CONTRA.CTLRE DE LA HANCHE ET DE LA CUISSE GAUCHES
la cuisse oauche par exemple Iv. ne distingue les deux pointes de rapsthésiomètre (|u'à 80 millimètres. On observe surtout des plaques de dvsesthésie, c'est-à-dire des régions où la sensibilité est non seulement émoussée, mais présente un caractère particulier. Les attouchements sur ces régions déterminent des sensations pénibles, gênantes et d'une nature spéciale. Sur le flanc gauche se trouve une plaque de ce genre dont le contact est simplement douloureux; sur la cuisse droite se trouve une plaque ovale où la malade sent une chaleur continuelle, le contact y est perçu comme une brûlure; enfin, aux seins, sur le ventre, autour du nombril surtout, sur les parties génitales et à la face interne des cuisses se trouvent des plaques très irritables. Le contact le plus léger y est pénible et gênant, car il détermine une violente excitation génitale, des spasmes dans les parties, dans le ventre et dans la cuisse gauche ^Figure GO).
Faut-il se borner à résumer tous ces phénomènes en disant que la malade est une hystérique qui présente quelques contractures à la suite de mouvements choréiques. Si on s'en tient là, cette malade ne sera pas comprise et son traitement sera très peu et très mal dirigé. Nous ne cessons de vous répéter ce que Charcot disait déjà si souvent, c'est (jue rien dans l'hystérie n'est livré au hasard, que tout est déterminé rigoureusement dans une maladie qui n'est pas protéiforme mais qui est parfaitement logique dans ses manifestations. Toutes ces attitudes, toutes ces dysesthésies ont leur raison d'être que nous pourrons découvrir au moins en partie.
Commençons en premier lieu l'étude des troubles de la sensibilité. N'insistons pas sur la douleur qui siège à la partie postérieure de la tête ; elle correspond à un trouble de la sensibilité cérébrale en rapport avec les idées fixes, les émotions, les anesthésies de la malade. Ce siège à l'occiput est fréquent chez les neurasthésiques et les hystériques; peut-être pouvons-nous remarquer que nous l'avons observé à plusieurs reprises quand il s'agissait de troubles de la sensibilité génitale. La douleur qui siège au flanc gauche est en rapport avec les contractures incomplètes des muscles obliques qui sans cesse ont des modifications, se défont, puis se contracturent de nouveau : c'est, comme nous l'avons vu, une des origines fréquentes de ces douleurs dans diverses régions du tronc. La plaque douloureuse de la cuisse droite qui donne l'impression d'une brûlure se trouve à un
kU CONTRACTURES
ciulroit, où aulrcfoîs il y ;i 10 nus on fit à cette jeune fille des applications de térél)enihine pour traiter de prétendus rhumatismes. La térébenthine détermina une sensation de brûlure qui dura ([uelqnes jours puis disparût. Actuellement, au milieu de tous les troubles dont il nous reste à parler, cette sensation de brûlure accompagnée d'une certaine hypoesthésic de la région a réapparu. Nous avons déjà discuté ces phénomènes à propos des dvsesthésles. Les plaques qui siègent sur les seins et sur le ventre sont les plus intéressantes: cette dysesthésie spéciale avec cette répartition se trouve presque toujours chez les malades qui ont des préoccupations génitales. Dans ses cours au Collège de France s.ur la personnalité, en 1895, l'un de nous, dans plusieurs leçons qu'il a consacrées à cette topographie des anesthésies et des dvsesthésies cutanées, faisait observer que les plaques d'anesthésie ne se forment pas irrégulièrement, mais portent sur des régions déterminées avec des formes régulières. Il y a des associations habituelles, fonctionnelles de certaines sensibilités ; ces sensibilités sont associées les unes avec les autres de manière à former un système, une fonction, elles disparaissent, réapparaissent ou sont modifiées ensemble. Dites, si vous voulez qu'elles dépendent d'un même centre cortical, puisque le centre résume la fonction et peut-être en résulte. Ici, comme vous le vovez, les sensibilités (jui dépendent de la fonction génitale sont troublées à la fois à la face interne des cuisses, aux parties génitales, aux seins et même à l'ondjilic. Cette association de l'ombilic aux parties génitales nous a semblé fréquente; nous en avons déjà étudié trois exemples. Les malades se plaignent que quelque chose tire entre le clitoris et l'ombilic, qu'elles ressentent un grattement à l'ombilic, etc. En un mot un grand nombre de ces troubles de sensibilité sont en rapport avec des troubles de la sensibilité génitale Nous allons arriver à la même remarque si nous étudions maintenant les troubles du mouvement. Remarquez les caractères du mouvement choréique du bras et de la contracture de la jambe gauche. Cette femme, disions-nous, jette son bras gauche à droite et contracture sa jambe gauche en avant et à droite. Ce ne sont pas des contractures totales envahissant tous les muscles de la jambe gauche; ce sont des contractures incomplètes, inégales dans les différents muscles qui déterminent une attitude permanente particulière. Quand on est frappé de ce fait que la contracture est systémati<[ue et (qu'elle maintient indéfiniment une attitude