SUEURS EXCESSIVES, GÉNÉRALISÉES, PERMANENTES M
blanchisseuse et manœuvre le battoir, or elle sait parfaitement bien que son enflure augmente si elle travaille et disparaît si elle ne fait rien. La seconde a, depuis l'enfance, une mauvaise habitude : elle dort la tête appuyée sur les mains, qu'elle relève en l'air. Elle a remarqué que son affection a commencé par une gène, une raideur des doigts survenant au réveil, lorsqu'elle abaissait la main : « Souvent, nous dit-elle, avant que ma main ne fût enflée, il me fallait laver les bras a Teau chaude et les frotter pour les déraidir ».
L'indication thérapeutique est nette, que l'une change de métier pendant quelque temps, et que l'autre dorme dans une autre position. Comme elle prétend que c'est impossible et que ses mains se remettent pendant le sommeil dans leur attitude accoutumée, nous conseillons de lui attacher les mains pendant quelque temps, au moment de se coucher.
Dirons nous que ce sont deux cas d'œdème hystérique ? Le diagnostic ne s'impose pas, mais ce sont évidemment des phénomènes du même genre, des troubles vaso-moteurs, en rapport avec une certaine fatigue des centres cérébraux.
Observation 147. — Sueurs excessives, généralisées, permanentes. — Emotions graves et répétées, état de la sensibilité, légère dysesthésie, équivalence hystérique, après une nouvelle émotion attaques de gémissements, anesthésie.
Nous n'aurons jamais terminé l'énumération des manifestations de l'émotion : c'est un sujet inépuisable. Voici une malade des plus curieuses, qui nous présente en outre une alternance bizarre de phénomènes hystériques. Les antécédents sont toujours les mêmes : le père coléreux et probablement alcoolique, la mère très émotive, ayant à chaque instant des évanouissements qui devaient ressembler singulièrement à des attaques. L'enfant chétive, mal réglée, anémique, hémophile, ayant des saignements de nez énormes pour un rien, a toujours été extrêmement émotive. Les tremblements à la suite d'une émotion seprolongeaient des heures et des jours. Elle se maria tard, à 39 ans avec un veuf, et ne fut pas très heureuse en ménage. Les enfants de l'homme qu'elle avait épousé la traitèrent fort mal. Ce furent des scènes continuelles. A la suite d'une de ces scènes, elle eut une éruption de boutons
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sur loiit le corps, (|ui clisjiaiiil peu à peu. Dans uno scène plus grave, elle lut halliic par son bcaii-lière et j)ar ses beaux-enfants : émotion intense et à la suite des douleurs dans tous les membres et sui- tout le corps. Quelques jours après elle s'aperçut qu'elle transpirait beaucoup, ces transpirations augmentèrent et prirent des proportions tout à fait invraisemblables. Il fallait lui changer trois fois par nuit les draps et les couvertures qui étaient littérament trempés. Ces transpirations inouïes sur toute la surface du corps se sont prolongées pendant cincj ans. Klles s'accompagnaient de troubles physiologiques, consistant surtout en un très grand épuisement, une fatigue continuelle, une disposition naturelle à la tristesse et quelques troubles seulement de la digestion. Elle se sentait tout le temps dans un étal émotif « exactement comme quand on m'a battue », nous dit-elle. Point d'autres accidents nerveux bien nets à ce moment, du moins et chose intéressante, conservation ;i peu près complète de la sensibilité. La peau était seulement légèrement hyperalgique et la malade y éprouvait constamment une impression de gène.
Eh bien maintenant, cette malade que l'un de nous avait étudié dans le service de son excellent et regretté maître, M. Hanot, au moment de ses grandes sueurs, se présente ici dans un état tout différent. Elle vient d'éprouver une nouvelle émotion grave, son mari qu'elle aimait beaucoup malgré ses mésaventures de ménage, est mort ;i l'hôpital. Les sueurs se sont arrêtées subitement et d'une façon complète, et la voici qui présente plusieurs fois par jour des attaques, que nous ne pouvons mieux caractériser qu'en les appelant des crises de gémissements. Immobile sur sa chaise, avec conservation apparente de la conscience, elle commence à gémir, puis la voix monte de plus en plus et ce sont pendant des heures des hurlements à effrayer les voisins et qu'elle ne peut aucunement arrêter, bien qu'elle en sente le ridicule. La peau qui ne présente plus de sueurs est maintenant complètement anesthésique sur tout le corps, singulière modification dont le mécanisme est bien inconnu. Il est évident (|u'il y avait dans le premier cas une modification cérébrale produite par l'émotion, amenant cette exagération des sécrétions cutanées en même temps qu'une légère diminution de sensibilité avec dysesthésie, tandis que dans le second, l'état des centres de la peau n'est évidemment plus le même. Il est inutile de construiie des hypothèses sur ces métamorphoses ine()nnues; la seule chose cjui nous semble nette, c'est
SÉCRÉTION DF.AU PAR LES MAMELLES Uir,
qu'il s'agit de Iruiibles émotifs et qu'un ceitniu état émotif, h la fois psychologique et physiologique bien entendu, reste indéfiniment permanent.
OBSEHyATioN 148. — Sécrétioii d'eau par les mamelles. —
Arrêts de développemeiil, nervosismc, chute, i'niotioii, persistance et durée de Vécoulement, hydrorrhée localisée, disparition complète des phénomènes pendant le sommeil, légère dysesthésie.
Cette malade, heureusement pour elle, est à peu près guérie depuis qu'elle est entrée à l'hôpital. Pouvons-nous dire tout haut que cela est un peu malheureux pour nous et que nous le regrettons beaucoup, à notre point de vue bien entendu, car elle a présenté nn phénomène hystérique très célèbre et, croyons-nous, assez rare. Briquet* a décrit un cas dans lequel une femme a conservé pendant des années une sécrétion laiteuse d'une abondance extraordinaire par un seul sein. Eh bien, cette jeune fdle, Ev., âgée de 17 ans, a eu des sécrétions d'eau par les mamelles, et ce phénomène nous paraît se rattacher aux troubles sécrétoires de l'hystérie.
Les antécédents héréditaires nous sont assez mal connus. La mère avait souvent des convulsions pendant le sommeil, convulsions qui nous font penser à de l'épilepsie. Ev. eut dans son enfance plusieurs maladies infectieuses : coqueluche, grippe, fièvre typhoïde. Elle était restée chétive et mal formée. On en faisait la remarque dans sa famille et on lui reprochait de ne pas devenir grande fille. La grand'mère, la patronne chez qui elle travaillait et un médecin, il ce c[ue prétendent les personnes qui nous amènent cette enfant, se seraient beaucoup étonnés de ces arrêts de développement. Souvent on l'avait déshabillée, on s'était étonné qu'à l'âge de 15 ans elle eût les seins aussi peu développés. L'enfant, paraît-il, s'en était frappée, les examinait souvent, les touchait, et d'après ces récits bizarres, nous nous sommes même demandé s'il n y avait pas eu là (quelques mauvaises habitudes. En tous cas, à l'âge de IG ans, la malade devenait fort nerveuse ; elle eut des étoufïements et des petites attaques à propos de certaines contrariétés: un oiseau échappé, un petit chien blessé, çtc. Un jour, à