‹ Nérvoses et idées fixesChapitre 164 sur 326 · LE HESOIN HE DIIIECTION CHEZ LES DOCTEURS · texte numérisé non relu

LE HESOIN HE DIIIECTION CHEZ LES DOCTEURS

elle est (ruii sexe diflerent'. » Il v a donc évidemment une certaine analogie entre ces phénomènes.

!Mais il faut aussi remarquer les différences. En premier lieu ce n'est là cpi'une expression de l'influence somnambulique parmi beaucoup d'autres. Certains sujets, comme on l'a vu, transforment leur attachement en sentiment filial, en sentiment de respect, de terreur superstitieuse, ou même en sentiment maternel. Il v a même des cas, rares, il est vrai, où les phénomènes essentiels de cette influence subsistent seuls sans faire naître aucun sentiment affectueux. J'ai connu une somnambule qui, pour un prétexte futile, m'avait pris en horreur et qui n'avait même pas pour moi le sentiment le plus banal de sympathie. Elle ne pouvait cependant se passer de moi et régulièrement était obligée malgré elle de revenir me chercher. 11 n'v avait chez elle que le seul sentiment de la peur, mais cette peur lui était indispensable pour arriver à vivre d'une façon régulière. Peut-on dire que le phénomène de l'influence somnambulique se confond avec tous ces sentiments divers ?

D'autre part on peut, dans certains cas, distinguer chez le même sujet l'influence somnambulique et la passion amoureuse propiement dite. J ai déjà raconté comment j'ai constaté que certaines malades, en apparence très passionnées pour leur hvpnotiseur, avaient d'autre part un sentiment non moins vif pour un amant et qu'elles se préoccupaient également de leurs rendezvous galants et de leurs séances ^omnambuliques. Les deux sentiments évoluaient l'un près de l'autre sans se confondre.

Enfin, ne faut-il pas reconnaître que ce sont là des affections l)ien bizarres? Voilà de singulières amours qui se développent régulièrement et à heure fixe chez tant de malades si différents les uns des autres, chez les personnes âgées comme chez les jeunes, chez les hommes comme chez les femmes. Ces sentiments développés si rapidement disparaissent périodiquement, pour réaj)paraître ensuite à volonté. Si l'on veut absolument faire rentrer ces phénomènes dans le groupe des sentiments affectueux, il faut au moins avouer ([ue ce sont des amours d'une espèce toute particulière.

Peut-ètie pourrait-on comprendre un peu mieux les faits 1. Slii;in(ites inc/ilaux des hystérifiues, IS^Jo, 159.

458 INFLUENCE SOMNAMI'.UIJOIJE

ol)S(M-vt's chez les hvsléri([iies hvpiiotisés, on les rapprochnnf (laiitri's laits moins ooniplcts présentés par d'autres malades. Si nous observons les |)ersonnes atteintes de ces variétés de délire désii^nées sous le nom de de-lire du doute, délire du contact, folie du scrupule, obsessions, etc.. ([ue j'ai souvent réunis sous le nom de //si/c/inst/iénifjiirs, nous allons trouver chez elles un fait tout à lait analogue à rinlluence somnambulique, ([uoique l'on ne prov()(|ue pas chez elles le sommeil hypnoticjuc; [)roprcment dit et (pu)i<pie l'on ne détermine pas chez eux de véritables modifications de la scnsiljililé. Legi'and du Saulle avait déjà remar([ué le bonheur singulier (jue ces malades éprouvent, quand ils font une visite à leur médecin ; ils lui posent chaque fois les mêmes questions, ils reçoivent les mêmes réponses et s'en vont satisfaits. D..., atteinte de folie du scrupule, me demande si réellement elle est très méchante, si tout ce qu'elle fait est mal, je lui certifie qu'il n'en est rien et elle s'en va contente. Ls... vient me voir pour me dire qu'elle a consacré ses enfants au démon et me demander si ce vœu. va être pris au sérieux et s'il est dangereux pour ses pauvres enfants; je lui cause du diable et des pactes ridicules et elle est rassurée. Qes... lève à tuer sa mère et craint d'exécuter un jour cet affreux rêve, il la ut lui prouver que cette idée ne se développera pas davantage et elle s'en va satisfaite, etc., etc. Tous ces malades, après avoir avoué leur délire, l'avoir entendu contredire, avoir été sévèrement grondés, sortent tout transformés. Quelques-uns comme Ls. .., par exemple, sont fatigués, énervés un jour ou deux, comme les malades hy|)notisés. Cette courte période traversée, ils ont rccouvi'é la volonté- et l'attention, ils sont débarrassés de leurs préoccupations, ils sont heureux. Mais ce bonheur est passager : bientôt, après un temps variable, les obsessions et les angoisses reviennent et des troubles absolument analogues à la passion somnambulique des hystériques se développent. Le malade ne peut plus résister et II revient se faire consoler et gronder par son médecin.

Beaucoup de ces psychasthéniques ne se rendent pas compte de leur maladie et ne s'adressent pas au médecin, mais ils trouvent c(;pendant une pers()nne ii qui ils coidienl la direction de leur cspiit. Bk., âgée de 20 ans, fdle d'un père alcoolique et épileptupic, ayant di-jii des atla(|ncs (;t des contractures hvstériques, va \()ir un jour rauMiôni(-r d'un hô|)ital t-t en reçoit ((uelques adnKMiestalions et (|uel<|ues bons conseils. ¥A\e se sent heureuse

Page 1