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PATHOGÉME DE CES ACCIDENTS

ventre de Go. (obs. YIII), surtout du côté droit, on assiste à une scène bien caractéristique, elle est gênée, s'écarte, rougit et pâlit, puis elle se débat avec terreur, crie et tombe en arrière endormie ; sa figure garde dans le sommeil une expression de terreur, et de temps en temps elle a des mouvements des bras comme pour écarter quelqu'un. N'est-il pas vraisemblable d'après son attitude, et d'ailleurs nous le vérifierons tout à l'heure, que la sensation de contact au côté droit du ventre a rappelé par association la tentative de viol dont elle a été victime, et qu'au moment où elle semble s'endormir elle s'absorbe complètement dans la contemplation imaginaire de cette scène. Cette contemplation reproduit encore une fois l'émotion primitive avec toutes ses conséquences, le bouleversement, ou, si l'on veut se souvenir de nos remarques sur le rôle de l'émotion, la désagrégation du cerveau et de l'esprit.

La malade Gk. de l'observation I nous présente encore mieux le même fait. Considérons-la au moment où sa contracture qui l'incline si fortement à gauche a été détruite et voyons comment et à quel propos elle se reproduit. La contracture réapparaît toujours le matin au réveil; la malade se réveille avec le tronc et la tète inclinés à gauche, tandis que la veille elle s'était couchée droite. Le sommeil pendant cette nuit a été assez particulier, plus profond et plus lourd qu'à l'ordinaire ; cependant la malade a remué et a parlé, elle a poussé des cris et a cherché à sauter en dehors de son lit. Si on lui parle pendant ces sortes de rêves, elle répond, se plaint d'avoir horriblement peur: « oh ! cette tête ébourrifFée, ces yeux... » et elle tourne violemment la tête h gauche pour voir l'individu qui la poursuit de ce côté. Elle se rendort dans cette position, et une demi-heure après recommence à crier de la même manière ; il en est ainsi une grande partie de la nuit. Enfin le matin elle se réveille fatiguée, le corps tout tordu par les contractures, mais sans aucun souvenir de ces rêves, tandis que d'ordinaire elle conserve un certain souvenir des rêves qui ont lieu pendant le sommeil normal. En un mot, dans cette nuit qui précède la réapparition des contractures, il y a eu une ou plusieurs périodes de somnambulismes, et cies périodes ont été remplies par des hallucinations qui reproduisaient exactement la scène qui l'a tant épouvantée il v a sept ans. Ici encore, nous vovons bien la dépendance entre la contracture du tronc et cette émotion, puisque nous les voyons réapparaître l'uni» ;i la suite de l'autre : Nous

:î44 muscles DU TIIONC CHEZ LES HYSTÉRIQUES

vovoMs ('i;:iU'nuMil ui un rjippoil intéressant entre la (ornio de la contracture et Tattllude donnée à la malade par son délire. Elle se penche en avant pour courir et se détourne à gauche pour regarder par derrière de ce côté les yeux terribles qui la poursuivent. 11 on est de même, d'ailleurs, dans le cas de Lem., obs. II. II garde, en se tenant penché en avant, l'attitude qu'il avait quand il a été frappé au ventre par une barrique roulant sur le pont.

Toutes ces remarques peuvent être confirmées par l'expcrimenlation qui consiste à provoquer le somnambulisme chez ces malades et à les interroger dans cet état sur les souvenirs qu'ils ont de leurs attaques, de leurs sommeils, de leurs somnambulismes, sur les pensées qui les préoccupent dans la journée et leur donnent souvent un aspect inquiet ou effrayé. Presque tous les sujets que j'ai décrits étaient facilement hypnotisables. Dans cet état second, ils décrivent bien mieux que dans l'état de veille ce souvenir obsédant de l'accident Initial et de l'émotion qui persiste constamment dans leur esprit plus ou moins à leur insu.

Chez quelques malades comme chez jNI... cette rêverie s'exprime même à l'état de veille par de l'écriture automatique. Ce sont là des faits cliniques, tout aussi importants pour le médecin, quoi qu'ils soient des phénomènes moraux, que la contracture ellemême. Ce serait, à mon avis, faire de la bien mauvaise observation clinifjue que de décrire minutieusement le muscle contracture, ses insertions, sa dureté et d'oublier ce rêve émotif persistant ; ce serait tenir compte d'un phénomène extérieur et qui, même au cours de la maladie, se modifie incessamment en oubliant la lésion essentielle etqili, elle, est immuable. Je crois que l'on obtient un commencement d'explication en rapprochant ces deux phénomènes et en disant que la contracture persiste parce que l'émotion persiste entraînant toujours avec elles les mêmes conséquences psychologiques et physiologiques ; c'est en ({uelquc sorte une émotion figée, une variété de l'idée fixe dont nous vovons seulement une des rïianifestations extérieures tandis ({ue \c sujet se rend nud conqite du phénomène intérieur qui la détermine.

Quand on étudie l'émotion, on insiste beaucoup et avec raison sur les troubles viscéraux et vasculaires qu'elle détermine. Ces dernières observations nous permettent de rappeler d'autres troubles en rapport avec les émotions : d'abord des contractions musculaires, des spasmes des divers muscles du tronc, puis des modifi-

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