KYSTE P \U.\SIT.\II\E DU CERVEAU
noïdal, et ni la capsule interne, ni les prcniitTes circonvolutions temporales ne sont intéressées.
Une membrane tapisse cette cavité et adliérc intimement au tissu cérébral voisin ; on iiepcut rrii {lélaelicr cpie par le orattage. Cette membrane est très vaseulairc, losée, transparente, à peu près de l'épaisseur de la dure-mère. Dans l'intérieur, se trouve une petite ([uanlifi' lie li(|uide séreux jaunâtre. La face interne de la cavité présente des sortes d'enfoncements, remplis du même liquide, et, l'un d'eux contient une membrane fine et blanche. Cette membrane est en£ia":ée dans l'une des anfractuosltés de la cavité, et en la tirant, elle apparaît sous la forme d'un petit kyste flétri à moitié vide. Il contient un licpiide séreux, louche et d'une coloration beaucoup moins foncée que la sérosité de la cavité principale.
Examinées au microscope, les circonvolutions ramollies, dissociées, montrent des boules de myéline fragmentées, des corps granuleux et les cristaux d'hématoïdine décrits par Virchow et Gubler, la membrane qui flottait dans la cavité se compose de feuillets incolores finement grenus et striés, ceux-ci sont imbriqués les uns sur les autres et les plans de leurs fibres se coupent parfois suivant des angles divers. Sur cette membrane on voit des petits corpuscules réfringents qui existent encore dans le liquide de la cavité ; sur aucune préparation on n'a pu voir de crochets d'hydatides ; mais on trouve de petits corpuscules entourés d'une membrane d'enveloppe munie d'un protoplasma granuleux et d'une couleur jaunâtre (sans artifice de préparation). Ces corps paraissent analogues aux œufs de certains helminthes. On ne peut donc pas affirmer d'une façon certaine la nature hydatique de ce kyste, mais on peut admettre sa nature parasitaire.
Quant aux autres viscères, ils ne présentent aucune trace d'altération morbide autres (pie les lésions de congestion (jue l'on trouve habituellement chez les asphyxiés. Pas d'autres kystes parasitaires ailleurs, pas de tubercules.
Il est assez diflicile de rattacher à celte lésion anatomique les symptômes (pii ont été observés pendant la vie. On n'a pas encore bien déterminé les fonctions qui dép(Mident de l'extrémité antérieure du lobe IcMiiporal, et notre observation malheureusement n'apporte sur ce point anémie inilication bien [précise. Il faut probablement expli([ner le spasme de la face du même côté que le kyste par un rédexe méningé. Peut-on rattacher la parésie du
ACCIDENTS D'APPARENCE NÉVROPATIIIOUE Ô'i.'.
côté droit à une compression ii distance do la capsule interne ? Quant h l'hébétude et h l'engourdissement si profond des fonctions intellectuelles, ce sont des caractères qui appartiennent à des lésions cérébrales fort diverses. Il en est de même pour les vomissements et les troubles de la respiration. Nous sommes frappés de voir une lésion cérébrale, en réalité si considérable, se traduire pendant la vie par un si petit nombre de modifications intellectuelles déterminées.
Quant à la nature même de ce kyste, M. Hanot croit que l'on peut, sans hésiter, le considérer comme un kyste hydatique. Il s'agit certainement d'une tumeur ancienne, car les éléments qu'on v trouve paraissent plutôt en voie de mortification qu'en pleine activité. Faut-il supposer que cette lésion remonte h quelques années ? On pourrait alors expliquer par cette maladie cérébrale latente, les allures bizarres ot les troubles intellectuels présentés par la malade dans son enfance. Il nous semble plus vraisemblable d'expliquer les anomalies de développement qui ont été remarquées par l'hérédité névropathique qui pèse lourdement sur toute la famille. On pourrait alors faire une remarque curieuse : c'est que cette jeune fille appartenant évidemment à une famille de dégénérés héréditaires, présente un kyste hydatique, non pas dans le foie ou dans un autre organe, mais précisément dans le tissu cérébral comme dans un locus mi?ioiis resistenciie. Peut-être aussi son état névropathique a-t-il contribué à donner à la maladie une allure particulière. Il se dégagerait alorsde notre observation une conclusion intéressante qui doit s'accorder avec beaucoup d'autres études ; c'est que les membres de la famille névropathique, les enfants d'alcooliques délirants par exemple, sont non seulement plus exposés aux diverses névroses et psychoses, mais encore présentent une certaine prédisposition aux tumeurs parasitaires de l'encéphale, qui évoluent chez eux d'une façon particulière.