Tremblements par émotivité
Observation 89. — Tremblement émotif. — Grand tremlAement de (ouf le corps, antécédents, émotivité déterminant des crises de tremblement (jénéralisé.
Voici un tremblement qui nous paraît tout différent. Cet homme de 31 ans, Scho., est coiffeur de son métier et il a bien de la peine à exercer sa profession à cause d'une infirmité déplorable. Voyez comme il tremble de la tète, de la bouche (on entend le claquement des dents), des mains, des pieds, de tout le corps. S'il tremble ainsi quand il veut raser un client, ce ne doit pas être très rassurant pour celui-ci.
Le malade : « Oh ! je ne tremble pas toujours comme cela... Cela
va passer C'est parce que je viens d'entrer et que je vous
ai vu je tremble comme cela... avec les clients nouveaux
que je ne connais pas bien avec les vieilles connaissances,
cela va mieux.
— Ah ! tant mieux, mon garçon. Mais, y a-t-il des moments où vous ne tremblez pas du tout ?
Le malade : Certainement, le plus souvent, quand je ne vois personne, quand on ne me parle pas, quand je ne dois pas répondre, quand je ne dois pas travailler.
— En un mot, vous ne tremblez pas quand vous n'avez rien à faire, quand vous êtes tout à fait tranquille. »
Revenons un peu sur les caractères de ce tremblement et sur l'histoire de ce g-arcon. C'est le fils d'un homme continuellement
ivre et d'une mère très nerveuse qui a des tremblements comme lui.. Il aun frère qui ne tremble pas, mais qui se saoule comme le père. Quant à lui, ce fut toujours un garçon très intelligent, plein de bonne volonté, qui aurait très bien réussi sans une déplorable infirmité : une timidité poussée jusqu'à la maladie. Il éprouvait toujours d'horribles souffrances devant un inconnu, s'émotionnait jusqu'à en perdre la tète et tremblait de tous ses membres. Jusqu'à l'âge de 20 ans, ses émotions ne duraient guère; il reprenait assez vite possession de lui-même. Mais ii cet âge, il
:iU TllF.MIU.EMENTS ET CIIORÉES
attrapa un chancre à la verge et une syphilis de moyenne intensité. Vous savez, d'après h>s reniar([ues du P'" l'ournier, «pieUe inlluence h» syphilis a sur ces teniprranients, comment elle (ail naître des troubles neurasthéniques et hystériques fort graves. Ces troubles dépendent à la fois de Taclion du virus et plus encore peutêtre, à notre avis, des inquiétudes, des soucis de mille espèces que cause la maladie. Notre homme eut des cauchemars, et même des somnambulismes la nuit, il devint mille fois plus émotionnable qu'il n'était. La moindre des impressions détermine chez lui des angoisses, des peurs, et ces émotions se manifestent surtout par un caractère, c'est-à-dire par le tremblement qui a pris des proportions exagérées et qui se prolonge quelquefois plusieurs heures après l'émotion. Vous voyez donc que son tremblement ne ressemble pas à celui des malades précédents. Il n'est pas limité à certains membres parésiés. Il est général, et nous ne constatons sur les membres aucune faiblesse. Cet homme est d'une force moyenne et ses bras qui, depuis qu'il est rassuré, ne tremblent plus guère, marquent 35 et 10 au dynamomètre. Il n'y a point trace d'anesthésie au moins appréciable à une investigation clinique. L'iiestliésiomètre nous donne 30 de chaque côté au poignet. Son tremblement ne dépend donc pas d'une faiblesse permanente, il est purement émotionnel. Nous ne chercherons pas pourquoi l'émotion fait trembler. Vous savez que c'est l'objet d'une grosse querelle entre les physiologistes. Nous constatons seulement que chez tous les hommes l'émotion fait trembler. Or, il est certain que cet individu est, au suprême degré, un émotif, un faible, si vous voulez, incapable d'arrêter le développement automati([uo de tous ces phénomènes psychologiques et physiologiques associés entre eux qui constituent l'émotion. Le tremblement n'est pas permanent, il est intermittent comme l'émotion elle-même.
Obskuvation 90. — TrQmblement à la suite de colères. — Ciraphique du trcni/)lciiieiil, (/r;ij)/ni/iH' d'un Ircmhivincnl rcgiiîier, hypoeslhêsie, querelles avec les ])urenls, colères.
Voici un tremblement qui paraît assez fort chez cette jeune fdle, Chp., âgée de 18 ans. Nous en avons pris le graphi([ue que vous voyez dans les figures 24 et 25. Vous voyez que les oscillations sont grandes, plus grandes à la main droite qu'à la main gauche