LES A HOU LIES
|)Oii ncrvoiiso. Pv. fnl toiijoiiis Irî-s disposée à la colèi'o depuis son enfance; réglée à 16 ans sans accident, elle se nionlra fort nerveuse, riant et pleurant à tout propos et elle coiiliiuiail à se mettre en rage pour le plus simple prétexte, cependant elle travaillait et était une ouvrière assez estimée. Klle se laissa entraîner par un individu et eut une petite fille qui a maintenant 3 ans.
Tout alla assez bien jusqu'à l'âge de 35 ans. Il y a 6 mois, la personne fjui vivait avec elle chercha des prétextes pour rompre et en définitive lui laissa entendre par une lettre qu'il l'abandonnerait elle et son enfant. Voici des conditions bien simples : pas de maladie infectieuse, raccouchement a eu lieu il v a 3 ans et sans suites fâcheuses, pas de maladie nerveuse antérieure, car en réalité ses colères et ses pleurs n'ont jamais constitué de la véritable hystérie. La maladie actuelle est déterminée uniquement par l'émotion, le chagrin d'une rupture. Ce chagrin n'est même pas compliqué de crainte d'avenir car Pv. s'est toujours suffi jusqu'à présent et n"a jamais compté sur son amant. D'ailleurs elle a une famille qui s'occupe complètement d'elle et de son enfant. Il n"v a que le chagrin de la rupture avec la déception, l'humiliation et la jalousie qui s'y ajoutent.
Dans ces conditions, cette femme présenta d abord une obsession délirante, ne parlant nuit et jour que de son amant, faisant mille folies pour le revoir et pour lui écrire. Ce qui a beaucoup aggravé son état, à notre avis, c'est c[ue par un mauvais sentiment des choses, la rupture ne lui a jamais été signifiée avec netteté. Elle passa son tenq)s à combiner des réconciliations qui d'ailleurs ont sei\iblé réussir deux ou trois fois. Bientôt, Pv. changea complètement de caractère et elle entra peu à peu dans un état tout à fait anormal que l'on ne désigne pas avec assez de précision en l'appelant un état neurasthénique. D'abord, la voici qui se sentit incapable de travailler à son métier; autrefois bonne ouvrière modiste, maintenant elle ne savait plus toucher un chapeau, elle pleurait, trépignait, criait dès qu'elle tenait une aiguille. Elle renonça complètement à tout travail, tout en se répétant sans cesse que ce travail lui était plus indispensable ([u'antrefois. C'est là une impuissance spéciale souvent remarquée; on l'appelle ([uel({uefois 1 impuissance professionnelle (Levillain). Il serait plus juste de dire que c'est une aboulie systématique comparable, comme nous le verrons d'ailleurs, aux amnésies et aux anesthésies systématiques.