‹ Nérvoses et idées fixesChapitre 13 sur 326 · L. Lange, Philosoph. stud., IV · texte numérisé non relu

L. Lange, Philosoph. stud., IV

7. J.-M. Baldwin et W.-J. Sliew. Types of réaction. Psychol. Hevie^y, 1895, p. 259.

8. 'III. Vhnxruoy . Observations sur quehjues types de réaction simple. Genève, 189G.

comme le signe de l'autre. C'est ce qui a été admis par M. Buecola dans son travail sur « la legge del tempo nei fenomeni del pensiero, Milan, 1883 », quand il nous dit que « l'équation personnelle peut être considérée comme le dynamomètre de l'attention ». De très nombreux travaux de Exner, Wundt, Stanley- Hall, Kra'pelin, Van Bierviiet, Kùlpe, etc., dont il est impossible d'étudier ici la bibliographie, ont été appuyés sur cette notion et ont donné des temps de réaction plus ou moins nombreux, pris dans des conditions plus ou moins variées, comme la mesure de l'attention. C'est en particulier ce qui a été fait d'une manière extrêmement ingénieuse par un psychologue italien, M. Patrizzi^ Grâce à une méthode élégante dont nous nous servirons tout à l'heure, il a réussi à inscrire l'un à côté de l'autre sur le cvlindre noirci de Marey un grand nombre de temps de réaction de telle façon que Ion put facilement les réunir par une courbe. Cette courbe selon lui formait un véritable pj-ocessigrainine, une figure individuelle exprimant nettement la force de l'attention chez un sujet donné et pouvait par conséquent rendre un grand service dans les études cliniques.

Ce sont ces affirmations de plusieurs auteurs et en parculier le travail de Patrizzi qui m'ont engagé h appliquer aux malades cette nouvelle méthode pour mesurer l'attention et à rechercher si réellement dans des cas bien nets la longueur du temps de réaction était en rapport avec la force de l'attention déterminée par les observations précédentes, et si cette relation persistait d'une manière assez régulière pour nous permettre de nous fier à cette mesure simple et commode.

Avant d'indiquer les résultats de ces expériences 11 faut indiquer en quelques mots la méthode aussi simple que possible qui a été appliqué dans chacune d'elle.

J'ai dû pratiquer bien entendu la mesure du temps de réaction sur des sujets qui n'étaient aucunement préparés à cet exercice. On peut discuter sur la valeur des expériences faites sur les sujets no-

3. Patrizzi, La graphique psychomctriquc de ratteiilion. Archives italiennes de hiologir, t. XXII, fasc. 2.

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vires (iiii me sciiiMnil (•«•|)('ii(l;iiil ;i l»ifii des points dr viio piôfrr:il)U's aux snjcls r(lii(|in'-s. M.iis, dans le cas présent, je n'avais pas il fiioisir. je reehereliais une méthode clinique (pii aurait été tout il fait sans valeur si on n'avait pu Tappliquer qu'à un petit nombre d'individus après une longue éducation.

\a\ inesur(> du temps est opéfée soit avec l'appareil enregistreur de Marev et \c diapason Ix 100 vibrations par seconde, soit avec le chronomètre ded'Arsonval ré<'lé aussi soigneusement que possible*. Les erreurs portant sur des millièmes de seconde ([ue l'on peut reprocher ;i ces méthodes surtout à la dernière, me paraissent de minime importance. Il s'agit ici de comparer des résultats nombreux les uns avec les autres et non d'accorder une grande valeur ;i nue mesure isoh'e. D'ailleurs l'altitude des malades, leur indocilité rionorance où nous sommes souvent de leurs pensées apportent de bien autres causes d'erreur. Il ne faut pas trop, à mon avis, se préoccuper de millièmes de secondes (|uand les dispositions morales des sujets peuvent déterminer des variations si considérables. Aussi, quoique cela puisse paraître bien peu précis, je me bornerai ;i compter par centièmes de secondes, sauf quand il s'aoit de certaines moyennes déterminées non par l'appareil, mais par le calcul.

Quand on essaie ce genre d'expériences, on remarque bien vite que l'on ne peut se contenter de mesurer un temps de réaction isolé. Sa longueur ou sa brièveté ne prouveraient absolumerit rien sur l'attention du sujet ; car un sujet quelconque, lùt-il tout ii lait aliéné, peut toujours fournir, ne fût-ce que par hasard, un temps de réaction très court, égal même i»0, ou très long: le choix serait tout il fait arbitiaire. Aussi a-t-on toujours observé qu'il fallait recueillir un très grand nombre de temps de réaction et les soumettre à de (MMlains calculs, .\insi, on détermine /e Ic/i/ps Dioijcn (■',.si-;i-dire le (juolient de la somme de ces temps de réaction par leur nond)re et hi \un-'mùnn nioiicniie, c'est-à-dire la moyenne des dillerenees entre le temps moven et les réactions isolées. (!<'tte dernier*' mesure montre la grandeur des oscillations et détermine le degré de régularité des temps de réaction.

(](; procédé me paraît présenter quelques inconvénients; le temps moven ealeuh- sui' l'ensemble des ttMups de réaction peut variei- beaucoup suivant ([ue rexpérience est plus ou moins prolongée et le nombre des chillVes obtenus plus on moins considcMable et ne nous indiepic pas ass<'z les variations des temps de réaction au

cours de rexpéricnce. J'ai préféré une méthode un peu plus complexe qui conserve davantage la trace des divers temps de réaction obtenus au cours de l'expérience, en un mot la méthode des courbes.

Dans une première série d'expériences, ces courbes ont été obtenues bien simplement par la méthode des points reportés sur un papier quadrillé. L'expérience d'ailleurs est disposée de la manière suivante: je cherche à obtenir le plus grand nombre possible de temps de réaction consécutifs à une excitation simple, contact, bruit ou vue d'un mouvement, sans qu'il v ait de longs intervalles entre ces réactions et les nouvelles excitations. A peine le sujet a-t-il réagi qu'il éprouve une nouvelle impression. Le nombre des temps de réaction obtenus pendant une minute varie naturellement suivant la lonofueur des réactions elles-mêmes. Dans certains cas favorables, 20 et 25 par minute, mais dans d'autres cas beaucoup moins. L'essentiel était de laisser au sujet le temps nécessaire pour bien faire les mouvements, mais de ne pas lui permettre de distraction et d'exiger une attention continue.

Chacun de ces temps de réaction était calculé, puis inscrit par la méthode des points sur un papier quadrillé au millimètre suivant cette convention: chacj iie millimètre horizontal indique une nouvelle excitation, chaque millimètre vertical correspond à un centième de seconde. Ces points sont réunis par une ligne, la courbe des temps de réaction. Puis je calculai la movenne de dix temps de réaction consécutifs et je marquai cette movenne sur le même graphique au milieu des dix temps de réaction et à sa hauteur en centièmes de seconde. Enfin ces nouveaux points sont réunis par une ligne plus épaisse qui détermine la courbe des moyennes de dix en dix. Un graphique ainsi construit rend assez nettes les principales modifications des temps de réaction pendant dix, quinze minutes ou même plus, en rapport avec deux cents ou quatre cents excitations et permet de vérifier s'il existe une relation bien nette entre cette courbe des temps de réaction et l'attention du sujet.

On peut considérer le graphique de la figure 2 comme représentant à peu près ce qui se passe chez riiomme normal d'intelligence et d'attention movenne sans éducation préalable. Il s'agit de réaction simple à des excitations tactiles. L'expérience a été prolongée jusqu'à 15 minutes et je ne reproduis ici faute de place que la dernière partie du graphique. Au début et jusqu à la 8'^^ minute les temps de réaction simple oscillent entre 7 et 15 cen-

-NÉVROSES ET IDEES Fl.KES, I. G

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tiî'inrs (le socoiule et resU'iit en «général au-dessous de 20 cenlit-mes de seeonde. la moyenne do dix en dix est, comme on le voit. (If M) i-t 12 (•(•iitiènics de seeonde. Ce n'est pas une réaction bien rapide, il s'ai^il de sujets laisant bien attention mais nullement éduqués. .\ partir de la 8'' minute on voit que les temps de réaction sont plus inéguliers, ils oscillent entre 10 et 30 centièmes (le seconde et la moyenne plus élevée atteint 15 et 20 centièmes de seconde. Ces caractères restent les mêmes jusqu'à la 15"' minute, si ce n'est que nous avons des irrégularités plus grandes encore, des temps de W centièmes de seconde. (3n peut

1 [■;. ,. — i.duilii' (11'- lour[i- Ile rculiiiii siiri[iie a nui' r\iii.itiiiii lailiR' iiirMiri's |iar lu clicomctre de dWrsonval, inscrilc par la mcltiodi> des points. Toutes ces courbes se lisent de gaiiclic à droite, le temps est inscrit sur le côté gauche en centièmes de seconde. C courbes des temps de réaction inscrits chacun isolément. .V courbe des moyennes calculées pour 10 temps de réactions consécutifs et inscrits de in en 10. Ces figures sont reproduites ici, avec une forte réduction par la photogravure, mais la réduction est la même pour toutes les ligures du même genre cpii représentent des courbes des lcm|)s de ré:iciion, t.\cii processigrainmes, par conséquent toutes ces courbes sont facilemenl coiuparablcs.

prendre ce graphique comme le type de la plupart de ceux que j'ai obtenus dans des circonstances normales et on peut lui comparer ceux que présentent les malades placés dans les mêmes conditions.

Dans d'autres cas je me suis servi d'une autre méthode pour inscrire les courbes, la méthode de M. Patrizzi. Le cvlindre de Marey totirne avec une vitesse moyenne (M. Patrizzi semble se servir de la grande vitesse, celle-ci n'est pas applicable à mes sujets tloiit les temps de réaction dépassent souvent une seconde), il entiaine avec lui le chariot de Marev portant le signal électri- (pic de J)es|)iets, de manière que le signal avance à chaque tour et décrive une ligne spirale; c'est cette ligne spirale qui forme sur les graphiques obtenus par ce procédé, par exemple sur la ligure 3, les fines lignes verticales très rapprochées l'une de l'autre. A cha({ue tour une tige de cuivre fixée sur le cvlindre en touchant un contact ouvre un courant électrique, celui-ci fait d'une part sonner un timbre, ou remuer un signal, ou détermine un léger choc sur la main du sujet, et d'autre part il fait luoiivoir le

signal de Desprets et s'inscrit sur le cvlindre en E (fig. 3). Le sujet, en appuvant sur un interrupteur, rompt le courant, ce qui s'inscrit ég-alement, grâce au signal de Desprets, un peu plus loin sur la même ligne verticale en R. Les mêmes phénomènes se répètent exactement à chaque tour du cylindre et par conséquent sur chacune des fines lignes verticales : le moment du sio-nal

s'inscrit toujours en un point E de chacune de ces lignes verticales, les réactions s'inscrivent plus ou moins loin en R sur la même ligne. Quand l'expérience est terminée, on réunit par un trait tracé à la main tous les points E inscrits sur chacune des lignes verticales, c'est ce q\ii constitue sur les graphiques la ligne EE', ou ligne des excitations. Puis on réunit également par un trait tracé à la main tous les points R qui indiquent les réactions et qui sont situés ;i des distances variables de la lisne EE'.

La réunion de ces points constitue une ligne brisée ^ RR' qui représente la courbe des temps de réaction.

L'inscription du diapason à lOOvibrations par seconde se fait en D et permet de mesurer le temps de

réaction ER. D'ailleurs des lignes parallèles à EE' tracées toutes les dix vibrations du diapason permettent de lire plus facilement le temps en dix centièmes de seconde. La figure 3 prise avec un sujet normal qui prête une extrême attention h un signal auditif peut servir de type et permet de comprendre ces processigrauimes.

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K', i;\TrKNTI()N ET LE CRVPIIKHE DES TEMPS DE UÉ ACTION

(ItMlf iiiL'lhoclt' rsl ('N'-gante, elle n'est pas sans quelques dUficullés el (juehiues inc()nvénients. Elle demande une installation assez délicate, sujette à se déranoer quand on désire s'en servir; l'Ile n'est pas d'uiie précision l)i<'n l'iooureuse, car (au moins avec mon installation imparl'aile il est dillieile d'obtenii- une ligne des excitations J^K' bien correcte. Mais le plus grand inconvénient, il mon avis, n'est pas là; il consiste en ce que les signaux se font entendre trop régulièrement, ils sont avec mon dispositif de huit par minute. Il faut par divers artifices rompre cette régularité dans la plupart des expériences. On y arrive en mettant dans le circuit un nouvel interrupteur à la disposition de l'expérimentateur, ou plus simplement en ne fixant pas les tocs d'entraînement du cvlindre; radhérence suffit à l'entraîner d'un mouvement très régulier, et rexpérimcntateur n'a qu'à toucher du doigt le cylindre, et à l'arrêter quelques instants avant le signal poui- modifier la régularité de ces signaux. C'est dans ces conditions, en modifiant les signaux par l'une ou par l'autre méthode surtout par la première, ou, le plus souvent, en les laissant se succéder régulièrement, que j'ai obtenu un certain nombre de courbes moins précises peut-être que les précédentes mais également intéressantes.

4. — Conformité de ces graphiques avec les autres mesures de l'attention.

.le ne puis étudier ici tous les détails de ces courbes, ce qui serait entrer dans l'étude détaillée des temps de réaction. Je désire seulement remarquer ce qui dans ces courbes s'accorde ou ne s'accorde guère avec les notions acquises par d'autres procédés sur l'attention des sujets.

Il est évident (ju'un certain nombre de ces courbes sont à ce point de vue tout à (ait correctes, par exemple les deux figures préci'deiites nous présentent des courbes ayant deux caractères bien nets, elles sont basses et assez régulières. La courbe 3 nous présente des réactions à des sensations auditives répétées au nombre de 200 à peu près pendant 20 minutes, elles ne dépassent guère 20 centièmes de seconde et les oscillations sont rarement plus considérables que 10 à 15 centièmes de seconde. La figure 2 représente des réactions à des sensations tactiles au nombre de XH) il peu près pendant lô minutes, la moyenne atteint rarement

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