‹ Nérvoses et idées fixesChapitre 310 sur 326 · KYSTE PARASITAIRE DU CERVEAU · texte numérisé non relu

KYSTE PARASITAIRE DU CERVEAU

accès de cléllriiiin Ircmcns. Il était alcooliquo depuis fort longtemps ; SCS enfants racontent qu'il était ivre tous les soirs et qu'il était dans un état de colère et de délire presque continuel.

La nièro, qui vil encore, est atteinte d'une hydropisie dont nous n avons pu vérifier la cause.

dette famille eut cinq enfants qui présentent tous des altérations notables du système nerveux, des tares héréditaires.

1" La fille aînée a eu pendant longtemps des crises de grande hystérie, elle n'a plus actuellement de convulsions, mais elle présente de grandes altérations de caractère : violente, irritable, jalouse, elle épie sans cesse son mari, elle est tourmentée continuellement par des idées de persécution ;

2" Un fils, actuellement âgé de 29 ans, n'a jamais pu rien apprendre ; il savait parler autrefois, mais depuis quelques années il reste dans un mutisme à peu près complet ;

3° Un autre fils est au contraire très vif, très remuant, très bavard. Il a un caractère très instable et très irritable, et il aurait eu quelques petites crises de nerfs de peu de gravité ;

i° Une fille qui est mariée et a des petits enfants bien portants, présente tous les caractères de la folie du doute ; toujours triste, toujours tourmentée par ses ruminations mentales, elle calcule sans cesse ce qui pourra arriver dans une heure, dans un jour, dans un an, etc ;

5° Enfin la dernière enfant, Camille, qui est le sujet de cette observation.

Anlèccdents personnels. — Camille fut, dès son enfance, très bizarre ; elle avait de grands yeux hagards qui semblaient regarder dans le vide — me disait une de ses sœurs — ; elle était très sauvage, refusait de parler et se montrait, au début, rebelle à toute espèce d'instruction. A peu près subitement, vers l'âge de 9 ans, elle changea complètement d'allures, devint très gaie, très excitée et montra une grande vivacité intellectuelle ; elle apprit très vite tout ce qu'on voulut lui montrer : en peu de temps, elle sut parler et écrire l'anglais aussi bien que le français.

A ce moment on l'envoya rejoindre des parents qu'elle avait dans l'Amérique. Elle y resta deux ans et fut employée à faire des ouvrages assez fatigants dans une ferme ; elle ne s'en plaignait pas et fut jugée robuste et intelligente.

Elle fut réglée pour la première fois il y a quel([ucs mois, c est-il-dire à l'âge de 1 i ans, sans aucun trouble. Les règles se

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reproduisirent régulièrement plusieurs mois, puis disparurent complètement au moment où commencèrent les accidents de sa dernière maladie.

Cette jeune fdle se sentait, disait-elle, fatiguée et engourdie, et se plaignait d'un mal de tète continuel (début de juin 1891). Quelques jours après, elle commença un soir à délirer, criant et parlant d'animaux et d'objets imaginaires qu'elle voyait devant elle, (^e délire ne dura guère qu'une nuit et ne fut pas accompagné de convulsions. INIais à la suite, la malade parut s'endormir peu à peu et entra dans un sommeil profond qui se prolongea pendant (jiiinze Jours sans aucune interruption. 11 fut impossible d'obtenir d'elle aucun mot, aucun signe ; tout au plus put-on de temps en temps lui faire avaler un peu de lait.

Comme elle paraissait se réveiller et se porter mieux, on profita d'une période d'amélioration pour la renvoyer en France chez ses parents.

Elle arriva à Paris au mois de juillet dernier, et quoiqu elle parut au premier moment assez bien portante, elle retomba dès le surlendemain dans un état d'engourdissement et de sommeil analogue au précédent, mais moins profond. Elle restait couchée, les yeux ordinairement fermés, sans convulsion, ni délire. Quand on lui parlait, elle répondait quelques mots, disant qu'elle avait mal à la tète et priant qu'on la laissât reposer tranquillement.

Quelques jours plus tard, elle présenta un nouveau symptôme uupiiétant : elle vomissait ses aliments dès qu'elle les avait avalés et quelquefois les efforts de vomissement lui faisaient rendre après les aliments, des matières grises d'une odeur fétide analogues — nous dit sa sœur — à des matières fécales. Cependant ces vomissements disparurent assez facilement à la suite d'une remarque de sa famille. Elle vomissait toujours immédiatement après avoir mangé, lorsqu'elle restait étendue dans son lit, mais il suffisait de la faire lever quand elle avait pris son repas, et de la forcer h se tenir debout et à marcher quelque temps après le repas pour supprimer les nausées et les vomissements.

Son état d'engourdissement et de sommeil ne se modifiant pas, on se décida à la conduire à l'hôpital et elle entra ii Saint-Antoine dans le service de M. le D'" Hanot, le i août 1801.

Etal actuel. — L'examen de cette jeune fille ne présente pas de difficultés particulières ; malgré son état somnolent, elle se laisse facilement réveiller, elle se lève ou remue et fiiit ce qu'on lui

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(liMiiamlc ; otilin elle rrpoiid ;uix (jiioslions (111110 f;u;on assez coriccle et inlolli<rentc. ('.'est une iciiiic (illc assez graiulo, quiseinble bien eonstitiice, file nesl pas Iroj) amaigrie et ne présente pas dans son aspect extérieur de tares bien nettes d(; dégénérescence. l,es fonctions organiques paraissent s'exécuter normalement; ni l'examen de la poitrine, ni l'auscultation du cœur ne révèlent aucune lésion; les urines ne contiennent ni sucre, ni albumine; les digestions se font bien, au moins dans les premiers jours de son entrée à l'hôpilal. La température prise dans le rectum est de 37,8, le pouls donne 80 pulsations par minute.

L'examen des fonctions nerveuses nous permet de faire les remarques suivantes que nous résumerons en décrivant les mouvements, la sensibilité, la mémoire et les opérations intellectuelles.

Mouvements. — La malade peut faire tous les mouvements qu'on lui demande, elle remue les bras et prend les objets ; elle marche bien, quoiqu'elle ne fasse aucune attention aux objets qui sont devant elle, et se cogne contre les colonnes. Si on la dirige, les mouvements des jambes comme ceux des bras sont corrects. Cependant la malade se plaint d'éprouver une douleur dans le genou gauche ; elle ressentirait, dit-elle, des élancements à cet endroit depuis le début de sa maladie.

L'examen objectif du genou comme de la jambe gauche ne nous révèle rien d'anormal ; les mouvements y sont aisés et se font de toutes manières, la jambe résiste fortement à l'extension forcée, comme à la flexion. Au contraire les membres du côté droit, dont la malade ne se plaint pas, nous semblent se mouvoir avec plus de dilTiculté. La jambe droite tremble un peu pendant la marche et résiste faiblement aux mouvements communiqués. Le bras droit est manifestement plus faible que le gauche, la main droite ne peut serrer le dynamomètre que jusqu'au degré 12, tandis que la gauche obtient assez facilement 18 et 20. En outre, les mouvements du bras droit ne peuvent durer longtemps, le bras ne reste en l'air qu'un instant, il retombe ou remue irrégulièrement, la main ne peut serrer que pendant un moment, elle se relâche irrégulièrement, et on sent quand elle vous tient le poignet, des oscillations et des alternatives de pression et de relâchement. Enfin ce bras droit présente de véritables tremblements dans tous les mouvements volontaires; quand la malade veut porter un verre de lait à ses lèvres, elle secoue le verre et répand une partie du

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