INFLUENCE DE CETTE PENSÉE
de caractère, tous les accidents, tontes les idées fixes réapparaissent, les anesthésies, les amnésies continues, les aboulies et même les confusions de la passion somnambulique se développent. Sans doute, le sujet conserve un souvenir froid et banal du médecin qui* l'a beaucoup soulagé et chez qui il veut revenir le plus vite possible pour obtenir un soulagement semblable. Ce désir prend une forme très vive, 1res angoissante, à cause du caractère des malades qui ne peuvent contenir leurs passions et chez qui tout devient extrême. Mais cette passion somnambulique n'est plus déterminée par une action spéciale de l'hypnotiseur sur le sujet, elle est due à la cessation de cette influence. Ici encore je ne peux m'empècher de comparer ces phénomènes à ceux que fait naître la morphinomanie : le besoin de morphine qui suit la période de satisfaction est tout justement dû à l'aljsence du poison, à sa disparition d un organisme qui a besoin de cette excitation anormale.
Il résulte de ces remarques qu'une certaine pensée relative à la personne qui a déterminé le somnambulisme, pensée qui fait naître des sentiments spéciaux et qui a des caractères particuliers, non seulement accompagne la période d'influence, mais disparaît avec elle. Cette période est d'autant plus marquée que cette pensée est plus puissante. Il semble donc que cette idée de l'hypnotiseur joue un rôle considéiable, qu'elle dirige la conduite du sujet, exerce une action inhibitoire sur ses idées fixes, excite son activité et par lii même détermine indirectement l'amélioration de la santé, le développement de la sensibilité, de l'intelligence et de la volonté qui semble caractériser cette période.
.le crois même que ces phénomènes jouent un rôle considérabh; dans la suggestion elle-même. Quand j'ai étudié les phénomènes de la suggestion, je ne me suis guère préoccupé que des conditions générales (jui rendent tel individu suggestible; la faiblesse de la synthèse mentale, le rétrécissement du champ de la conscience jouent sans doute le principal rôle. Mais il est certain que, sauf chez quel([ues sujets très malades ([ui sont suggestionnés par n'importe qui, la plupart n'obéissent de cette manière qu'à une certaine personne et en particulier à celle qui les a fréquemment hypnotisés. Ajoutons même que, en dehors de certains cas particuliers, cette influence n'est pas éternelle, qu'elle existe surtout après les hypnotismes. Marguerite, Justine, Pk., B., etc., sont immédiatement transformées par une de mes pai-oles, elles voient ou entendent tout ce que je leur dis de voir ou d'entendre, il est bien évident
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qu'ollrs ne [JOurniuMif pas vivre dans la société si elles se comportaient de cette nKiiiièie avec tout le monde. Ce développement rapide de la siiogestion n'est chez elles qu'une manifeslation de •l"inlliuMico s()ninanil)iili(|ue. Les paroles que je prononce vont éveiller immédiatement tous ces sentiments et ces idées latentes que le sujet avait pour son hypnotiseur. Non seulement il n'y a aucune résistance, mais il y a un acquiescement tacite qui facilite singulièrement le développement automatique des images. Ce n'est tlonc pas uniquement la suggestion qui détermine tous les phénomènes de l'intluence somnambulique, ce serait au contraire, dans bien des cas, cette inlluence, cette domination de l'hypnotiseur <[ui déterminerait la suggestion elle-même.
Le besoin de direction chez les douteiirs.
S'il en est ainsi le problème est simplement reculé, car cette persistance de la pensée de l'hypnotiseur, la puissance de cette pensée, la soumission absolue du malade pendant un certain temps, puis la disparition complète de ces phénomènes et la souffrance du sujet qui regrette son esclavage, sont des faits psychologiques assez étranges. Peut-on les expliquer en les comparant immédiatement et sans Intermédiaires avec certains sentiments normaux qui produisent en apparence des phénomènes analogues. L'amour, en particulier, peut nous faire penser constamment à une personne et nous faire désirer ardemment son retour. Ces phénomènes sont-ils tout simplement des manifestations de la passion amoureuse ? C'est lit une question délicate sans doute, mais qu'il ne nous semble pas possible d'éluder.
(A)mme je l'ai déjà remarqué autrefois, « les malades que l'on hvpnolise peuvent avoir des sentiments de ce genre et même, il faut en convenir, il leur arrive quelquefois de donner à cette passion spéciah» dont nous parlons une expression banale qui rapiK'Ue celle des sentiments amoureux. Cehi me semble bien naturel, d'abord parce que le sentiment de l'amour, qui est très complexe, renferme quelquefois des plK'ndnièncs analogues à ceux-ci cl ensuite parce qu'il n'v a pas beaucou|) de numières d'exprimer un attachement vif pour une autre personne, surtout cjuand