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MESURE DE L'ATTENTION PAR LES TEMPS DE RÉACTION

sujt't pt'iil percevoir crun seul coup d'œil, l'a'il étant iniiiiobili». Il ne doit pas être question dans cette définition de la simultanéité de ces sensations. En effet, quoique le champ visuel s'étende à GO" du côté interne et à 00" du côté externe, la mesure telle qu'on la pratique ne démontre pas du tout ([ue le sujet voie réellement d'une manière simultanée un objet placé à 80" du côté externe et un autre placé à 00° du côté interne. Elle démontre seulement qu'en attirant snccessiçement son attention d'un côté, puis de l'autre, l'œil étant immobile, il peut voir snccessh>(>me/i/ à 00" d'un côté à 90° de l'autre. J'ajouterai qu'il est même pr()bable ([ue la vision précise des différentes parties du champ visuel n'est réellement (jue successive et non simultanée.

Il y a donc lieu de rechercher ce que serait h^ champ visuel si on ne tenait compte que de l'étendue, de l'ensemble des sensations visuelles perçues réellement d'une manière simultanée: on peut désigner cette nouvelle mesure sous le nom de champ visuel simultané. Ce champ visuel simultané, autant que j'ai pu en juger dans des conditions imparfaites, est beaucoup plus restreint ([iie l'autre etvarie énormément avec le degré de l'attention des sujets.

(hioi qu'il en soit, il semble juste de se servir quehiuefois de 1 étude du champ visuel pour mesurer 1 attention. Cette mesui'e peut dans certains cas s'ajouter dune manière utile aux précédentes.

2 — Mesure de l'attention par le calcul des temps de réaction.

Il faut savoir reconnaître (pie toutes les méthodes précédentes ont beaucoup orimperfections et ne nous conduisent pas ;i des chiffres bien nets pour déterminer rapidement la puissance d'une attention. Aussi ai-je cru devoir étudier avec soin une méthode nouvellement introduite par la psychométrie, la détermination de la puissance de l'attention par la mesure des temps de réaction.

11 est facile de constater que l'attention communique une plus grande rapidité aux phénomènes psychologiques. Wundt a été l'un des premiers à démontrer que le temps de réaction, le temps qui s'écoule entre une impression périphérique et le petit mouvement par lequel le sujet manifeste qu il a éprouvé une sensation, diminue considérablement ([uand le sujet est attentif. Le temps de réaction que l'on obtient quand on impressionne un sujet ([ui n'a pas

7,s I.'VTTF.NTION F.T I.F. f.RUMIKU'E DF.S TEMPS DE UlvVGTION

(■té prôvcim est h<>;uic()ii|» plus loii^ (|iic celiii que l'on constate quand on prévient le sujet par un signal (juelqucs instants avant de lui faire subir une impression. Citons comme exemples les chifFres suivants donnés par Wundt: l'impression est auditivcet assez forte, letemps de réaction pour le sujet non prévenu est en moyenne 0"2r)3. il devient chez un sujet prévenu 0"076. Si le bruit est faible, le temps de réaction est pour le sujet non prévenu 0"X;G6, pour le sujet prévenu ()"175'. Ces études furent reprises par un grand nombre d'auteurs. Signalons les recherches de Mosso", de von Tschisch^, d'Obersteiner*, de Mùnsterberg surtout (jui montre les modifications du temps de réaction sous l'inlluence de l'attention dans une foule de ciiconstances variées \

En 1886, un élève de Wundt, L. Lange*, ajouta une notion nouvelle: il soutint (jue la réaction est plus lente quand le sujet fixe son attention sur la sensation qui sert de signal et plus rapide s'il la fixe sur le mouvement à exécuter. La différence pourrait être de 10 centièmes de seconde. Beaucoup d'études récentes de Cattell, de Bartels, de Bliss, de Baldwin ont surtout porté sur la discussion de la théorie émise par Lange. Quelques-unes de ces études me semblent heureusement résumées et complétées dans le travail de M. Mark Baldwin' et dans celui de M. Th. Flournoy**. Cet auteur renonçant, h mon avis avec infiniment de raison, aux recherches sur les individus trop exercés à ces travaux de laboratoire et expérimentant sur des novices, montre surtout, comme M. ^lark Baldwin d'ailleurs, qu'il y a des types de réaction différents suivant le type sensoriel du sujet et qu'il est difficile de donner à cette loi de Lange une grande généralité.

En examinant ces recherches n'est-11 pas naturel de penser qu'il y a un lien étroit entre la brièveté du temps de réaction et la force de l'attention, si bien que l'un puisse être considéré

1. Wundt, Psychologie physiologique, trad. fr.. II, 226 Paris, F. Alcan.

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