CONTRACTURE DU COU EN ARRIÈRE
encore d'une contracture hystérique delà nuque. Nous n'insistons que sur l'évolution.
Il s'agit bien entendu d'une névropathe qui a été bizarre, paraitil, depuis sa naissance. Elle a eu toutes sortes d'accidents, névralgies, vomissements incoercibles, alternative d'obésité et d'amaigrissement, crises de nerfs de temps en temps, à la suite d'émotions. Nous ne signalons que le dernier incident. Cette dame dirige un atelier de couture et se montre très bonne et très bienveillante pour ses ouvrières. Il y a 7 mois, une de ces dernières vint lui demander assistance dans un grand malheur. Son père s'était coupé un doigt en travaillant, et il avait présenté peu après les svmptômes du tétanos. On l'avait transporté ;i la Pitié et il agonisait. Lqu. crut de son devoir de consoler l'ouvrière, de s'informer de la maladie de son père, et de l'accompagner à plusieurs reprises à l'hôpital. Dans le petit monde de Tatclier, on ne parla plus que du tétanos. Le malade mourut et Lqu.. avec beaucoup de générosité, accompagna son ouvrière à l'amphithéâtre, pour reconnaître le corps et le faire inhumer.
C'était là plus d'émotions qu'elle n'en pouvait supporter. Elle rentra épuisée et effrayée, elle vomit ses repas pendant deux jours, ses règles qui avaient commencé s'arrêtèrent, et elle resta épouvantée en pensant que le tétanos était contagieux. Pendant un mois, elle a des rêves et même des délires qui se présentent dans des sortes d attaques hystériques. Elle prétend qu'elle a le tétanos, elle en décrit les symptômes, le resserrement des mâchoires, le trismus, la raideur de la nuque ; elle prend ses dispositions pour son enterrement, etc. Il est curieux de voir comme la préoccupation d'une chose terrifiante amène les malades à faire tout justement ce qui les effraye le plus. Vous connaissez cette histoire si souvent racontée : un individu très [)oltrou marche la nuit dans un grand couloir obscur, une bougie ;i la main. 11 songe avec terreur qu'il serait bien malheureux si sa bougie s éteignait, et dans sa terreur de voir sa lumière disparaître, il souffle sur elle et l'éteint. On a souvent étudié des faits de ce genre à propos de l'association par contraste, à propos des vertiges, à propos du développement des éléments contenus dans une idée. Notre malade nous présente quelque chose de tout à fait semblable. Elle a une peur horrible des blessures au doigt qui peuvent causer le tétanos, comme il est arrivé au malheureux t>uvriei', et sous l'empire de ce sentiment, elle prend clle-'même des ciseaux et elle se
coupe la peau du doinl ; puis la voilà «rémissanl et hurlant, criant qu'un grand malheur lui est arrivé et (ju'elle va avoir le tétanos. Dans une première période le Irouhle des mouvements s'est manifesté par une sorte de choréc des muscles de la nuque. La tète se rejetait subitement en arrière puis retombait. En un mot le spasme était d'abord intermittent. Ce ne fut ([ue lentement, quatre mois après l'émotion, que la contracture s'installa d'une manière permanente de manière à réaliser l'attitude renversée de la tète que vous voyez maintenant.
Nous n'insistons pas sur le traitement de ces malades qui en général a été simple. Le premier, l'homme, a guéri tout seul à la suite d'une violente secousse qu'il a éprouvée en essayant de soulever de nouveau un fardeau qui est retombé brusquement. Une nouvelle émotion a bouleversé le système permanent de l'ancienne. Les deux autres ont été traitées ici par des massages des muscles contractures, par des pratiques aesthésiogéniques qui avaient pour but de diriger l'attention des malades sur les sensations musculaires en partie dissociées et par des suggestions ayant pour objet de supprimer l'émotion systématique persistante. La contracture a disparu chez les deux, mais chez la dernière persiste une émotivité très grande et une très grande disposition à recommencer des accidents du même genre.
Observation 129. Contracture systématique de la hanche et de la cuisse gauches. — Tics, chorée, cl esc n'p lion de la. chorêe, conl raclures, aUilude de la cuisse gauche, réparlilion de la sensibilité, dyseslhésies, association des sensibilités, interprétation des dyseslhésies, interprétation des mouvements choréir/ues et des contractures, masturbation, émotion systématicfue de la masturbation, développement de l'émotion systématique après des fatigues et des tristesses, paralysie des muscles du tronc du côté gauche, anesthésies, rapports de la paralysie et de la contracture.
Voici une jeune fille de 25 ans, ly., dont l'observation est extrêmement complexe. Il s'agit de troubles intellectuels, de délires, de troubles de la volonté et de l'attention, très variés et souvent très bizarres. Ajoutez toutes sortes de perturbations du mouvement et de la sensibilité. L'un de nous se réserve de faire un jour sur cette malade une étude plus complète et nous désirons