‹ Nérvoses et idées fixesChapitre 35 sur 326 · TRAITEMENT ET ÉVOLULION DE LA MALADIE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT ET ÉVOLULION DE LA MALADIE

admis', quand ils disaient que « les structures formées les dernières sont les plus complexes et les premières à dégénérer ». On peut dire également d'une manière inverse que les structures les plus anciennes sont devenues les plus simples et les plus solides. Comment se fait ce changement ? Est-ce que les souvenirs d'hier deviennent moins complexes à mesure que le temps s'écoule, parce que certains détails qui les compliquaient s'effacent peu à peu ? Se fait-il d'une manière subconsciente dans le cerveau et dans la pensée un travail d'organisation qui construit avec ces souvenirs des groupes, des svstèmes plus simples ?I1 semble en effet que nous conservons les souvenirs en les groupant d'une façon simple autour de quelques faits principaux. Ce sont des problèmes que Ion ne peut encore trancher. Il faut seulement remarquer à propos de notre malade un fait bien curieux : cette org^anisation lente des souvenirs, qui peu à peu les simplifie et les rend plus aisément assimilables, continue à se faire d'une manière subconsciente pendant une période où ces souvenirs ne sont pas possédés en réalité par la malade, où ils semblent être disparus. Le même fait se passe d'ailleurs toutes les fois que, après une amnésie rétrograde, il y a restauration des souvenirs en commençant par les plus anciens. Cette remarque s'ajoute à toutes les précédentes pour montrer que dans des cas de ce genre 1 amnésie n'est absolue qu en apparence, que les souvenirs existent encore et subissent même en dehors de la conscience personnelle un certain travail d'organisation. Quelle que soit l'interprétation de ces faits, constatons simplement cette loi intéressante : plus les facultés de synthèse personnelle sont affaiblies chez M'"*^ D. plus les souvenirs dont elle peut prendre conscience sont lointains, plus sa puissance de synthèse personnelle est développée plus les souvenirs conscients sont récents.

Telles sont les remarques que nous suggère la restauration des souvenirs anciens chez cette curieuse malade, mais il nous faut étudier, comme je l'ai annoncé, la modification qui s'est of)érée parallèlement dans l'acquisition immédiate des souvenirs de la journée. On sait qu'au début les souvenirs n'existaient aucunement : toute perception disparaissait aussitôt qu'elle était terminée. Dès le mois de mai 1892, dès que le sujet moins émotionné par ses

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