CONTRACTURE DU PIED GAI'CHE
présente on même temps de la contracture du pied gauche en varus. Le pied, très peu abaissé, est fortement tourné en dedans (fig. 63\ Quand l'hémiplégie disparaît, la contracture disparaît, quand l'hémiplégie reparaît, la contracture réapparaît telle quelle. On pourrait se demander quelle est l'idée, l'émotion systématique qui peut bien, chez cette femme, tourner le pied en dedans. Elle pleure ses enfants, s'épuise ; on comprend a la
Fig. G3.— Contracture (JupiL'cIgaucliei.LczCaiu. réap[iaiaibsaiit rc^uliciomenl avec l'hémiplégie.
rigueur que le côté gauche se paralyse ; mais pour<[uoi cette attitude du pied fléchi en dedans ? Nous avons cru d'abord à une coïncidence, un coup sur le pied par exemple, se surajoutant au trouble général. On pourrait croire encore à un hasard dans la position du pied au moment oîi l'hémiplégie commence. La malade perdrait la notion et la direction de ses muscles, au moment oti le pied serait dans une certaine position et ne saurait plus, à cause de l'anesthésie, modifier cette position. Nous avons déjà fait remarquer que la contracture hystérique ne nous paraît pas se
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détenniner aussi siinplenient et qu'elle réclame à notre avis des phénomènes plus actifs. Elle manifeste une sorte d'entêtement à maintenir une position, et doit être en rapport avec des phénomènes actifs dans l'écorce céréhralo, mais dans ce cas la discussion est beaucoup plus simple. Voici la ciuquiènie ou la sixième fois que nous voyons l'hémiplégie de Cam. réapparaître après avoir •été guérie et toujours avec la même position du pied. Il ne peut y avoir d'accident coïncidant, de hasard de position réapparaissant aussi régulièrement chaque fois.
L'origine est beaucoup plus ancienne et plus curieuse. Cam., tout enfant, de 7 à 9 ans, a déjà eu un accident dans ce pied gauche. l*]lle a eu une entorse violente après une chute du haut d'une balançoire. On maintint le pied dans des bandages, plus tard dans un appareil en fer. Y eut-il déjà à ce moment des accidents hystériques ayant déterminé une contracture, c'est fort possible, ce n'est pas certain. En tous cas, il y eut un état psychophysiologique ayant rapport à cette déviation du pied en dedans, état très émotionnant et très pénible, qui s'est prolongé pendant plusieurs mois (|u'a duré le traitement. Mais celui-ci, une fois terminé, il ne fut plus question de rien. Depuis l'âge de 9 ans jusqu'à l'âge de 30 ans, cette femme n'a plus eu aucun trouble dans son pied gauche.
Voici que maintenant, sous l'influence d'émotions tout à fait différentes, la sensibilité du côté gauche s'affaiblit et disparaît. La malade en perd le contrôle. Est-ce que le côté gauche, le cerveau droit, si vous voulez, va rester tout à fait inerte ? Eh bien non, il profite de cette dissociation, de cette indépendance pour réaliser tout simplement l'ancien état psycho-physiologique qu'il n'a pas oublié. 11 recommence l'entorse. N'est-ce pas curieux de voir, à I?0 ans de distance, un état psycho-physiologique se reproduire à l'occasion d'une dissociation cérébrale ? Nest-ce pas un fait intéressant pour nous montrer le rôle actif de l'écorce, le rôle des systèmes psycho-physiologiques dans la production des contractures ?