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LE BESOIN DE IHRECTION

que m'ont posées les malades, questions que l'on ne peut déclarer insig-nifiantes, quand on les voit déterminer de telles souffrances et de tels délires. Peu leur importe la réponse; pourvu qu'elle soit nette et décisive, ils sont immédiatement soulagés. Il faut leur commander jusqu'aux moindres actions : ne faut-il pas commander à Lee... d'uriner et lui indiquer les heures, car elle oublie cette opération importante. On comprend maintenant le rôle du dii'ccteur et comment il doit en réalité vouloir pour les malades.

Quand il s'agit (raccidents hystériques chez des malades anesthésiques, le rôle du médecin prend un aspect un peu particulier mais ne change pas de nature. Il doit encourager le malade à remuer ses mendjres paralysés, à reprendre la disposition de ses souvenirs, et surtout ;i prendre conscience de ses sensations. C/est ce que j'ai décrit depuis longtemps, quand j'étudiais ces restaurations de l'état complet des hystériques, c'est ce que M. Jules Janet a répété et expliqué si souvent en 1888-89. J'expli(|uais cette opération en disant qu'il fallait élargir le champ de conscience, exciter et diriger l'attention. M. Jules Janet employait, comme plusieurs autres auteurs l'avaient déjà fait d'ailleurs, des termes qui me seml)laient plus hypothétiques: il disait qu'il fallait réveiller les centres corticaux de la langue, du pharynx, de l'œsophage, de l'estomac chez une anorexique pour qu'elle puisse manger, (pi "il fallait lui rendre la sensibilité de son cerveau pour ([u'fdle put retrouv(^r ses souvenirs. Il est juste de dire que l'on réveille le cerveau, mais on le réveille en excitant des idées, en dirigeant les associations, en reconstruisant des émotions complexes ([ui mettent en jeu les images et les sensations. C'est toujours une influence étrangère (pii dirige un travail mental que le sujet est devenu incapable de faire tout seul.

Ajoutez à cette opération, dans certains cas plus complexes, l'inlluence de l'hypnotisme qui permet d'atteindre les impulsions subconscientes que le malade est bien incapable de détruire, puis- ([u'il ne sait même plus les comprendre, la puissance de la suggestion qui permet d'inhiber ces systèmes d'images et de les dissocie!', et l'on comprendra le service énorme rendu à l'aboulique. Cet individu, si l'on peut me permettre cette comparaison, ressemble ;i un roi trop faible dont la plupart des sujets sont en révolte continuelle et il est trop heureux de renconti-er une personne capable de commander aux révoltés. On peut s'expliquer

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