours à refuser les aliments, mais en réalité les digère quand elle les a absorbés. Les fonctions de l'abdomen sont bien plus troublées : la constipation est peut-être plus opiniâtre encore que dans les cas précédents ; il n'y a [)lus jamais de selles spontanées et il faut de grands lavements d'huile poussés profondément dans une sonde de Nélaton pour obtenir une certaine évacuation. Il v a évidemment une paralysie de l'intestin qui accompagne celle de la paroi. A deux reprises, la même impuissance a porté sur la vessie et il a fallu sonder la malade ; je n'ai pas constaté à ce moment de paralysie vésicale, le jet d'uiine par la sonde était normal. Mais ce fait a été rare, car d'ordinaire la miction n'était pas troublée.

C'est la respiration (pii présente les modifications les plus inté-

1. On verra dans le second volume de cet ouvrage le p:ra|iliif|uc de la respiration d une de CCS malades qui paraissent l'aire rentrer leur paroi abdominale sous les côtes.

ressantes. Peu de temps après les premières attaques, surtout à la suite d'une mauvaise nouvelle, celle d'un incendie chez sa grand'mère, la malade se sentit gênée pour respirer, essoufflée comme elle disait, et faisait des mouvements de respiration plus

amples et plus rapides. Cette exagération des mouvements respiratoires dabord passagère, devint peu îi peu constante surtout quand les attaques eurent cessé. Aujourd hui ou remar([ue tout d'abord que les mouvements respiratoires sont extrêmement exagérés, la poitrine et le ventre exécutent de grands déplacements, se soulèvent

3;io Ml sci.Ks m ti'.onc ciikz ij:s hystériques

avec violence el retombent. Kn outre, ces mouvements sont remarquables par leur vitesse, on oljscrve constamment pendant la veille lie la mahule le eliiUVe énorme de 90 h 110 respirations par minute (fig. 51). C'est une polypnéc; eonsitlérablc (jui s'est prolongée plus (le (l(>ux ans. Celle polypnée n(; gène pas beaucoup la parole, (pii est nette, (juoicjue la voix soit faible et([ue la malade ne puisse criei", les gi-ands mouvements du thorax s'arrêtent un peu pendant la parole ; le rire très faible et de peu de durée existe

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tiG. ',i'l. — llcspiration Itioracicjiie et aixloniinalc de la mèuie malade, Juliette. Los styles enicf;islreiiis ont été rapprochés l'un do l'autre pour montrer l'antagonisme des deux respirations, de là les arrêts que l'on note à la partie inférieure de la courbe supérieure u la fin des inspirations. Petite vitesse du cylindre.

à peine ; des soupirs et des bâillements, sur lesquels je reviendrai, interrompent fréquemment la polypnée. Les hoquets, qui étaient très fréqtients au début de ces troubles respiratoires et qui formèrent de véritables crises, ont complètement disparu depuis que la respiration a définitivement pris cette forme.

Il est important de rechercher si les battements du cœur subissent des modifications parallèles. Malheureusement, un ensemble de raisons, les secousses c(>ntinuelles du corps, l'obésité, font qti'il est extrêmement dillicile soit d'écouter le cœur, soit même de compter le [)ouls. Plusieurs personnes que j'ai ])riées de faire cette recherche n'ont pas réussi mieux que moi au moment de la plus

violente polypnée. Quand la polypnée est moindre on constate un pouls de 90 à 100 pulsations par minute.

A ces premières remarques s'en ajoute une autre fort grave,

-si

quand on prend le graphique de cette respiration avec les méthodes précédentes. Déjà sur la figure 52 prise avec la petite vitesse du cylindre on observe que les tracés du thorax et de l'abdomen ne sont pas parallèles, mais qu'ils sont inverses l'un de l'autre. Au moment où le thorax se dilate, l'abdomen se contracte

MUSCLES DU TKONC CIIKZ LES HYSTÉRIQUES

et récipro([iu'mcMil. Ce fait i)()uvait iMre difficilement apprécié avec cerlitude par la vue de la malade, à cause de la vitesse des mouvements, le çrrnphique le met en évidence. Mais comme ce fait est très grave, j'ai tenu à 1 établir avec certitude. Dans le graphique (fig. 52) à cause du rapprochement des lignes, une légère erreur dans la position initiale des styles pourrait produire cette apparence d'antao-onisme des deux courbes, .l'ai conservé la même disposition

de l'expérience en donnant seulement au cylindre une vitesse plus grande. L'écartement des lignes devient tel dans la figure 53 qu'une erreur due à la position des styles est impossible et par conséquent la respiration de cette malade est non seulement discordante, mais bien réellement antagoniste.

Comment interpréter ce phénomène inattendu ? M. Paul Richer a constaté que ce fait se présentait chez des hystériques d'une manière ^ B passagère pendant certains états de

Fig. :)4. - Schéma de la respiration somnambuHsme provoqué, et il d'après les silhouettes de llutchinson hésite entre dcux interprétations :

1889. p. 287): le trait pointillé repré- « ^ «-t-il paralysic du diaphragme

sente l'inspiration, le trait plein l'ex- q^j spaSUlC dcS mUSclcS abdouiipiration. A, rospiration normale: l'ab- i -^ /-v i iv

domen se gonfle en même temps que "«"X ? » O" Comprend en cllet

le thorax, le diaphragme s'abaisse dans qu\in spasmC dcS mUSclcS abdoUlïl'inspiralion et s'élève dans l'expiration. - !• ' 1

B. représentation hypothétique dun "^«"x pcnt donner licu a dcs gra-

cas de rcspiraUdn antagoniste déter- phiqUCS Semblables. DaUS la figUrC miné par des spasmes de la paroi ab- r r k ' l • *

dominale : l'abdomen se rétracte au 54, A, qui représente la respiration moment où le thorax s'agrandit, le dia- normale, le diaphragme s'abaissc

phragmc à peu près immobilisé garde ,,,... i' r i

une position moyenne dans l'inspiration tll^S 1 inspiration Ct pOUSSe i abdo-

et dans l'expiration. ,1^^,^ g,^ avant pendant que le thorax

se dilate par l'action des muscles élévateurs. C'est ce qui produit le graphicpie normal avec concordance (fig. 42). Si l'abdomen se contracte juste au moment de l'inspiration il pourra contrebalancer l'action du diaphragme et diminuer le ventre à ce même moment (fig. 5'i, B). J'ai de la peine ;i croire qu'un spasme de ce genre

l, l'aiil iliiliiT, /.a grande liyalcrie, 1885, p. 765.

puisse donner naissance à un gnphique analogue à celui de la

fiffure 53. Cette lutte entre l'action du diaphragme et celle des scies abdominauxdevrait se traduire en quelque manière parles

mus

MUSCLES nu TIIONC CHEZ I.FS IIYSTEmiOUES

irrégularités de la courbe inférieure qui ne pourrait pas être si correeteiiKMit l'inverse de la supérieure. C'est ce que nous voyons dans ce o-raphicjue (ig. 55), relatif à un cas de hoquet hystérique que je

n'étudie pas ici. D'une façon générale ce graphique représente encore une respiration antagoniste ou en bascule, mais cet antao-onisme n'existe avec précision qu'au moment du hoquet. Au point H,

on constate sur le graphique que rabdomen se dilate pendant que le thorax se resserre. On peut expliquer cette figure de la manière suivante : il v a à ce moment un spasme du diaphragme qui gonfle subitement l'abdomen, mais en même temps ce spasme du diaphragme augmente brusquement la capacité du thorax et, comme l'air rentre mal à cause du spasme de la glotte, il se produit un vide et un resserrement du thorax. Mais dans Tintervalle des hoquets, le ventre ne suit pas passivement les mouvements du thorax, il présente soit des mouvements corrects, soit des mouvements indépendants et irréguliers manifestes sur la figure ôo et surtout sur la figure 56 prise sur la même malade.

11 me semble donc que, pour expliquer un graphi([ue semblable à celui de la figure 53, nous sommes forcés d'admettre une paralysie complète du diaphragme qui se laisse aspirer ou repousser à chaque respiration comme un voile inerte (fig. 57). Dans cette hypothèse, le point de départ du mouvement pourrait encore se trouver dans l'abdomen qui par sa contraction pousserait les viscères et soulèverait le diaphragme inerte et le thorax. Ce piG. ."»7. — Représerait à la rigueur possible. Je crois plus juste de sentafion hypotLé-

. . tique d'une respi-

mettre le point de départ du mouvement dans le ration .inta<'oniste thorax. On voit souvent les épaul-s de la malade déterminée par la

. . 111 paralysie du dia-

participer au mouvement et une sorte de chorée de phragme: au mol'épaule accompaoner la polvpnée. Ce mouvement ment ou le thorax

, , , 1 . , 1 , • , se dilate le dia-

semble le développement de la contraction des phra-^me est aspiré élévateurs du thorax. Quant h l'abdomen il serait ^^ l'abdomen se

, ... , rétracte (ligne

paralyse et suivrait passivement le mouvement. Ln poiniiiiée) au moautre argument en faveur de la paralvsie du dia- ment où le thorax

, , 1 1 5 r .se rétracte, le dia-

phragme, c est que cette malade n a qu une capacité phragme est rerespiratoire absolument minime. Elle ne peut poussé comme un

, - , 1 ij voile inerte et l'ab-

aspirer dans un tube de verre plongé dans 1 eau domen est "onilé qu'une colonne d'eau de 8 à 12 centimètres, tandis (''g"^ pleine). que dans l'état normal on aspire une colonne de plus d un mètre, en moyenne 130 centimètres; elle ne peut également par le souffle élever la colonne d'eau que de quelques centimètres. Au spiromètre elle déplace difiîcilement 150 à 200 ce. d'air. Ces faits donnent peut-être eu partie l'explication de la polvpnée elle-

331'. MUSCLFS DU TRONC CHEZ LF.S IIVSTKUIQURS

nirniP, qui seniblo compenser p'.ii- lu frocjuciico énorme des inspinitions leur peu crellicacité.

Quoi qu'il en soit, cette paralysie du diaphragme n'en reste pas moins bien étrange. Elle n'a été signalée que rarement et dans des cas bien spéciaux. Parrot, puis M. P. Régnard ont montré des graphiques antagonistes comme le nôtre dans l'agonie \ pendant le slortor épileptique^ pendant certaines périodes de la crise hystérique. Les physiologistes étudient naturellement des graphiques respiratoires de ce genre après la section des nerfs phréniques. On enverra des exemples très nets dans le bel ouvrage de M. R. Dubois sur la physiologie de la marmotte ^ Mais il s'agit ici d'un phénomène qui a duré deux ans entiers sans amener aucune

FiG. .')8. — Ilespiralion de Juliette an début d'un sommeil léger, la malade est couchée sur le dos, la polypnéc a Ijoaucouj) diminué, il n'y a plus que "-'."> respirations par minute, mais l'antagonisme des mouvements resjjiialoiies persiste sauf pendant le soupir oii il diminue.

grave conséquence. J'aipu prendre des graphiques de cette respiration à 3 mois d'intervalle et j'ai toujours obtenu la même figure. Il faudrait donc admettre que la paralysie du diaphragme a chez cette malade une signification beaucoup moins sérieuse. C'est probablement, comme il arrive souvent dans les phénomènes hystéri([iies graves, qu'il y a certaines compensations, certaines précautions, pourrions-nous dire.

D'abord la resj)iralion change beaucoup pendant le sommeil

1. P. Rcpnarfl, Varinliuiis jjdthologifjue.s des combustions respiratoires, 1879, p 195.

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