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ŒDÈME BLEU DE LA M.VIN GAUCHE

particulièrement. Les accidents de ce genre ont commencé chez elle, il y a déjà longtemps, vers l'âge de 15 ou 16 ans, elle ne sait plus au juste dans quelles circonstances particulières. Elle était malade d'une grave rougeole avec forte fièvre et, paraît-il, état assez sérieux. On remarcpia qu'elle avait les jambes et les mains enflées et cette enflure persista près detrois mois après la maladie.

La véritable nature du phénomène ne semble pas avoir été bien précisée. Le début dans un état infectieux capable de déterminer dans les centres cérébraux une altération qui devient le point de départ d'une hystérie grave, nous intéresse beaucoup comme vous le savez, nous l'avons déjà relevé bien des fois à propos de la fièvre typhoïde. Depuis cette époque, les œdèmes se sont reproduits très souvent à bien des occasions, mais toujours limités aux mains et aux poignets. Dans un cas, en particulier, l'œdème survenu à la main gauche, il y a quelques années, devint un accident grave, car on l'avait laissé se prolonger six mois et on ne sut rien faire de mieux pour le traiter que de pratiquer une opération chirurgicale qui consista à lui faire une longue incision sur le dos de la main et de l'avant-bras. Vous en voyez encore la cicatrice, opération à notre avis bien inutile car vous allez voir avec quelle facilité cet accident peut être supprimé chez elle.

Les conditions, en effet, qui amènent et qui suppriment son œdème sont très intéressantes à relever. Nous ne prétendons pas expliquer la relation de tous ces faits, mais nous devons les connaître comme documents. D'abord cette malade dans son enfance fit une chute sur les poignets, chute qui dut déterminer quelque entorse, car les mouvements se rétablirent difficilement et encore aujourd'hui les mouvements du poignet gauche, en dehors de toute paralysie et de toute contiacture, sont évidemment limités. Il y a donc là aux poignets un lieu de moindre résistance sur lequel les accidents nerveux vont s'abattre de préférence. D'ailleurs le poignet et surtout sa face antérieure est le siège d'une sensibilité spéciale. 11 y a toujours une dysesthésie de la peau qui persiste même quand il y a anesthésie du reste du bras. Ce n'est là qu'une hvperalgle, douleur excessive au contact plutôt qu'augmentation de la sensibilité. L'un de nous a beaucoup insisté pour montrer que cette dysesthésie est une forme d'anesthésie et peut coïncider avec elle. Quelquefois, le trouble de la sensibilité est plus curieux: h' poignet conserve une plaque de sensibilité presque normale au milieu de ranesthésie générale.

MO THOl lU.ES VASO-MOTEURS ET TllOUnLRS TROPIIIQUES

De temps en temps les douleurs (|ul siègent ;iu jxiignet gauche s'exaspèrent, la malade s'en plaint, s'en inquiète; peu de temps après renllure eommenee sur le poignet et le dos de la main, jamais sur les doigts, qnel([ue temps après, une demi-heure ou une heure après, le poignet s'engourdit, se paralyse, puis un certain degré de contracture faible envahit les muscles, la paralysie gagne le bras, le côté gauche, la malade s'irrite, s'émotionne, se met à crier et une grande attaque hystérique commence. On pourrait vraiment comparer le déveloj)pement de celte attaque à celui des èpilepsies jacksonniennes : quoique les phénomènes soient ici beaucoup plus complexes, il semble qu'il y ait un trouble prenant son p(ùiit de dèpait dans les centres du poignet gauche et se généralisant ensuite. C'est là un des débuts de son œdème, remarquez la suite des phénomènes: troubles de sensibilité, œdème, paralysie. La paralysie vaso-motrice semble ici précéder celle des muscles et suivre celle de la sensibilité.

Une autre forme de début est plus simple, l'œdème survient après tout choc, toute impression vive sur la région sans qu'il y ait nécessairement attaque. Cette susceptibilité de la peau pour les impressions vives n'est d'ailleurs pas propre à la main et la malade nous a présenté dernièrement un accident assez rare, dont malheureusement nous n'avons pas conservé de photographie. Étant assise près d'une fenêtre ouverte, elle sentit un courant d'air froid sur la joue du côté droit, précisément une partie du corps qui a fréquemment et qui avait à ce moment sa sensibilité normale ; elle y éprouva une douleur, une gêne, le lendemain elle avait une enflure de la joue et des lèvres jusqu'à la ligne médiane avec anesthésie et paralysie incomplète des muscles.

Les œdèmes et surtout celui de la main peuvent survenir dans d'autres circonstances encore. 11 suflit quelquefois d'un léger trouble de la santé généralepour le faire réappaïaître : ainsi Voa... sait fort bien que certaines nourritures lui sont défendues, si elle mange des navets le soir, elle aura de l'anlème et de la paralysie le lendemain. 11 s'agit probablemeni d'uiif indigestion qui, par fatigue ou par intoxication, va troubler ces régions cérébiales si susceptibles.

Enfin voici une condition moins facile à expliquer: Yoa... a des sommeils hyst<''rl(|nes spontanés qui se rapprochent beaucoup d'ailleurs des somnambulismes. Si pendant un de ces états une personne s'approche et touche, même légèrement, le dos de

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la main, l'œdème va se développer en quelques minutes. Chose bizarre, si c'est l'un de nous qui l'a souvent hypnotisée et qui touche sa main, il ne se produira rien du tout. La susceptibilité du centre cérébral est donc sous la dépendance de beaucoup de phénomènes cérébraux qui se manifestent sous la forme d'émotions ou de suggestions.

Examinons maintenant la contre-partie: comment on peut faire disparaître cet accident. Autrefois on attendait plusieurs mois et l'on usait de procédés chirurgicaux; aujourd'hui nous ne croyons pas nécessaire de laisser se développer l'œdème, nous vous le présentons quand il est d intensité moyenne, car on va tout de suite en débarrasser la pauvre femme. Un procédé qui réussit fort bien c'est le massage de la région avec mobilisation du poignet; l'œdème disparaît assez vite, mais peut-être pourrons-nous user devant vous d'un procédé plus élégant. L'un de nous s'approche de la malade sans qu'elle fasse attention à lui et la prie tout bas de lui donner la main gauche. Vous voyez le bras qui se soulève et vous savez que d'ordinaire elle ne peut faire aucun mouvement de ce côté sans le regarder; il insiste et la prie de serrer la main, de remuer les doigts, ce qu'elle fait à son insu, lentement d'abord puis de plus en plus vite. A ce moment on prie la malade de se retourner, elle regarde sa main toute satisfaite : « Tiens, mes doigts remuent. Oh! l'enflure va partir tout de suite ! » Et en ellèt, dans une demi-heure, une heure, il n'y en aura plus trace. Il a donc suffi de déterminer le mouvement subconscient au moyen de ces sensations et de ces images subconscientes qui, chez elle, persistaient malgré l'anesthésie, pour faire disparaître l'œdème. Sans doute on réussit mieux encore en rendant à la malade la sensibilité consciente de son bras, mais celle-ci persiste peu et nous savons que la malade peut rester anesthésique sans avoir sa paralysie et son œdème.

La physiologie de ces phénomènes est loin d'être complète ; il s'ao-it évidemment d'une influence des centres corticaux sur les vaso-moteurs. 11 est certain, comme le remarquait déjà Charcot, qu'il y a un lien entre le trouble cortical qui produit l'anesthésie et la paralysie musculaire et celui qui produit la paralysie des vaso-moteurs. Le cerveau présente cette tendance caractéristique des hystériques h la dissociation, ces centres fonctionnent souvent d'une manière isolée comme le montrent les phénomènes subconscients, sensations, images et mouvements. Ce fonctionnement

bl2 TROUBLKS \"ASO-MC)TF.UFlS ET TROUBLES TROPIIIQUES

indépendant doit devenir souvent défeetiieiix et s'aeconipagner de désordres. (]'est la liadiietion en langage anatomiquc; des remarques qui ont été souvent laites sur la persistance, puis sur la modification des sensations suhconscientes dans les anesthésies de ce Genre.

OiîsF.iu ATioNs 115, 146. — Œdème dur de la main et de l'avantbras droit. — Nervo.sismi', ptliijtie. — Pusilion puisse ilii brus pcndanl le sommeil, Iruilcnienl.

Les œdèmes liyslériqucs ne sont pas toujours aussi nets que celui que nous vous avons présenté dernièrement. Voici deux jeunes filles, l'une de 17 ans, Mat., l'autre de 22 ans, Sen., qui nous présentent un trouble analogue sur le bras droit. Vous voyez que l'avant-bras, le poignet et le dos de la main sont gonflés, qu'ils ont une teinte blanchâtre, légèrement bleue chez la première. Si on touche le bras, il est légèrement refroidi, la peau est tendue, il est difficile d'enfoncer le doigt, ce sont des œdèmes durs. Cet accident a commencé chez la première, à l'âge de 13 ans et demi, il n'est pas permanent et varie assez facilement dans les circonstances dont nous parlerons. Il a commencé chez l'autre, à l'âge de 10 ans, et il est toujours resté invariable. Ce sont des jeunes filles impressionnables qui ont pour la moindre des choses des tremblements et des étouffements, qui parlent assez souvent du marron dans la gorge, mais en réalité, on ne peut observer ni chez l'une ni chez l'autre, aucun signe précis d'hystérie. Ce qui est particulièrement endjarrassant, c'est qu'il n'y a ni chez l'une, ni chez l'autre, aucun trouble de sensibilité sur aucune région, même pas sur la région où siège l'œdème. L'examen a été lait avec soin, même ave<; l'aide de rtesthésiomètre : la ])etite différence que l'on ])eut noter entre les deux côtés doit être rapportée à l'état de la peau distendue par l'œdème. Il n'y a pas non plus d'anesthésie musculaire proprement dite. Les malades savent très bien (juels sont les mouvements communiqués à leurs doigts et à leurs mains. Tout au plus peut-on noter, surtout chez la seconde, une certaine raideur des doigts, que les malades attribuent au gonflement de la peau, mais qui nous ferait peut-être soupçonner un léger degré de contracture.

Quant aux conditions étiologiques, les voici : la première est

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