‹ Nérvoses et idées fixesChapitre 37 sur 326 · TRAITEMENT ET ÉVOLUTION DE LA MALADIE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT ET ÉVOLUTION DE LA MALADIE

complexes que deux notions intéressantes. D'abord il faut remarquer l'influence de la nuit et du sommeil. Cette malade a toujours pendant la nuit, qu'elle dorme ou non, des rêves, des rêveries particulièrement pt'nibles dont nous savons l'influence sur la conservation des souvenirs. Nous voyons se passer ici en petit ce qui a lieu au mois d'août, quand l'émotion enlève une certaine quantité de souvenirs déjà organisés. Ici encore les souvenirs les plus récents disparaissent rapidement suivant l'ordre indiqué par la loi de Ribot. Réveillée tout au début du sommeil, ainsi que je l'ai constaté, elle a déjà oublié les événements de la soirée et de la fin de la journée, plus tard la journée entière. Je voudrais remarquer aussi que chez cette malade les souvenirs de la journée semblent avoir quelque unité ; en commençant par les derniers ils ne tardent pas à disparaître tous. Il semble qu'il y ait une première synthèse dans la mémoire qui consiste à réunir ensemble les événements d'une journée et qu'il faille un nouveau travail dont notre malade est incapable pour réunir les diverses pensées malg-ré l'intervalle, l'interruption de la nuit.

Nous sommes encore loin de bien comprendre l'explication physiologique et psychologique de tous ces faits, leur étude nous permet seulement de pénétrer un peu plus dans la connaissance de la mémoire et dans l'étude de ses rapports avec la conscience personnelle. Dans les études suivantes j'aurai l'occasion de revenir sur le traitement de ces symptômes qui ont le plus grand rapport avec les troubles de l'attention et les idées fixes.

CIIAPITRK IV.

IIISTOIIIE d'tNE idée fixe

I. L'idée du choléra. — ~. Les idées fixes secondaires. — ^. La suggestibililo cl l'aboulie.

-'i. Éducation de l'esprit. — 5. Evolution do la maladie. Antécédents personnels et

hcrcdilaires.

Il est aiijoiiid luii bien diflicile de déterminer d'une manière générale les lois psychologiques qui régissent les maladies de Tcspril : les généralisations hâtives n'aboutissent toujours qu'à des conceptions aussi étroites qu'absolues. Il faut, dans cet ordre d'études comme dans les autres, savoir s'en tenir longtemps il l'observation et à la description des faits particuliers ; il est bon de chercher d'abord à comprendre le malade avant d'essayer d'expliquer la maladie. C'est pourquoi on nous excusera si, dans nos recherches sur les idées fixes, nous n'entrons pas encore dans l'étude ni dans la bibliographie de la question considérée d'une manière générale, si nous nous arrêtons encore à l'analyse d'un cas particulier. Ce sera une occasion pour vérifier des notions (|ue nous avons déjà exprimées à propos d'une autre malade" et pour en signaler peut-être quelques nouvelles.

La personne ii laquelle nous consacrons aujourd'hui cette étude est une femme de (juarante ans que nous désignerons sous le nom conventionnel de Justine. Nous l'avons rencontrée pour la j)remicr(' fois, il y a trois ans, à la consultation de M. Séglas qui a bien voulu nous la confier. Sans la faire entrer dans un hôpital,

1. Eliulc di'jà panic clans la Itevur pitilosophique, lévrier i89'i, ji. 121. Nous ajoutons sculenicnl quelques détails.

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