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MÉLANODERMIE SUR LE COTÉ DROIT DU VENTRE

\i\gc de 20 ans, d'autres accidents recommencèrent, ceux-ci beaucoup plus graves : douleur dans le ventre, douleur dans les membres inférieurs, raideur de ces membres. On parla de rhumatisme et on soigna la jeune fdle de mille manières ; tout empira cependant. En peu de temps les jambes refusèrent complètement tout service, les troubles digestifs recommencèrent, puis la malade refusa de manger. Elle tomba bientôt dans un véritable état cachectique; les troubles cutanés furent à ce moment bien plus accentués. Aux jambes et aux bras, la peau devint lisse, brillante, comme resserrée, si bien qu'à plusieurs reprises et sans grande raison on parla de sclérodermie. Ees taches du ventre se multiplièrent et prirent une coloration noirâtre. Enfin des troubles respiratoires vinrent compléter le tableau et l'on crut cette malade complètement perdue. Quand l'un de nous l'examina, elle n'avait pas quitté son lit ou son fauteuil depuis 4 ans.

Le diagnostic cependant n'était pas très difficile, les jambes malgré l'apparence n'étaient pas paralysées, mais exécutaient des mouvements incoordonnés dès que la malade essavait de se lever, le ventre et le thorax présentaient des contractures et des spasmes. De petites attaques ;i forme syncopale, des petits délires avec idée de suicide, une diminution légère mais certaine de la sensibilité cutanée sur tout le côté droit complétaient le tableau. En somme, astasie-abasie hystérique avec contractures des muscles du tronc, troubles de la sensibilité et anorexie.

Après quelques essais de traitement infructueux, nous avons proposé la suggestion hvpnotique qui a amené des résultats fort inattendus. A la deuxième séance, Ky. n'a plus pu se retenir et s'est laissée aller à faire une confession complète. A l'âge de 18 ans, se trouvant seule dans la maison, elle avait été, pendant un an, la maîtresse de son père. Quoiqu'il y eût d'abord de part et d'autre une inconscience invraisemblable, la jeune fille arriva un peu tard à se forger toutes sortes d'inquiétudes : la crainte d'être enceinte, la crainte que sa seule démarche ne fit découvrir son secret, des excitations génitales telles qu'elle éprouvait de véritables hallucinations tactiles au moindre mouvement des jambes ont déterminé une réapparition de ces troubles nerveux qui avaient déjà existé à l'âge de 12 ans. Malgré tous les soins elle arriva bientôt à l'état que nous avons décrit. Il serait intéressant de montrer comment tous les symptômes découlaient les uns des autres et se rattachaient à l'éinotion et aux idées génitales persis-

'inoti

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tantes. Cette jeune fille tantôt éprouvait des excitations génitales allant jusqu'à rhallucination, tantôt des engourdissements des parties génitales et du bas-ventre, avec anesthésie complète, au moins momentanée. Dans les deux cas se produisaient, par des mécanismes différents, des sécrétions vaginales, des pertes utérines qui contribuaient encore à l'épuiser. L'astasie-abasie, si complète qu'elle avait déterminé l'immobilité pendant 4 ans, était en rapport avec différents phénomènes, tantôt avec des engourdissements des jambes déterminés par un mécanisme dont nous avons souvent parlé, tantôt avec des hallucinations qui déterminaient des attitudes étranges, tantôt simplement avec la crainte d'être découverte qui l'empêchait de se remuer. Les troubles trophiques se surajoutaient à ces engourdissements et à la dénutrition générale.

Il est intéressant de remarquer qu'aussitôt après cet aveu, fait pendant le sommeil hypnotique, la guérison marcha à grands pas. Il a suffi de diriger l'esprit pour calmer des préoccupations devenues maintenant exagérées. La sensibilité et le mouvement des jambes réapparurent très vite, la nutrition se fit à peu près correctement quoique la malade présente encore très facilement des troubles digestifs pour la moindre émotion. Certains troubles trophiques ont disparu très vite, l'épiderme lisse et tendu des bras et des jambes s'est fendillé et il y a eu pendant quelque temps, il y a 2 ans à peu près, une desquamation furfuracée après laquelle la peau a repris son aspect normal. Quant aux taches de l'abdomen elles ont simplement diminué d'intensité mais elles persistent encore.

Dans ce cas, comme dans le précédent, la mélanodermie est bien en rapport et avec des troubles de nutrition générale et avec des troubles nerveux de la sensibilité et du mouvement, mais nous n'avons pas d'autres indications pour expliquer son mécanisme, ni pour donner la raison de sa localisation. On peut remarquer que les troubles de la sensibilité, qui n'ont jamais consisté qu'en une hypoesthésie légère, étaient un peu plus accentués à droite, mais il y a également quelques taches à gauche, et l'anesthésie avec la parésie ont été bien plus complètes aux jambes où il n'y a aucune coloration de ce genre.

Il y a encore bien des inconnues dans la formation de ces pigmentations anormales.

VNLRIE RÉFLKXE CHFZ UNE HYSTÉRIOI-E 521

Observation 150. — Anurie réflexe chez une hystérique. — Antécédents, chute (jrave sur le dos, analyse des urines, examende la malade à l'hôpital, ischarie hystérique, complexité de ce cas, anurie réflexe, observation, traitement, modifications des urines.

Il s'agit d'un cas en lui-même bien simple, puisqu'il est constitué par un seul symptôme, mais qui est si exceptionnel que nous croyons devoir faire au début toutes nos réserves sur l'interprétation et même sur le pronostic. Il s'agit dune jeune fille de 18 ans, Fr., qui présente peu d'antécédents héréditaires: un grand-père paternel semble avoir été alcoolique, le père ne l'est pas, une tante maternelle serait un peu nerveuse et c'est tout. Cependant les enfants de cette famille sont vraiment très nerveux: une sœur aînée de la malade a eu des attaques d'hvstérie et a été soignée ici-même par Charcot, une autre sœur plus jeune a une maladie bizarre, constituée par des refus d'aliments et des gonflements du ventre; on a parlé de péritonite. N'est-ce pas tout simplement une anorexie hystérique avec des accès de météorisme? Quant à notre malade Fr., elle semble s'être bien portée jusqu à son accident récent; à l'âge de 7 ans, elle a eu une terrible brûlure a l'eau bouillante sur tout le côté droit du corps, brûlure qui lui a laissé de graves cicatrices, mais elle n'en a pas éprouvé d'autres troubles, et cela même semble indiquer qu'elle avait un système nerveux assez solide.

Il y a 4 mois, est survenu l'accident qui a été le point de départ de la maladie actuelle: cette jeune fille a fait une chute grave, elle est tombée à la renverse en portant une pièce de toile, du haut d'un escabeau de 1™,50 à peu près. La chute fut sérieuse, Fr. perdit connaissance quelques minutes. Mais enfin, après quelques soins, elle resta à son travail et ne rentra chez elle <[ue le soir. Elle souffrait, comme cela est naturel, dans le dos et dans les reins, mais en même temps dans le ventre. Elle refusa de manger ce jour-là, rentra chez elle, se coucha et dormit mal. Le lendemain tout allait mieux, elle souffrait moins et mangeait un peu ; mais, et c'est là que les choses se compliquent, elle ne pouvait pas uriner. Cependant le ventre ne gonflait pas et la douleur du ventre n'était pas très grande. Un médecin fut appelé le second jour et

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