COURBES P.VR,\DO\\LES
ses idées fixes. En réagissant ii des excitations tactiles faites sur une région sensible, elle présente après 30 minutes des niaxima de 34 et une moyenne toujours inférieure à 20. Il en est de même pour B., hystérique présentant des attaques, des somnambulismes fréquents et, en apparence du moins, perpétuellement distraite, elle conserve jusqu'à 30 minutes une moyenne qui dépasse à peine 20 avec des oscillations très minimes. Si on ne pousse pas l'expérience
F[G. 10. — Courbe des te
de réaction simple à dos excitation? auditives chez Cam. pendant 13 minutes.
jusqu'à 30 minutes, ce qu'il ne m'a pas été possible de faire toujours, si on se borne à des graphiques de 10 et 15 minutes, on obtient souvent chez des sujets très malades des courbes tout à fait comparables à celles que j'ai données comme normales (fig. 2 et 3). J'ai recueilli un très grand nombre de graphiques de ce genre, que je nomme pai-adojcanx, une cinquantaine jusqu'à présent ; je ne puis les décrire, ni surtout les reproduire tous ici.
Je suis, je l'avoue, extrêmement embarrassé par ce paradoxe expérimental et j'en ai essayé diverses interprétations. Faut-il croire que je me suis trompé en appréciant le degré d'attention de ces malades et sont-ils en réalité fort capables d'un effort d'attention prolongé ? 11 est difficile de l'admettre toujours en songeant à tous les faits qui démontrent leur rêverie perpétuelle, leur impuissance pour faire le moindre effort intellectuel.
D'ailleurs certains malades seraient à ce point de vue encore plus embarrassants, car tantôt ils nous fournissent des graphiques analogues à la figure i et tantôt ils nous donnent des graphiques semblables à celui de Pk. (fig. 9). Et ces différences peuvent survenir à un quart d'heure d'intervalle dans la même séance quand on opère de la même manière en déterminant les excitations tactiles au même endroit du corps, en enregistrant les réactions produites par la même main. Leur maladie de l'attention peut-elle disparaître et réapparaître aussi vite ?
!)'i I.\TTENTION FT I,F nilMMIIOrK DFS TFMPS DE RlvXCTION
Pcut-t'ti'f dans l'ei'taiiis cas, s"ai^it,-il (11111 ell'ort, d'iuio fixation inomenlaïK'r et de la concentiatioii passagère d'une attention faible sur un point délcrininc : cela est (juelquefois possible. Il me seinhie (|u il en est ainsi poui' les graphiques obtenus avec Justine; cette malade extrêmement disposée aux idées fixes, remar([ue elleinéme (juelle s'absorbe dans ce travail au point de ne plus rien voir, de ne plus rien entendre en dehors. En réalité elle devient anesthésique totale pendant l'expérience sauf au point excité et nous voyons là un fait analogue au rétrécissement du champ visuel par l'attention. Peut-on dire qu'il s'agisse là d'une véritable puissance de l'attention ? I.a mesure d'une attention qui se présente de celle manière demanderait au moins ;i être discutée. Mais cette explication même n'est pas admissible pour tous les sujets dont l'esprit ne se concentre aucunement sur l'expérience.
On peut se demander si ces différences dans les graphiques de l'attention ne s'expliquent pas par des modifications de l'état de conscience analogues au somnambulisme. Pk., par exemple, aurait été dans un état second, un somnambulisme pendant le graphique de la fig. 9. Je ne crois pas qu'il en ait été ainsi dans ce cas particulier, mais j'ai cheiché à vérifier si l'état de somnambulisme modifiait nettement les graphiques et les rapprochait de la fig. 9. Dans quelques cas, les sujets endormis sont moins distraits par les circonstances extérieures qu'ils ne l'étaient pendant la veille et le tracé est plus régulier. Mais le plus souvent cela dure peu, au bout de quelques minutes on observe chez ces malades même endormis les mêmes phénomènes de fatigue, et beaucoup de tracés, recueillis pendant le somnambulisme ont tout à lait le type des figures 4 et 5. Il est vrai que de temps en temps chez quelques malades on observe le type différent analogue à la figure 9 et 10, mais ce n'est pas la règle, et l'état de somnambulisme ne suffit pas pour les expli({uer. Si les inter[)rétations précédentes sont insuffisantes, il faut donc revenir à l'étude psychologique des sujets et chercher les phénomènes moraux qui accompagnent et déterminent l'une et l'autre forme de ces graphiques des temps de réaction.
Si on observe l'attitude des sujets pendant l'expérience, on constate (ju'ils sont loin de se comporter de la même manière.
Les uns semblent faire un travail pénible qui exige de l'efFort, ils ont la figure rouge et contractée, ils se plaignent de temps en temps et h la fin ils poussent un soupir de soulagement ; les autres au contraire restent parfaitement calmes et indifférents et ne se plaignent de rien. Or, ce sont justement les premiers qui nous fournissent les graphiques avec ascension irrégulière au bout de quelques minutes et les seconds qui ont des graphiques parfaitement réguliers jusqu'à 30 minutes. Il semble que l'effort ne soit guère utile et que l'on réussisse mieux par l'indifférence.
On arrive à la même conclusion singulière en interrogeant les malades sur ce qu'ils éprouvent; les premiers, ceux dont le graphique est très mauvais, déclarent souvent qu'ils ont fait de leur mieux. « qu'ils ne peuvent pas faire mieux que cela », « qu'ils en ont mal à la tète », qu'ils sont restés préoccupés tout le temps par l'attente du signal. Les autres avouent que cela les a ennuvés et que malgré eux ils ont pensé à une foule d autres choses.
Rien ne met mieux ce fait en évidence que l'expérience suivante faite dans des circonstances assez extraordinaires. Vk. est cette femme atteinte de délire religieux et d'attaques extatiques dont M. Raymond a décrit les contractures systématiques ' et dont le pied stigmatisé est reproduit un peu plus loin. Cette malade, que nons considérons cependant comme une hystérique, ne présente absolument aucune ancsthésie, elle conserve la sensibilité intacte même pendant les extases et même sur les régions du corps où se développent les stigmates. Elle est intelligente, capable d'une certaine attention et très désireuse de faire ce que je lui demande. Je prends avec l'appareil de Patrizzi la courbe de ses temps de réaction ii des excitations auditives irrégulièrement espacées, à peu près 8 à 10 par minute. Le sujet est très docile et peut faire tous ses efforts pour fixer son attention sur le bruit du signal sans s'occuper d'autre chose. Mais, après un quart d'heure à peu près, je m'aperçois qu'un incident non prévu va probablement déranger l'expérience: Vk. commence une attaque d'extase, Les veux se ferment ii demi, la tête s'incline en arrière et la fiofure prend l'expression de béatitude. Cette disposition à l'extase persiste un certain temps sans s'accuser, mais peu à peu le corps se soulève sur la pointe des pieds, le bras gauche s'élève horizonta-
1. Prof. Raymond, Lorons clinif/iies sur les maladies du syslèuie nerveux, 2" série, 1897, p. 724. Paris. Doin.
i;ATTENTtO\ r.T I.K CIUPIIIQUE DKS TF.MI'S \W. IIKACTION
Icincnt. Vk. se tlisposo ;i prciuln
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a souvent dans ses extases. Je suis
frappé de voir que son bras droit ^^^^^
ne se soulève pas autant qu
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dex continue à loucher l'interrupteur. Cela n'a rien de surprenant, car dans ses extases elle est cataleptique et l'on peut déranger les bras de la position de crucifixion et les mettre dans une autre attitude qu'ils conservent. Cette conservation partielle de l'attitude convenable pour l'expérience permet à Vk. de continuer h appuyer sur l'interrupteur h chaque signal, si bien que, malgré l'extase complète, le graphique continue ii
s'inscrire. J'ai pu continuer cette ^p expérience au moins bizarre qui
grande extase religieuse et cette séance a pu se prolonger pendant deux heures et demie. A ce moment le sujet a commencé à se réveiller spontanément et assez vite; mais par un étonnant respect de ses engagements il a continué pendant le réveil et après le réveil ;i répondre aux signaux, si bien (juc j'ai pu voir un graphique complet pris avant, pendant et après l'extase.
L'inscription <hi graphique n'a été suspendue c[ue ([uclqucs minutes pendant le temps nécessaire poiu' le changement du cylindre,
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\o i);ipiri- iivaiil rtr ri'mj)li trois lois. On voit le résultat de cette expérieiuM' dans la' figure 1 1 . Le graphique était trop long pour être repiodnit en entier, ee <[ui serait sans intérêt, car il conserve longtemps les mêmes caractères, .le n'en donne que 3 fragments (•aractéristi((ues. Le premier I d(; la figure II a été inscrit pendant l'état de veille, complète au début, incomplète ;i la fin. La courbe est loin d'être parfaite, sans offrir les grandes irrégularités des figures 't et 5. Elle reste en général entre 20 et iO centièmes de seconde, on note en A et en B de grandes irrégularités et même deux interruptions de la courbe; elles correspondent nettement à des distractions du sujet déterminées par des bruits qui se font dans la salle. Pendant (pie s'inscrit le fragment II, le sujet n'est plus dans son état normal ou du moins dans son état habituel, il a l'expression cxtati([ue et est évidemment envahi par des pensées religieuses (jue nous verrons plus loin. Le graphique est cependant plus régulier et plus bas, il reste longtemps autour de 20 centièmes de seconde. En C l'extase se développe complètement, le sujet se soulève, étend les bras en croix en laissant, comme on l'a vu, l'index droit en contact avec l'interrupteur; pendant ces mouvements les réactions sont très irrégulières et souvent interrompues. Mais l'extase est maintenant complète, le sujet ne bouge plus et nous obtenons le graphique III. La ligne est bien abaissée, elle est entre 10 et 20, et souvent au-dessous de 10. Mais on admirera surtout son étonnante régularité qui serait encore plus grande si l'insciiption des signaux en EE' avait été plus correcte; on remarquera aussi que le sujet n'a plus une distraction quoique j'aie fait exprès de grands bruits dans la salle, quoique je l'aie pincé à plusieurs reprises. Le point D correspond à l'instant du réveil et, quoique le sujet reprenne conscience et continue à vouloir obéir, les réactions deviennent immédiatement très irrégulières et très élevées.
Eh bien, est-il viaisemblable que Vk., pendant la crise d'extase, quand elle lève au ciel une figure pleine de béatitude, quand elle prend l'attitude do la crucifixion, apporte à mes signaux une plus grande attention (jii'au moment où elle est bien tranquillement assise sur un fauteuil ne pensant qu'à les écouter?
D'ailleurs elle se souvient en partie de ses extases et elle nous raconte les jouissances ineffables qu'elle vient d'éprouver. Au début de l'extase pendant le graphique II (fig. 11), comme je m'en doutais bien, elle s'est sentie envahie par les sentiments religieux: « J'ai
LA RÉACTIUN ALTOM VTIOUE fit)
senti une douceur inefTable sur mes lèvres, bientôt elles se sont collées; l'engourdissement est venu dans les membres, mais cet engourdissement est plein de douceur. C'est une volupté suave c[ui se répand partout et me fait comme nager dans une atmosphère de délices... )> Puis dans l'extase complète en III (fig. 11) : « J'ai vu, ditelle, le Saint-Sacrement, dans une lumière, un éclat, un rayonnement comme jamais on n'en voit et cela me pénétrait tout entière de sentiments inexprimables. Une voix intérieure m'a fait comprendre que par la communion je portais Jésus en moi et que j'étais comme un ostensoir vivant. » Mais je n'étudie pas ici les extases de cette malade, le phénomène est trop beau pour être décrit incidemment, je rappelle seulement que pendant cette extase elle a fait une longue méditation', non sans valeur philosophique et poétique sur l'union de l'àme avec Dieu. Je remarque aussi quelle en garde le souvenir et quelle se souvient également des bruits dans la salle et des pincements faits à ses bras. Quand je l'interroge sur le point qui nous préoccupe, son attention aux signaux et aux mouvements, elle me répond : « Je crois avoir toujours appuyé sur l'appareil comme vous me le demandiez, le bon Dieu a dû diriger ma main pour qu elle puisse vous obéir, car pour moi je ne pouvais plus y faire attention. »
En présence de ces faits qui ont une certaine netteté, je fus amené à penser que la perfection de la courbe pouvait bien ne pas être toujours due à l'attention mais dépendre souvent de labsence d attention et n'exprimer que la perfection de l'automatisme. C'est pour la vérifier que j'ai fait les expériences suivantes chez deux sujets que je savais présenter nettement des actions automatiques subconscientes.
Qe. est une jeune femme de 28 ans, atteinte d'hystérie fort grave, qui m'a déjà présenté des phénomènes d'écriture automatique. J'essaye de prendre son graphique de deux manières différentes. Tout est disposé de la même manière dans les deux cas, les signaux tactiles sont les mêmes, écartés de la même manière, appliqués de la même façon sur le même point du bras droit
1. Je ne discute pas ici la nature de la pensée pendant lextase, il est fort douteux que Vk. ait pendant l'extase des pensées nettes comme celles qu elle exprime à son réveil : il suffit pour la discussion présente de constater que pondant 1 extase elle a eu d autres pensées que celles des signaux.
lod i; vri'KNi'KiN I" r \.v. i;ii\i'iii(.)i:i-: dks ti;mi's dk kivxciion
(|iil a conserve une sciisihil ilc normale, rinsci'iption est identique. Mais dans le premier cas je la priais de faire attention au signal et dans le second cas je l'autorisais à rêver ce qu'elle voudrait. Le premier résultat le plus apparent c'est que dans le premier cas la malade se fatiguait vite et ne continuait qu'en se plaignant, ou s'arrêtait rapidement; dans le second cas au contraire elle n éprouvait aucune fatigue, ne se plaignait de rien et continuait l'expérience aussi longtemps qu'on le voulait. Les mouvements étaient accomplis dans les deux cas, mais dans le premier le sujet en avait pleine conscience et se souvenait de les avoir faits aussi vite que possible: dans le second le
1 iG. 1"2. — Coiuhe clos temps de réaction à des excitations lacliles avec oITort d'attention
consciente clicz Oe.
sujet ne savait pas ce qu'il avait fait cl ne se souvenait d'aucun mouvement ni d'aucun elFort. Après la seconde expérience qui avait duré 15 minutes, pendant hujuelle elle avait fait 3;30mouvements de réaction, (^c. me demandait pourquoi je lui avais laissé l'appareil (hins la main el pourquoi elle sentait sa main fati'J-uée. En un mot dans !«• premier cas les mouvements étaient conscients, dans le second cas ils ne l'étaient pas ou du moins rentraient dans ce vaste groupe des pliéiu)mènes subconscients dont j'ai souvent indiqué l'importance chez les nudades hystériques.
En outre les graphicpies sont bien diU'érents dans les deux cas.
Le premier (fig. 12) obtenu avec le maximum d'attention consciente est tout à fait un graphique de forme hystérique entièrement analogue à la figure 8. Les temps de réaction très courts et très réguliers pendant 4 minutes deviennent très grands, très irréguliers, oscillent de 20 à 140 centièmes de seconde pendant les six dernières minutes; la moyenne au-dessous de 15 pendant 4 minutes
Fig. 13.:' — Courbe des temps de réaction à des excitations tactiles chez Qe, les mouvements sont exécutés d'unej manière subconsciente.
monte h 60 et 70 à la fin. Au contraire, dans le second graphique (fig. 13), les temps de réaction qui débutent près de 20 arrivent rapidement à 10 et oscillent à peine entre 9 et 17; la moyenne se
Fig. 14. — Courbe des temps de réaction à des excitations tactiles cliez Rou. Les excitations "■et les mouvements ont lieu du côté sensible.
maintient pendant 15 minutes au-dessous de 15. N est-ce pas un graphique entièrement différent du précédent, et ce graphique des temps les plus brefs et les plus réguliers a été obtenu non
i.\tti:mi(>\ f.t i.I' cummiioi k dfs tf.mi's dk ukaction
siMilcmciit ptMuhiiil l:i distraction conipK-te du sujet, mais à son insu [XMidant une pc riodc de subconscience.
Le nirme lail peut se démontrer encore en répétant cette même expérience dune manière peut-être plus saisissante. Le malade Rou. est sensil)lo du côté oauclie mais anesthésique du côte droit, cette anesthésie hystéri({uc, comme je Lai montré dès l88Get 1887, laisse subsister très souvent des sensations et des mouvements subconscients, on peut donc répéter notre expérience en faisant d'abord des excitations sur le bras gauche, tandis que les mouvements de réaction se font de la même main gauche, puis en déterminent les excitations et les mouvements à droite du côté anesthésique. On obtient ainsi deux graphiques (fig. 1 't et fig. 15) qui sont tout à
FiG. I.'). — Courbe des temps de réaction à des excitations tactiles cliex llou. Les excitations et les mouvements ont lieu du côté anesthésique.
fait semblabbîs, le premier à la figure 12, le second à la figure 13. Ici encore les sensations non senties consciemment ont donné lien à des réactions plus courtes et plus régulières que les sensations perçues avec attention consciente.
On pourrait rapprocher tous ces faits de la remarque intéressante qui a été faite par Ludwig Lange. Cet auteur a montré que dans certains cas au moins les réactions sont plus longues quand le sujet fait attention au signal et moins longues quand la pensée ne se dirige que sur la réaction motrice. Cette comparaison est d'autant plus juste que AL Lange, si je ne me trompe, considère la première réaction dite sensorielle comme plus volontaire et la seconde comme plus analogue à un réflexe cérébral. Cependant celle rcnKir(|Mc ne s'applique (pfcii partie aux faits précédents: il est vrai que dans les premiers graphiques, les plus irréguliers, les sujets font attention au signal, mais je crois que dans les seconds, les plus régidiers, nos malades vont |»his loin (pie les sujets de M. Lan^c et ne font attention :i rien du tonl.
On pourrait expliquer un peu mieux certaines de ces courbes paradoxales, celles qui ont été obtenues en déterminant des impressions soit sur des régions de la peau fortement hypoesthési- (|ues, comme le graphique (figure 9} soit sur des régions tout à fait anesthésiques comme la figure 15. Je dirais que dans ces cas les muscles du bras (jui exécutent les réactions sont très anesthésiés et que la conscience ne perçoit plus les sensations de fatigue ([ui accompagnent leurs mouvements. Ce serait l'absence de cette sensation de fatigue qui permettrait au sujet de continuer indéfiniment l'opération en conservent des réactions aussi brèves. On pourrait rapprocher cette expérience d'un fait curieux autrefois signalé par Charcot et Paul Richer et que j'ai vérifié maintes fois. Si on prend le graphique de la respiration et en même temps celui des mouvements du bras chez un sujet qui tient un bras levé en lair, on constate rapidement que sous l'influence de la ù\ùguc, la respiration s'accélère, tandis que le bras se met à trembler. Au contraire, le même graphique obtenu chez un sujet qui a de lanesthésie musculaire et qui présente des phénomènes cataleptiques ne montre ni troubles de la respiration, ni tremblement. La suppression de la sensation de fatigue a enlevé les avertissements qui déterminaient les modifications de la respiration et a permis de conserver indéfiniment la courbe du début. Cette explication renferme une partie de la vérité. Il est certain que, au moins au bout d'un certain temps, la sensation de fatigue musculaire gène un peu les sujets et qu'il est plus facile de répondre correctement, si on peut ne pas s'en préoccuper. D'autre part cette explication nous fait déjà remarquer une chose essentielle, c'est que ces deux courbes que nous comparons, quoique prises dans des conditions identiques en apparence, ne sont pas complètement comparables. T/opération que doit faire le sujet est plus sinq^le dans lun des cas que dans l'autre, puisque dans l'un des cas il y a un élément de moins qui est la sensation de fatigue nnisculaire.
11 reste à voir si cette différence dans les deux opérations, cette simplification de l'une d'entre elles tient uniquement dans tous les cas à cette disparition de la seule sensation de fatigue. En premier lieu toutes les courbes paradoxales n'ont pas été obtenues sur des anesthésiques : les figures 10, 11, 13 sont le résultat d'impressions faites sur des membres sensibles même à la fatigue. Qe. après et pendant l'expérience, (pii a fourni la figure 13,