‹ Nérvoses et idées fixesChapitre 265 sur 326 · CONTRACTURE SYSTEMATIQUE DU COU EN ARRIÈRE · texte numérisé non relu

CONTRACTURE SYSTEMATIQUE DU COU EN ARRIÈRE

tilde qu'elle conserve. D'ailleurs la permanence de cette flexion en arrière lui cause à peine quelque fatigue. Comme il arrive très souvent, les muscles contractures sont à peu près indolores et ne deviennent douloureux que si on essaye de les masser et de détruire le spasme. Nous n'insistons pas sur la diminution de l'acuité des organes des sens, sur le rétrécissement du champ visuel à 50°, sur les troubles de la nutrition et du sommeil. Cette malade presque entièrement anesthésiqiie est très dormeuse, elle a des sommeils profonds dont il est diflicile de la tirer le matin et serait heureuse si on la laissait se rendormir dans la journée. Ce sommeil, d'ailleurs, paraît naturel quoicjue très profond. Vous savez que les hystériques ont des exagérations du sommeil comme des diminutions.

Nous n'insistons que sur l'origine de cette contracture des muscles de la nuque. Il s'agit d'une femme toujours délicate et nerveuse, qui ne se portait bien, c'est un fait à remarquer chez les nerveuses, que si elle pouvait dormir profondément et longtemps. Depuis l'âge de 30 ans, elle était troublée et mécontente à cause d'une situation pénible dans une école. Elle eut à soigner sa mère, gravement atteinte de fièvre typhoïde et dut supporter bien des nuits d'insommie, ce qui bouleversait toujours son état nerveux. Dans ces circonstances, étant d'ailleurs au moment de ses règles, elle est tombée dans l'escalier sur le dos. Quand on l'a ramassée, le cou portait sur l'angle d'une marche et la tète était renversée en arrière. Les règles furent arrêtées, elle resta plusieurs jours courbaturée et souffrante, mais parut se rétablir. La seule chose qu'elle conserva au début fut une émotivité morbide, une peur exagérée de tomber, un sentiment de vertige qui l'empêchait de monter ou de descendre les escaliers. Il est h remarquer que, pendant les mois qui suivirent, cette émotivité un peu particulière, ou si vous préférez cette émotion systématique de la chute, détermina des rêveries et des rêves portant toujours sur le même point. Ainsi elle rêvait toujours qu'il arrivait dans son école des accidents par des chutes, qu une enfant tombait dans les cabinets et qu'on ne pouvait plus l'en retirer, qu'une enfant avait la tête cassée dans l'escalier, qu'une enfant recevait sur la nuque un tableau noir décroché du mur, etc. Nous observons avec intérêt qu'à cette époque elle n'avait pas de véritables contractures et qu'elle se tenait droite. Ce n'était pas la contracture existante actuellement qui déterminait cette direction des rêves, c'était

une émolion spécialisée qui persistait, qui entraînait avec elle la peur dans les escaliers, les vertiges, les rêves de chutes, et probablement déjà (juelques troubles dans la sensibilité des muscles du dos et de la niKjiie. L'émotion, nous le savons, dissocie les phénomènes psychologiques et tend à séparer, à faire vivre à part, certains systèmes de sensation et d'images.

Cet état se développa lentement pendant un an, s'accompagnanl de tous les troubles de l'émotivité : inén;ularité des rècles, angoisse respiratoire, troubles digestifs. Enfin, un an apiès, au même mois de juin, comme par un malheureux hasard, la malade a recommencé une chute semblable dans Tescalier, mais beaucoup moins grave. Nous savons combien ces malades aiment à célébrer les anniversaires de leurs émotions en les recommençant. Nous avons déjà cité de nombreux exemples de ce fait, qui dépend tout simplement de l'association des idées. Toujours est-il, qu'après cette seconde chute, la malade refusa de marcher et garda en permanence Tatlilude que vous lui voyez : la contracture systématique s'était établie. Vous remarquerez encore ce petit fait assez curieux et très fréquent : depuis que l'accident physique est bien constitué, la malade ne rêve plus des chutes et l'état émotif semble avoir diminué. C'est en réalité, croyons-nous, que l'anesthésie est devenue plus complète et la dissociation plus nette. La contracture des muscles de la nuque a été l'aboutissant d'une idée fixe ou d'une émotion systématique persistante relative à la chute en arrière dans l'escalier.

Observation 12S. — Contracture du cou en arrière. — Anesthésie, diilcccdenls, cmolton ciiisce j),ir un (;i.s de léhinos, iiniLilion du lèlnnoH, chorce des niusclcs de la ?}ii(/iie, coidradiii-e permanente, trailenieni.

Encore une femme de 27 ans, L(|u., (jui a la tète renversée en arrière, et qui ne peut plus la baisser. Même contracture des muscles de la nu(jue avec anesthésie incomplète de ces muscles qui deviennent très douloureux quand on essave de les faire céder, avec (liMiituition (h> hi scnsibililt' de la peau de ces régions. Antécédents très nets, crises convulsives, choréc, en particulier chorée dans ces mêmes muscles de la nuque. En un mot, il s'agit

Page 1