LES A150L'L1KS SECONDAIRES
faisait ses emplettes au bazar de l'Hôtel de ville, on lui a volé son porte-monnaie dans sa poche. Son émotion et son désespoir n'ont pas été en proportion de ce petit malheur. Ses règles qu'elle avait à ce moment se sont arrêtées brusquement et pendant huit jours entiers elle a refusé de rien manger. Elle ne pensait qu'à ce malheureux porte-monnaie, repassait les circonstances de l'accident, se faisait des reproches, combinait ce qu'elle aurait dû faire pour arrêter le voleur, etc.
Au bout de trois ou quatre semaines l'idée fixe semble diminuer de netteté, quoique la malade ait toujours l'esprit tourmenté. Mais Cou. reste toute déséquilibrée et tout impuissante, ne sachant plus rien faire et n'arrivant même pas à se décider à dormir. Point de crises de nerfs, point de stigmates d'hystérie proprement dite. Ce ne sont toujours que les symptômes de l'aboulie à un degré assez fort et visiblement en rapport avec l'obsession du début. Ce cas nous rappelle une observation presque semblable déjà publiée par l'un de nous, celle d'une brave concierge qui avait perdu toute activité et qui ne sortait plus de son lit. Le médecin avait cru, nous ne savons pourquoi, à des rhumatismes et avait tout expliqué par l'humidité de la cour, or, la pauvre femme s'était laissée enjôler par quelque chevalier d'industrie et lui avait confié toutes ses petites économies. Son état aboulicjue fut immédiatement modifié dès que nous avons pu la décidera mettre l'affaire entre les mains du propriétaire et à ne pas méditer ellemême sur des problèmes de jurisprudence qui n'étaient pas faits pour son esprit. On réussit ainsi fort bien à modifier ces aboulies secondaires quand on peut faire disparaître tout à fait la cause de la préoccupation qui inhibe pour ainsi dire la pensée ; malheusement ce n'est pas toujours une chose facile.
Observation \ \ . — État d'aboulie par émotion persistante.^ KtnolivUé, rupture avec un amanl, obse.'i-sion délirante, disparition du travail, acjitation incohérente^ troubles de Vattention, troubles viscéraux, traitement.
Voici un cas qui nous montre bien ce que peut être l'aboulie secondaire consécutive à une émotion et à une idée fixe. Cette jeune femme de 36 ans, Pv., ne présente guère de tares héréditaires : rien à noter du côté du père, la mère était seulement un