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EXPLICATION DU DÉLIRE ET TRAITEMENT

sa folie en disant qu'il avait lu trop de romans. A ce moment il faut remarquer un fait curieux : le délire existait encore pendant la nuit. Achille endormi gémissait et rêvait à des tortures infernales: les diables le faisaient monter à une échelle qui s'allongeait iudéfiniment et au bout de laf[uelle se trouvait un verre d'eau ou bien ils s'amusaient encore h lui enfoncer des clous dans les yeux. Le délire existait aussi daus l'écriture subconsciente et le diable se vantait ainsi de reprendre bientôt sa victime. Ces procédés nous montrent donc encore les dernières traces du délire qui pourrait persistera notre insu. Il est bon d'en tenir compte, car un malade abandonné à ce moment ne tarderait pas à retomber dans les mêmes divagations.

Grâce à des procédés analogues, les derniers rêves furent transformés et bientôt ils disparurent complètement. J'ai constaté à ce moment un fait sur lequel j'ai déjà souvent attiré l'attention, c'est que les somnambulismes et l'écriture automatique diminuèrent aussi en même temps. Le malade n'eut plus un oubli aussi complet après les somnambulismes, il n'était plus aussi anesthésique pendant les écritures subconscientes. En un mot, après la disparition de l'idée fixe, l'unité de l'esprit se reconstituait.

Achille fut bientôt complètement guéri, le diable avait été chassé par un exorcisme moderne, plus délicat et moins infaillible peut-être ((ue l'ancien, mais non sans intérêt et sans utilité. 11 est bon d'ajouter que le malade retourné dans son petit village m'a fréquemment envoyé de ses nouvelles et que depuis trois ans il conserve la santé phvsique et morale la plus parfaite.

Plusieurs auteurs, Moreau (de Tours)* en particulier, et plus récemment Chaslin, ont insisté sur le rôle du rêve dans l'évolution des délires. Notre observation, crovons-nous, est plus démonstrative encore. En effet, des procédés particuliers comme l'écriture automatique et le somnambulisme nous fournissent le souvenir exact et minutieux des rêves que nous avons pu à chaque moment de la maladie mettre en parallèle avec le symptôme pathologique correspondant. 11 s'agit donc bien ici d'une maladie par suite d'un rêve, d'une maladie du rêve. Le traitement a pu confirmer le diagnostic et l'interprétation des phénomènes en apparence si bizarres présentés par le malade.

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