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UN CAS D'INSOMNIE PROLONGEE

altérations de la volonté, comme l'aboulie, pouvaient rendre le sommeil difficile et déterminer l'insomnie.

Je voudrais montrer aujourd'hui que certaines idées fixes accompao^nées d'une émotion systématique peuvent avoir le même effet et provoquer par un mécanisme assez curieux une insomnie des plus graves. C'est ce ([ui nous semble ressortir de l'étude d'un cas Tort intéressant que M. le professeur Raymond a déjà présenté dans une de ses leçons du mardi et qu il m'a permis de reprendre pour le comparer avec d'autres du même genre.

i. — Un cas d'insomnie prolongée.

Observation I. — Zv., une femme âgée de 37 ans, ne présente des pliénomènes névropathiques que depuis 3 ans. Sonpère n'eut aucun accident de ce genre et ne paraît pas avoir été alcoolique, mais sa mère, atteinte d'hvstérie grave, a encore des attaques couvulsives à l'âge de 65 ans.

Z}'. fut réglée un peu tard, à 16 ans, sans accidents, elle eut un enfant à l'âge de 21 ans, et se montra toujours active et intelligente. Il V a 3 ans, à Tâge de 34 ans, elle perdit son enfant; mais quoiqu'elle ressentît une violente douleur elle ne présenta pas à ce moment des troubles moraux, et son regret naturel ne donna pas naissance à une idée fixe. Mais quatre mois plus tard elle eut une fièvre tvphoïde extrêmement graAe qui se prolongea pendant plusieurs mois et qui bouleversa son état mental. En effet, pendant la convalescence de la fièvre typhoïde, le regret de l'enfant mort réapparut d'une manière beaucoup plus aiguë, donnant naissance à des gémissements continuels et provoc|uant même de véritables hallucinations visuelles. En un mot ce regret, qui était auparavant dans les limites normales, dégénéra après la fièvre typhoïde, comme on l'observe souvent, en une véritable idée fixe.

Mais bientôt, après un mois ou deux, cette obsession sembla s'évanouir pour faire place à une autre préoccupation. Zy. se plaignait constamment d'être très fatiguée, -d'avoir sommeil, car elle n'avait pu dormir la nuit. Pendant la nuit, en effet, elle restait étendue sur son lit, les yeux ouverts, se retournant de tous côtés sans parvenir à s'endormir. Celte insomnie persistante fut constatée par toutes les personnes qui l'approchaient, (^uand Zv. entra à

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