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TROUBLES VASO-MOTEI RS FT TROUBLES TROPHIQUES

il sonda la vossio. Il rrf ira la valeur de doux verres rriirlnc : l'urine était claire, non teintée de sanf^ et ne contenait pas d'albumine.

Les choses se niaintinient dans le mètno état, la malade se portait bien, mais n'urinait pas. I,e médecin la sonda au bout de huit jours seulement et retira encore deux verres d'urine, deux verres en huit Jours, urine également claire, pas de sang, ni d'albumine. Trois jours après, on la sonde encore et on ne retire que deux cuilleis. Depuis, peu ii peu, elh^ sCst mise h uriner d'ellemême, tous les deux ou trois jours rpielques gouttes, puis avec quelques progrés, un demi-verre d urine tous les matins. Actuellement, quatre mois après l'accident, elle nous a apporté ses urines de la journée: le 1 (S juin, 100 centimètres cubes contenant 2 grammes d'urée (analyse de M. Yvon) ; le 19 jnin, 95 centimètres cubes d'urine contenant 1*^',92 d'urée ; le 20 juin, 130 centimètres cubes d'urine contenant 1*^'',91 d'urée. En un mot elle n'excrète qu'une quantité d'urine extrêmement petite.

Une première question préjudicielle des plus importantes, c'est la question de simulation ou d'erreur dans la quantité de l'urine recueillie. Nous pouvons vous dire que celte malade a déjii intéressé le médecin qui l'a soignée en province et qu'une attention scrupuleuse a été portée sur la quantité des urines; nous avons de nouveau insisté pour qu'on exerçât une surveillance très sévère. Enfin nous venons de prendre la malade quelques jours à l'hôpital, où elle a été examinée avec toutes les précautions possibles jour et nuit, et nous venons de constater des volumes de 100, 80, 125, pendant les journées où nous l'avons observée. D'ailleurs au début, la malade était couchée et n'urinait que par la sonde, ce qui rendait l'observation facile. Il semble donc bien, avec toutes réserves, que nous sommes en présence d'une jeune fille de 18 ans qui, à la suite d'une chute sur les reins, a cessé complètement d'uriner pendant quelques jours et qui, depuis quatre mois, excrète au maximum 2 grammes d'urée par jour dans 100 grammes d'urine. Tel est le fait étiange que nous voulons vous signaler.

Ce fait est décrit souvent sous le nom d'anurie ou d'isc/iurie. Vous savez que ce phénomène était bien souvent mis en doute avant les belles études de Charcot sur Vischurie hystérique, publiées en 188't. Charcot a présenté ici une malade, Etch., qui, depuis le mois d'avril 1871 jusqu'en septembre 1871, a cessé presque complètement d'uriner. Elle rendait par jour de 3 à 10 grammes d'urine avec une moyenne de 0^'',200 d'urée, c'est-à-

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dire que 1 cliinination de luroo ne se faisait plus par les reins. Mais elle pouvait au moins en partie se faire autrement. Charcot, en ellet, prit soin de laire remarquer que eette malade avait tous les jours des vomissements et rendait ainsi en moyenne 1 litre et demi par jour. Ces vomissements analysés avec soin contenaient

3 et 4 grammes d'urée. Si on additionne l'urée de l'urine et celle des vomissements, on trouve en moyenne 5 grammes d'urée par jour. Eh bien, ce chiffre déterminé par Charcot se trouve assez facilement vérifié aujourd'hui. I/un de nous, ([ui poursuit depuis quehjue temps des recherches sur l'état phvsiologique des hvstériques, a eu l'occasion d'étudier depuis prés d un an avec M. le professeur Ch. Richet, au laboratoire de phvsiologie de l'école de médecine, plusieurs malades hystériques présentant ces troubles de la nutrition. Sur deux malades en particulier, étudiées avec toutes les précautions possibles, ils ont constaté pendant des mois des chifï'res de 3 à 5 grammes d'urée par jour au maximum. Vous vous souvenez d'une malade curieuse que nous vous avons présentée il y a 15 jours, une malade qui à la suite d'attaques extatiques, a les jambes contracturées en extension et marche sur la pointe des orteils ; cette malade est également curieuse par sa nutrition et n'excrète par les urines que 3 et 4 grammes d'urée. C'est donc un (ait acquis, les hystériques dans certaines conditions ont une nutrition si ralentie qu'elles peuvent vivre avec

4 ou 5 grammes d'urée par jour au lieu des 25 qui seraient normaux.

Le cas que nous vous présentons rentre-t-il dans cette catégorie ? Peut-être, mais nous devons vous signaler les différences qui nous embarrassent; d'abord la malade ne présente absolument aucun signe de l'hystérie, aucune anesthésie appréciable, aucun trouble de l'émotivité qui fasse soupçonner des attaques, tandis que les malades précédentes étaient au premier chef de grandes hystériques présentant tous les phénomènes possibles. Autre difficulté, la malade n'est pas anorexique comme les précédentes, elle se sent fatiguée et a un peu perdu l'appétit. 11 est certain que depuis 1 accident, elle mange très peu, mais enfin elle mange par jour un œuf, du pain, des légumes en petite quantité, très peu de viande ; ce n'est pas comparable avec la nourriture des malades précédentes, qui s'alimentent avec 200 grammes de lait par jour. Enfin, il est à remarquer que cette jeune fille n'a jamais présenté de vomissements, ce qui supprime cette élimination

5?'i TROUBLES VASO-MOTEURS ET TROUBLES TROPHIQUES

supplénipntairc dont parlait Charcot. Rllc n'a pas non pins do diarrhée, elle est plutôt constipée et n'a une selle f[uc tous les deux ou trois jours. Tout au plus pouvons-nous remarquer qu'elle a très souvent des sueurs abondantes qui peuvent, comme vous le savez, servir à l'élimination de l'urée, mais que nous n'avons pu analyser.

Un autre groupe de faits doit donc être étudié, c'est ce qu'on appelle les anuries réflexes. C<; sont des phénomènes qui ont surtout été étudiés dans les cliniques des voies urinaires. En voici une belle observation qui nous a été communiquée par M. le D"" Jules Janet. M. O. vient h la clinique de M. le P"" Guyon atteint d'une cvstite : on propose de lui faire une injection d'une solution de nitrate d'argent. Il raconte à ce propos que son médecin lui avant fait une injection de ce genre, il a eu de la rétention d'urine. On passe outre, et on lui fait des instillations a 4 pour 100; le lendemain il ne pisse plus, mais quand on le sonde, on ne trouve rien dans la vessie. L'anurie a été complète, absolue pendant 5 jours, sans qu'on ait rien trouvé qui pût l'expliquer. On peut désigner ce phénomène par un mot qui n'explique pas grand chose, Vanurie réflexe. Notre cas se rapproche du précédent, en ce qu'il y a eu choc sur les reins et la vessie ; mais combien il en diffère. L'anurie n'a pas duré 5 jours, mais 4 mois. Au bout de 5 jours, le malade précédent avait la langue mauvaise, des hoquets, des douleurs de tête, des insomnies, un début d'état urémique. La jeune fille que vous voyez est évidemment une malade, elle est fatiguée, très faible, un peu pâle, elle a la langue fortement saburrale ; mais enfin elle ne paraît pas être dans un état grave. L'auscultation du cœur et du poumon ne révèle rien d'anormal, les jambes n'ont jamais été enflées, les reins ne paraissent pas gonflés à la palpation, enfin dans l'urine recueillie il n'y a point d'albumine.

Peut-être pourrait-on comprendre cette conservation, au moins momentanée, de la santé apparente, en assayant de concdier les deux diagnostics. La famille de cette malade présente des tares nerveuses; deux sœurs sont probablement hystériques, il n'y aurait rien d'étonnant à ce que chez celle-ci, malgré l'absence de stigmates actuellement perceptibles, il n'y ait une prédisposition semblable. L'anurie réflexe consécutive à un traumatisme se serait compliquée d'ischurie hystérique. Nous voulons dire par là, qu'il n'y a pas seulement trouble de la sécrétion rénale comme chez

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