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LE BESOIN DE DIRECTION

Cependant Marguerite n'a pas d'attaque, se remet de son émotion et peut continuer sa promenade, mais tout son état mental est modifié. Elle ne se sent plus dirigée: « J'ai eu peur, me dit-elle, et crac, vous êtes parti, vous êtes disparu tout d'un coup, je me suis trouvée seule et désespérée ». L'hésitation est complète pour les moindres actions, elle n'a plus aucune décision, elle a perdu toutes les bonnes résolutions qui venaieiit d'être prises et n'accomplit plus aucune des actions <pii avaient été décidées. L'attention est nulle et la perception difficile. « Il fait de nouveau nuit dans ma cervelle, je cherche à penser et je ne peux pas. )) La mémoire est fortement troublée, il y a d'abord une petite amnésie rétrograde portant sur deux heures environ, supprimant le souvenir de la promenade et de la sortie de l'hôpital ; il y a en outre une amnésie continue, très incomplète, il est vrai, empêchant le malade de conserver des souvenirs précis des événements nouveaux. Enfin l'anesthésie a réapparu sur tout le côté droit, avec rétrécissement du champ visuel, syndrome de Lasègue, etc.

La même malade, dans une autre circonstance, se trouve également très bien après une des séances que je viens de décrire ; elle est « remontée », comme elle dit, et cette expression se comprend si on la rapproche de la figure précédente représentant les oscillations du ijiveau intellectuel chez INL La mère de Marguerite vient la voir au milieu de cette période d'influence et pour un motif quelconque la gronde. La malade se défend, se met en colère et tout est de nouveau perdu. « Je ne peux plus penser à vous, tout est dérangé. » On retrouve au plus haut degré tous les symptômes précédents.

Je prends ces deux exemples au hasard parmi un millier d'autres, car le fait est d'une banalité désespérante et il a dû happer tous ceux (jui ont essayé de « remonter » ces malades par une méthode quelcon(pie. Il se produit en efi'et, et cela est peu encourageant, quelque soit le procédé employé, que l'on ait endormi où non, que l'on ait détruit les idées fixes, que Ton ait provoqué suivant la méthode de M. Jules Janet, la restauration de toutes les sensibilités cutanées et viscérales, ou que l'on se soit tout simplement servi de suggestions ; le fait se produit chez les douleurs, les psvchasth('ni([ues qui nOiil j)as d(^ troubles de seiisibilitt', clini(pi(>ment a|)parcnts, ainsi que ch(>z h's hystériques anesthésiques. Une émotion forte détruit, supprime tout le travail

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(|iil iit'li' l;iil |)(Mi(l;ml ht si'niiicc |)r(''cr(lciil<> II n'y a de (liirrrcnce (|inMlans lii loicr (!<> Irmotioii lu'ccssairc pour ainoiior ce résultat, (llic/ les sujets très malades, eoniiiie M., ainsi (|ue je l'ai décrit dans un chapitre préct'di'ut, il sufïil de pres<jue rieu, une rencontre, un mot dt'satïreahle, une modification dans le travail, le plus lérrer ennui, la plus légère crainte pour faire réapparaître d"s {Ifdir'es, des (u<^ues, des annx'sies ('tendues, des contractures des muscles du tronc <'t des viscères, une anesthésie généralisée. Chez les malades bien traités, surveillés avec beaucoup de soin, (|iii ont déjà été « remontés » souvent, dont les idées fixes sont bien detiuites, chez ceux surtout, comme je l'ai obseivé (piel(|uelois, dont l'activité cérébrale a été reposée el fortifiée par des sommeils |)rolongés, les petites émotions n'ont pas autant d'efTet. INlais il n'en reste pas moins un fait fi-appant, c'est ([ui' I'imuoIu)!! est chez tous ces malad<>s, la grande laison, l'occasion constante des rechutes perpétuidles.

Comment comprendre ce fait ? Faut-il dire que l'émotion détermine une nouvelle idée fixe, celle de l'accident ? Ce n'est pas toujouis vrai; bien souvent ce sont simplement les idées fixes anciennes ([ui réapparaissent; dans beaucoup de cas il n'y a laicuni" idée fixe, mais simplement chute profonde de l'activité cérébrale. Faut-il dire ([ue l'émotion détermine une amnésie ? ctda est en partie vrai puis(|ue nous constatons prescpte toujours il la suite de l'accident un certain degré d'amnésie rétrograde et d'amnésie continue, mais l'amnésie ne porte pas sur les souvenirs de la séance précédente, sur le souvenir du directeur de conscience, pour([uoi donc a-t-il perdu son influence? Pour(juoi le sujet même avec une certaine amnésie portant sur deux heures, par exemple, ne reste-t-il pas raisonnable, ca|)able d'attention et de volonté, comme il était deux heur(>s au|)aravant. Pourquoi y a-t-il une desli'uction si |)iofonde de toutes les autres fonctions? Faut-il dire (pie l'émotion produit une anesthésie, cela n'est vrai (jue dans certains cas, (piand il s'agit d'hystériques prédisposés à ce ph(''noniène et cida n'csl pas vrai chez les douteurs qui présenlent cependani ce même effet général de l'émotion. Cela n'explicpie pas que le malade se serve si mal des sensations et des images (pii lui restent. Fnfiii ce n'est que la constation [)ure du fait : lé mot ion amène souvent des a nés thés les, ce nCst aucunement lexphcalion de cet eflet de I émotion. Fxpli(pierait-on mieux en disantquc l'émotion [)aralysc, engouidit les centres correspondant

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