I. Aitioniiitisinc iisyrholo^Ujiu
LES RKVKIUES SI lîCONJ^ClENTES r,^K,
éveillé, mais qui a complètement perdu la conscience personnelle de sa rêverie.
Quand il en est ainsi, une personne étrangère peut prendre la' direction de cette rêverie, de ces phénomènes psvchologiques complexes qui existent dans l'esprit du malade sans qu'il le sache. On peut, en se mettant dans des conditions particulières, en prenant des précautions pour que l'attention du sujet soit dirigée ailleurs, exprimer des paroles qui modifieront les rêves subconscients sans être entendues d'une façon consciente par le malade. Ces suggestions par distraction * vont déterminer les faits les plus étranges et enlever complètement au sujet la libre disposition de ses mouvements et de ses pensées, elle vont manifester d'une façon plus complète la désagrégation de l'esprit. Cette division de la pensée humaine sera plus ou moins grave, elle variera suivant la nature des phénomènes automatiques qui se sont développés ; elle sera plus profonde, suivant la remarque intéressante dun aliéniste J, Cotard, quand les images du sens musculaire qui joue un si grand rôle dans la constitution de notre personnalité seront ellesmêmes grandement modifiées. ]Mais quels que soient ces degrés et ces variétés le fait qui domine dans tous les troubles de ce genre, c'est la division, le dédoublement de la personnalité.
Plusieurs personnes s indignent contre cette notion de la désagrégation psychologique, elles y voient une atteinte ii l'unité de notre personnalité, une division de notre âme. C'est là une interprétation singulière de nos études. Dans ces recherches, il ne s'agit aucunement de l'âme humaine, du principe métaphysique de notre être. Il s'agit uniquement des faits que présente réellement notre pensée et de la façon dont ils se groupent en apparence. Quelles que soient nos opinions sur la nature de 1 esprit, nous ne pouvons nier que l'homme n'ait des rêves et que l)ien souvent il ne garde aucun souvenir de ces rêves. L'expression de la « désagrégation mentale « est simplement la description, le résumé de ces faits incontestables ; cette expression constate seulement que les pensées humaines, quelle qu'en soit l'origine profonde peuvent se séparer les unes des autres de manière à former des groupes plus ou moins cohérents et plus ou moins distincts.
Ce dédoublement de l'esprit devient dans certains cas patho-
I. Pierre Janet, Les actes inconscients et la inôrnoirc pendant le soinnainbulisine. Revue philosophujue, mars 1888, p. 249.
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logiques si réel, si manifeste ([u'il (>st icmarfjiié par le malade luimême. Le médium est loul étonné de ces diseouis qu'il voit écrits pai- sa main ou même de ces paroles (pi'il entend sa propre houehe prononcer malgré lui. Il ne peut faire autrement que de les attribuer à une personne étrangère qui emprunte sa main ou sa l)ouehe pour s'exprimer. Le rêve lui-même, reflet des pensées du médium et des idées courantes, va confirmer ces suppositions naturelles et l'écriture automatique va être signée d'un nom illustre. Dans les cercles spirites ce sera l'Esprit de Socrate ou de (lUtciiherg, ou Fàme de ([uelque arrière grand-père qui prendra la palernilé de ces messages. Dans l'antiquité sur le trépied sacré de Delphes c'était Apollon ([ui inspirait les paroles automatiques de la Pvll)i(>. Au moyen âge, ce sera le diable qui se déclarera l'auteur de ces rêveries involontaires.
Nous sommes tout naturellement revenus à l'interprétation du délire de possession. L'étude des phénomènes automatiques, du développement que les rêveries involontaires et subconscientes peuvent prendre dans l'esprit normal et à plus forte raison dans l'esprit malade, nous permet de comprendre les phénomènes en apparence singuliers que présentait notre malade, Achille. On peut maintenant revenir à ce pauvre homme, qui est resté paisiblement endormi sur son fauteuil. Il sera maintenant plus facile d'interpréter ses récits et de travailler à sa guérison.