‹ Nérvoses et idées fixesChapitre 21 sur 326 · I. Revue philosophique, 1889. II, 38. et II · texte numérisé non relu

I. Revue philosophique, 1889. II, 38. et II

lor, i;attfntk)N et le graimikhe des temps de réaction

ment de réaction peut évidcninient être en rapport avec ces phénomènes supérieurs, il en est ainsi de tout mouvement même le plus simple. Mais il n'en est pas nécessairement ainsi et le mouvement de réaction peut aussi être en rapport avec des phénomènes psvchologiques infiniment plus simples. Aussi la courbe dos temps de réaction peut-elle être équivo([ue car elle peut avoir deux ou plusieurs significations, ce qui n'est guère le caractère d iiiie bonne mesure.

Au lieu d'accepter simplement la mesure que le graphique nous donne, nous sommes forcés de l'interpréter. Il nous faut supposer, par exemple, d'après l'attitude du sujet et d'après l'irrégularité du trace que le graphique 5 exprime réellement l'elTort d'attention consciente, au contraire, nous soupçonnons que les mouvements ont dû être subconscients dans le graphique 9, ce qui expliquerait sa perfection. Mais dans bien des cas il nous est fort difficile de savoir de quelles manières ont été faites les réactions, il est même fort probable que les deux sortes de réactions se sont plus ou moins mélangées au cours d'une expérience. Dans plusieurs de mes graphiques j'observe sur une partie de la courbe des caractères analogues à ceux de la figure 9, tandis que, à côté et même auparavant, on observe les caractères de la fatigue qui accompagne chez ces malades l'attention consciente. Voici comment s'exprime un sujet après une expérience qui a duré 30 minutes : « J'ai bien essayé de faire attention tout le temps comme vous me le demandiez, mais je n'ai pas pu, il me prenait des engourdissements et j'ai rêvé à une foule de choses assez vagues. Mais cela ne lait rien puisque je serrais tout de même ; au contraire quand je faisais attention je m'embrouillais, quand je ne faisais pas attention cela marchait tout seul et je n'étais pas fatigué du tout. )) Son graphique serait curieux à analyser à ce point de vue, car mon interprétation, si elle était vraie, aurait un résultat inattendu. C'est de nous faire considérer comme le résultat de l'attenti<Mi consciente certaines parties de ces graphiques où la courbe est élevée et le temps de réaction irrégulier, et au contraire de nous faire considérer comme le résultat de l'automatisme, de l'absence d'attention certaines réactions (jui sont particulièrement brèves. Sans doute je suis loin de penser qu'il faille transformer cette remarque en règle générale. La loi exprimée par Wundt d'après laquelle l'attention abrège le temps de réaction reste vraie. Mais il suffit que d'autres circonstances, et en particulier l'activité automatique.

puissent également produire le même résultat pour rendre bien arbitaire une mesure de l'attention par le calcul des temps de réaction.

En résumé, l'étude des temps de réaction disposée de la manière que j'ai indiquée nous donne des graphiques intéressants qui fournissent certains renseignements précieux sur l'état d'esprit des sujets, qu'ils soient malades ou considérés comme normaux. Mais ces graphiques ne nous donnent pas immédiatement et mécaniquement une mesure de la puissance de l'attention. Ils ont besoin d'être interprétés et discutés en tenant compte de tous les autres renseignements que nous fournissent d'autres expériences. Il faut se défier d'un danger ([ue nous signalons et dont dilTêrents auteurs qui ont étudié les temps de réaction ne me semblent pas s'être préoccupés suffisamment. C'est que les petits mouvements simples en rapport avec une excitation peuvent très facilement devenir des mouvements automatiques, tout à fait subconscients. On semble croire que ce danger n'existe que dans un cas quand les excitations sont rvhtmées, il n'en est rien, ce caractère peut se présenter pour n'importe quelles excitations. En mesurant les temps de réaction, on a plus souvent qu'on ne le croit mesuré des phénomènes automatiques.

En faisant cette remarque dans un précédent travail sur l'attention * j'ajoutais que l'attention ne doit pas, à mon avis, être confondue avec ces phénomènes automatiques dont elle serait plutôt l'opposé. L'attention ne se borne pas à. maintenir une image présente dans l'esprit, mais elle travaille encore à combiner cette image avec les autres, à constituer des synthèses qui deviendront plus tard le point de déparv d'un nouvel automatisme. Cette conception de l'attention que j'avais soutenue dans mon travail sur l'automatisme psychologique, 1889, me semble avoir été confirmée par quelques-unes de mes études sur les abouliques, elle rend difficile la mesure mécanique de l'attention par un procédé unique. Les méthodes élégantes et mathématiques ne sont pas toujours les plus sures en psvchologie. C'est ce que M. Santé de Sanctis a bien compris, quand il demande tout un ensemble d'expériences portant sur diflérents aspects ou différentes parties

1. Pierre Janet, article « Attention » dans le Dictionnaire de physiologie de Ch. Richet, 1895, t. I, p. 835. Paris, F. Alcan.

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de rattcMilion '. ('.file mesure sern juni îi peu décomposée et on étiulieiii isolemeni cIkumiiu' des opéiiitions ou des fonctions qui coiit rihueiil ii loinier ce (|ue nous ;ippelons d'une manière beaucoup trop viit^ue rattention.

Kn altendant qu(^ les règles de cette analyse soient bien lorniulées, il sera pendant longtemps impossible de se passer de l'observation précise des actes, de la conduite et des paroles du sujet, (lar, seule, cette observation peut éclairer les résultats fournis par les méthodes les plus précises.

1. Santc (Je Saiictis, l.o aludio sjjei iiueiitale deW attcnzionc. Ronia, liS'.)5, p fi.

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