PATHOGÉME DE CES ACCIDENTS
loppent ces contractures, ces spasmes et ces paralysies des muscles du tronc, car ce serait à propos d'un fait particulier discuter la genèse des accidents hystériques, ceux-ci n'étant pas sur ce point différents des autres. Il faut reconnaître d'ailleurs que nous savons fort peu de chose sur le mécanisme physiologique de ces phénomènes.
Quelquefois nous retrouvons l'étiologie banale des contractures hystériques : par exemple elles sont dans certains cas consécutives aux attaques, comme chez Leq. (obs. VI , chez Can. (obs. VII). Plus souvent les contractures sont consécutives à des traumatismes qui portent sur le tronc, Lem. (obs. II), est frappé par une barrique qui roule et qui sont dus très souvent à des chutes, en particulier à des chutes dans un escalier, R.(obs. III), No. (obs. IV), Leq. (obs. VI), Ma. (obs. IX); enfin nous voyons une fois chez Leq. (obs. VI) la contracture des muscles de l'abdomen consécutive aux efforts violents de l'accouchement. On pourrait remarquer que, dans tous ces cas, la douleur causée par la contusion joue un grand rôle. Elle contraint le sujet à garder une attitude anormale et contribue à rappeler la pensée de l'accident. On doit dire aussi que l'anesthésie musculaire est ici un élément essentiel : elle empêche le sujet de se rendre bien compte de l'état de ses muscles et de savoir faire les mouvements nécessaires pour le modifier. Mais il faut rechercher ce qui entretient cette douleur, ce qui détermine et entretient indéfinivement cette anesthésie.
Un phénomène déjà plus important au point de vue pathogénique, c'est l'émotion violente que l'on peut constater au début de tous ces accidents. Dans certains cas l'émotion existe même seule comme antécédent de la contracture ou du spasme sans que l'on puisse noter de traumatisme. Co. (obs. V) a commencé cette contracture générale qui a simulé une grippe à la suite d'une violente colère. Go (obs. VIII) s'est contracture le ventre à la suite d'une tentative de viol. M. (obs. X) a ses contractures générales du tronc à la suite de petits incidents : elle a eu peur d'une voiture qui a failli l'écraser, elle a perdu un objet auquel elle tenait beaucoup, elle a été bouleversée dans son travail et ses habitudes, petits incidents ([ui suffisent pour l'émotionncr beaucoup. Mcy. (obs. XI) a commencé ses spasmes abdominaux et sa singulière coxalgie intermittente à la suite de la terreur causée par un incendie.
Dans les autres cas, je suis disposé à croire que les trauma-
34v> MUSCLES DU TRONC CHEZ LES HYSTÉRIQUES
tismcs, le clioo d'iino harriqur ([ui roule pour Lem., raccoiichenieut pour Le(j., la chute daus l'escalier pour Mar. agissent surtout par réinotiou ([u'IIs déterminent ; les trauniatismes n'ont peut-ètie pas (rautic clVct [>arti(u!ier (jue celui ([ui consiste à localiser plus spécialement la contracture au côté et à la région blessée. l'",n un mot, à mon avis, ces contractures de tout le tronc sont surtout, au moins dans les cas que j'ai examinés, des contractures émotionnelles.
On comprend assez bien que l'émotion chez certaines personnes puisse déterminer un saisissement, une contraction violente des muscles du tronc et en même temps un certain degré d'engourdissement cérébral, qui amène un trouble des perceptions, une anesthésie cl une impuissance à modifier les contractions musculaires. Mais comment une émotion passagère peut-elle déterminer une contracture permanente qui se prolonge pendant des semaines et des mois? Il ne me semble pas sutlisant de faire appel à la diathèse de contracture, car en réalité ce n'est là f[u'un mot et même un mot qui ne signifie pas grand chose. Il signifie simplement que ces sujets sont susceptibles d'avoir des contractures, ce qui est ici évident puisqu'ils en ont. Je crois qu'il est plus clair et plus conforme à la méthode clinique de ne pas chercher d'explication complète mais de se borner à rapprocher ce fait de la contracture persistante d'autres phénomènes que l'on observe chez les mêmes sujets.
On remarquera comme une chose curieuse que trois de ces malades, Co. (obs. V), Go. (obs. VIII), Mar. (obs. IX) avaient en môme temps que leur contracture du tronc le même accident des attaques de sommeil, que deux, Lem. (obs. II), No. (obs. IV), Cen. (obs. VII) avaient des attaques convulsives et délirantes, que deux, Gk. (obs. I), Leq. (Obs. VI) présentaient la nuit et même le jour des somnambulismes spontanés. Or, ces trois accidents, les sommeils, les attaques, les somnambulismes, sont chez les hystériques, en général, et chez celles-là surtout des phénomènes très comparables les uns aux autres, ils consistent toujours dans des états de torpeur cérébrale accompagnée et souvent déterminée par des sortes de rêves dont l'expression extérieure seule diffère. Ces rêveries somnambuli(jues reproduisent dans l'esprit des malades, avec une netteté extraordinaire, l'accident et l'émotion initiale.
Je n'en décrirai, avec <[uelques détails, que deux exemples, car ces phénomènes sont identiques chez tous ces malades. Si l'on touche le